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La Grande Guerre: Reportages et Témoignages


Messages recommandés

Toujours interessant ces récits sur un homme en particulier à travers la grande Histoire.

Par ailleurs j'ai noté qu'il avait été envoyé au front dans l'Aisne dans une

"creute" du chemin des dames, pour ceux qui ne connaissent pas ce terme,

c'est une déformation du mot grotte en parler picard ( comme on dit des

cheveux et pas des chevaux )

Des creutes on en trouve un peu partout dans le Laonnois et le Soissonnais,

résultat à l'origine de carrière de pierre pour diverses constructions comme la

cathédrale de Laon, elles ont ensuite servi d'habitation troglodyte et comme

abris souterrains pendant la Grande Guerre.

Certaines ont été habitées jusque vers 1960/65, j'ai eu l'occasion d'en voir

vers 1970/74 qui possédaient encore leurs vitres intactes aux entrées

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J'ai trouvé cette histoire sur le web , je ne suis pas sur qu'on en a parlé sur le topic:   https://horizon14-18.eu/ratto.html

merci vous deux et ceux qui lisent en douce :p

 

je lance un autre témoignage, français celui là et dont est paru un livre

 

 

souvenirs-d-un-artilleur-et-pilote-de-la-grande-guerre-1914-1918-de-rene-de-lavaissiere-de-lavergne-.jpg

 

[h2] De Lavaissière de Lavergne, René (1886-1983) [/h2]

 

1. Le témoin

René de Lavaissière de Lavergne, jeune avocat à Paris lors de la mobilisation, rejoint comme lieutenant de réserve le 17e régiment d’artillerie (3e DI). Il participe aux batailles des frontières (Virton) et de la Marne, passe l’automne 1914 en Argonne et participe aux combats de la Woëvre en 1915. Il plaide parfois comme avocat au conseil de guerre de la 3e DI. Après l’offensive de Champagne en septembre-octobre 1915 (Hurlus) et le secteur de Souilly (Meuse) en 1916, il obtient sa mutation en juin comme observateur dans l’aviation. Titularisé officier observateur en décembre 1916 (escadrille C 11), il est promu capitaine en mai 1917, faisant aussi de l’instruction et des conférences. Il commande l’escadrille 287 en février 1918 et termine la guerre comme commandant de l’aéronautique du 38e corps d’armée ; il est démobilisé en mars 1919. Il mène ensuite jusqu’en 1958 une carrière au barreau comme avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de Cassation.

 

2. Le témoignage

Son récit de campagne a été rédigé en 1963, et le manuscrit qu’il considérait comme son « œuvre majeure » a été publié par son arrière-petit-fils Etienne de Vaumas en 2011. Il est illustré de nombreuses photographies personnelles de la collection de l’auteur et de reproductions de documents et de cartes. L’auteur a rédigé un récit précis, appuyé sur ses notes et ses archives qui évoquent les événements militaires, les combats mais aussi ses préoccupations personnelles : c’est un document intime. L’intérêt du témoignage réside dans l’expérience de deux armes différentes, avec la vie d’une batterie d’artillerie au feu et à l’arrière, puis la description de la fonction d’observateur aérien et celle en 1918 de commandant d’une unité d’aviation. La rédaction des Souvenirs, presque cinquante ans après le début du conflit, produit un étirement du temps du témoignage qui doit être pris en compte. La publication (2011) n’a pas eu lieu du vivant de l’auteur, on ne sait pas si c’était délibéré. Ici la guerre est vue à travers le prisme culturel d’un grand bourgeois parisien ; son vécu est souvent éloigné de l’expérience commune du fantassin de la tranchée, bien qu’il puisse parfois s’y superposer. Enfin le récit est aussi un plaidoyer pro domo, mais qui n’essaie pas de cacher les hésitations et parfois le découragement. La qualité de rédaction, les descriptions précises et l’atmosphère intime créée par la restitution des préoccupations et des enthousiasmes de l’auteur finissent par projeter ici un sentiment de sincérité.

 

3. Analyse

Pendant les deux ans qu’il passe dans l’artillerie, le lieutenant de Lavergne décrit l’itinéraire de son unité, le service en campagne, les combats de sa batterie, les bombardements de contre-batterie, les efforts et les peines de son unité ; c’est un document vivant et précis de l’ambiance vécue par ceux qui servent les « 75 ». Au début d’août 1914, il fait partie des optimistes à la mobilisation, et son souvenir évoque plus que de la résignation.

 

p. 13 « A 11 heures 23, le train quitte la gare, train naturellement bondé de réservistes rejoignant leurs unités. Leur entrain fait de bonne humeur et de sang-froid est réconfortant. Les cris « A Berlin » fusent de toutes parts. Moi-même, j’avais d’ailleurs écrit dans une lettre à ma fille que son papa allait lui rapporter « une belle poupée allemande ». Je partageais ainsi l’optimisme général. »

Le changement d’opinion sur la guerre est rapide, puisque la découverte du feu le 22 août 1914 à Ethe lui montre la réalité des combats et le fait réagir pour protéger les siens.

 

p. 25 « Bientôt sur la route, passent devant nous des charrettes de paysans transportant des morts et des blessés revenant de la ligne de feu. Je ressens alors l’horreur de la guerre en voyant des soldats en pantalon rouge et capote bleue, les uns inertes, les autres gémissants, le teint terreux et couverts de sang. (…) Ma pensée va à ce moment, à mon jeune neveu, Georges qui, d’après les nouvelles que j’ai reçues, a l’intention de s’engager, et dans la journée, je griffonne un mot à ma famille : « Que Georges reste tranquille. Il ne peut pas et vous ne pouvez pas savoir ce que c’est. Il faut avoir vécu une journée comme celle d’aujourd’hui pour être fixé. J’ai appris avec beaucoup d’admiration le désir de s’engager. Il faut laisser les aînés faire leur devoir. »

Son émotivité est au début très forte, il évoque sa sensibilité lorsqu’en réserve d’échelon, il récupère des blessés de sa batterie qui agonisent l’après-midi et qu’il fait enterrer le soir.

 

p. 32 bataille de la Marne « le 7 septembre sera pour moi la journée la plus émouvante de cette période. (…) A peine avais-je rempli ce triste devoir qu’un deuxième blessé décédait après une agonie douloureuse et déchirante. Il était 18 heures et nous avons recommencé pour lui la triste cérémonie déjà accomplie pour son camarade. Cette journée m’a beaucoup impressionné. C’étaient les premiers morts de notre batterie que je voyais et que j’avais la pénible mission d’ensevelir. Bien des fois au cours de la journée, j’ai dû détourner les yeux pour ne pas pleurer devant mes hommes. »

L’endurcissement est rapide, la dureté des combats et la répétition des spectacles cruels produisent une atténuation de l’émotion. Ce changement de sensibilité après la victoire de la Marne se fait différemment suivant l’origine des cadavres

 

p. 35 12 septembre 1914 « L’aspect des pays que nous traversons est affreux. Il est le résultat des durs combats d’artillerie : trous d’obus sur les routes et dans les champs, chevaux crevés sur les chemins et dans les fossés, hélas aussi centaines de cadavres de soldats. (…) Nous passons au milieu de ce carnage, ressentant une profonde émotion à la vue de tant des nôtres qui sont tombés, mêlée d’une joie sauvage au spectacle des cadavres ennemis tombés parfois par paquets les uns sur les autres. »

 

p. 36 « Sur la paille, sont alignés des soldats et des officiers allemands blessés. C’est un tableau rappelant les peintures et dessins de la guerre de 1870. Puis-je dire que je n’ai pas ressenti à cette vue la commisération et la pitié que m’avaient inspirées nos morts et nos blessés de la Garderie d’Amboise, et je n’ai pas été choqué de voir des soldats s’emparer de casques ou d’équipements que les blessés avaient encore près d’eux. »

L’auteur n’évoque par ailleurs que rarement les Allemands et jamais les motivations ou les buts de la guerre, prise dans son ensemble.

L’auteur évoque aussi la peur, présente lorsque sa batterie est violemment bombardée, peur qu’il domine à cause du regard de ses hommes : le courage se construit par la volonté.

 

p. 40 15 septembre 1914 « J’avoue que j’ai eu peur mais l’amour propre l’a emporté. Je ne voulais pas devant mes hommes abandonner mon but. »

 

p. 41 « Je m’efforce, au milieu du chaos, de rester calme et de ne pas donner à mes hommes l’impression que j’ai peur. Je me joins à eux pour rétablir l’ordre dans notre cavalerie affolée car je pense qu’il est capital de donner l’exemple aux hommes et à défaut de véritable crânerie, l’amour propre commande d’inspirer confiance et de rester le chef.

Et le combat finit par fournir une véritable ivresse.

 

p. 96 « Mes trois camarade et moi étions grisés par le combat et nous tirions avec rage. »

La prise de conscience du fait que la guerre va durer est très précoce chez l’auteur, son moral s’en ressent, au point de déboucher sur une véritable crise de dépression.

 

p. 64 « Rien d’intéressant à noter les 19, 20 et 21 novembre [1914] que cette tristesse que nous apporte cette vie monotone, jointe à la certitude que nous donnent les événements que la guerre sera beaucoup plus longue qu’on ne le pensait. Loin de nous réconforter, les encouragements à la patience que nous prodigue l’arrière et la transmission des « bobards » auxquels nos familles se laissent prendre ne font que nous irriter, et mes lettres à ma famille se ressentent de cette irritation. A certains moments, j’en arrive à souhaiter être blessé pour quitter au moins temporairement ce front désespérant. Ce n’est certes pas de la lâcheté mais un profond découragement qu’à d’autres étapes de la guerre, tant que je serai dans l’artillerie, je ressentirai encore. »

La position d’officier et d’artilleur de Lavergne lui permet, contre le règlement, de faire venir sa femme en janvier 1915 : il est ainsi nettement privilégié par rapport à ses hommes et plus encore à l’infanterie.

 

p. 80 « Le projet de voyage de ma femme me préoccupe. Il comporte de sérieux aléas de parcours et d’arrivée dans notre bled, en violation des consignes qui interdisent de tels déplacements dans la zone des armées. Mais j’apprends que mon camarade et ami Pierret qui est lieutenant au 3e groupe en cantonnement à Givry vient d’être informé que sa jeune femme est arrivée à Bar-leDuc et se dispose à le rejoindre. J’apprends aussi que les trois autres femmes d’officiers viennent d’arriver. ».

 

p. 81 « Le 28 [janvier 1915], j’ai la joie tant désirée de voir arriver ma femme qui a courageusement affronté les difficultés du voyage et qui, descendue du chemin de fer à Revigny, a gagné Le Châtelier dans une voiture de paysan. Je l’installe chez les Lalancette dans la chambre que j’occupe. Et pendant une dizaine de jours, en dehors de mes heures de service, je puis passer avec ma femme des moments d’heureuse détente (…). Mon capitaine ferme les yeux sur la présence de mon épouse. Le commandant, je crois, ne l’a pas connue. Et tout ce séjour se passe sans incident. Je me souviens du mot de Defrance [son ordonnance] qui le premier soir, après avoir rassemblé les reliefs du repas, nous quitte sur un « Bon divertissement, mon lieutenant. »

Ultérieurement, et contre les ordres, Lavergne fera encore venir sa femme pendant plusieurs séjours, puis son passage à l’aviation rendra sa situation encore plus privilégiée.

 

Il participe aux durs combats du printemps 1915 comme chef de batterie, et est cité à l’ordre de la division avec attribution de la croix de guerre (21 avril 1915).

Lors des luttes acharnées à Vauquois et aux Eparges, les tirs trop courts de l’artillerie française, et les conflits qui en avaient résulté, avaient fini par faire imposer la présence d’un officier d’artillerie en première ligne, aux côtés de l’infanterie, lors des tirs des 75; Lavergne paraît peu convaincu de l’utilité de cette mission. Pendant les combats violents de la Woëvre (attaque du 20 juin 1915), il témoigne sur les relations entre les deux armes et une description de la tranchée avant l’assaut, vue par un individu extérieur qui ne doit pas « sortir ».

 

p. 116 « A 15 heures, le colonel me charge de me rendre dans la tranchée de 1ère ligne et de vérifier si le parapet de la tranchée ennemie et les réseaux de barbelés qui la précèdent sont démolis par notre tir. Je pars avec le sous-officier qui m’accompagne, d’abord par les boyaux qui mènent aux tranchées, puis dans les tranchées. Une pluie de projectiles tombe sur et autour des tranchées que je parcours. Nous passons en courant aux endroits particulièrement dangereux, au milieu des éboulis que provoque le tir ennemi, rampant là où des poutres ou des arbres obstruent les boyaux ou les tranchées. Dans celles-ci, nous sommes parfois obligés d’enjamber des fantassins qui y sont terrés. Nous passons sur des sacs, des fusils, des bidons, des jambes, courbés en deux pour éviter de recevoir, en dépassant le parapet de la tranchée, une balle ou un éclat. (…)

 

[nos fantassins] Ils sont debout, appuyés à la paroi, serrant leurs fusils baïonnette au canon dans leurs mains crispées, attendant l’ordre de franchir le parapet. Quels tragiques regards je lisais dans leurs yeux. J’étais à côté d’un tout jeune sous-lieutenant qui commandait l’une des sections d’attaque. Et j’avais pitié de lui. Il attendait sans bouger l’ordre de s’élancer, une angoisse se lisait dans ses yeux. A l’instant du départ, il a franchi le premier le parapet et les hommes les uns après les autres l’ont suivi. Il y a eu un crépitement de fusillade et de mitrailleuses, puis plus rien. Les fantassins après leur bond en avant s’étaient tapis dans les trous d’obus ou derrière des arbres.

Puis la fusillade a repris par moments. Je suis resté jusqu’à 20 heures à mon poste d’observation sans pouvoir d’ailleurs communiquer avec l’arrière, les lignes téléphoniques étant depuis longtemps coupées. Et ne pouvant rien faire, je suis revenu au poste du colonel. Je pensais combien il était désolant d’avoir risqué à maintes reprises d’être tué pour un rôle d’une totale inutilité puisque là où j’avais été, je ne pouvais correspondre avec personne pour transmettre des indications utiles ou régler un tir, d’ailleurs impossible à régler au milieu des arrivées de nos obus provenant de toutes nos batteries qui tiraient ensemble. C’était une exigence singulière du commandement de l’infanterie de vouloir qu’un officier d’artillerie soit présent, dans ces conditions, aux tranchées de première ligne. Enfin, je suis là, indemne et c’est le principal mais j’avoue que cette journée m’a laissé assez démoralisé. Ne devrais-je pas avoir honte quand j’en ai vu tant aujourd’hui partir à la mort ? »

A partir de l’été 1915, le moral de l’auteur se dégrade encore significativement : l’action et le danger l’affectaient déjà, mais en lui donnant la possibilité de se dépasser ; l’inaction et la routine des secteurs tranquilles le dépriment et lui font demander sa mutation.

 

p. 129 « J’ai trop le temps de penser à tout ce qui me désole. (…) Si je relis mes lettres de l’époque, je suis effrayé de l’état d’esprit qu’elles révèlent. »

 

p. 155 Noël 1915 Bois de l’Hôpital « Je voudrais m’évader de cette ambiance où je ressens trop de peine mêlée à de la rage pour tout ce qui me sépare des miens et, dans l’espoir de me rapprocher d’eux, je songe à solliciter mon affectation à une formation automobile de combat (autos blindés, autos mitrailleuses ou autos canons) dont les stationnements se trouvent plus en arrière et faciliteraient des voyages de ma femme et moi. Je parle discrètement de mes intentions au commandant avec la crainte que mon désir de quitter le groupe me nuise dans son esprit. Il comprend mon état d’esprit. Je prie ma famille d’être mon interprète auprès de certaines personnalités de façon à être sûr que si je dépose une demande de mutation, celle-ci aboutira à un résultat certain; Mais tout s’avère inutile et mon désir reste irréalisé. »

 

p. 161 « Je suis de plus en plus dans un état nerveux qui frise la dépression et je prends en haine tous ceux qui dans ma famille me prêchent la patience et la résignation. On m’incite à passer une visite médicale qui peut-être aboutirait à un séjour à l’arrière mais j’ai trop d’amour propre pour me plier à cette comédie d’ailleurs bien problématique. Puisque le passage qu’on avait sollicité pour moi dans les autos canons n’a donné aucun résultat, je songe à demander à passer dans l’aviation comme élève pilote, ce qui me procurerait un certain temps à l’arrière pendant mon stage d’entraînement et une fois en escadrille me permettrait, les terrains d’aviation étant situés à l’arrière, de recevoir des visites de ma femme, ce à quoi tendaient tous mes désirs. Ainsi, tout en satisfaisant ce besoin impératif de me rapprocher d’elle, je n’aurais l’air ni d’un poltron, ni d’un dégonflé, ce que je ne voulais paraître à aucun prix car je n’en avais pas l’étoffe. Mais cette vie insipide dans une artillerie figée dans la même position pendant des mois m’était devenue insupportable.

Ces aveux peu glorieux, écrits plusieurs décennies après les faits, sont intéressants pour une perception de « la guerre qui dure » en 1915 ; ils nous interrogent aussi, venant d’un combattant déjà très privilégié par rapport au sort commun. Enfin, ils nous font nous poser la question suivante : un aveu de ce type, de la part d’un honorable avocat au Conseil d’Etat, serait-il envisageable dans des écrits publiés dans l’entre-deux-guerres ?

Avec, semble-t-il, des soutiens importants et réitérés à l’arrière, un « piston » enfin efficace, la mutation dans l’aviation espérée arrive, contre l’avis de son commandant d’unité.

 

p. 165 « Et le 19 juin [1916] à 7 heures 30, je suis réveillé par le téléphone et on m’annonce du bureau du colonel que ma nomination comme observateur à l’escadrille C 11 vient d’arriver. »

Après sa nomination dans l’aviation comme officier observateur (de Lavergne passe son baptême de l’air trois jours après), la tonalité du récit change complètement ; les heures de dépression disparaissent au profit de moments exaltants, de missions où l’initiative individuelle joue un rôle fondamental, il renaît car il peut agir comme acteur de son destin .

 

p. 166 « L’initiative, la volonté individuelle allait être l’enjeu d’un combat passionnant. Aux coups reçus, aux dangers courus, la défense immédiate devenait possible. A une passivité aveugle succédait une action personnelle dont on pouvait apprécier l’utilité. (…) Heures exaltantes, génératrices d’un moral élevé, en dépit des risques courus et qui, mêlant aux faits de guerre un aspect sportif, ont modifié totalement mon état d’esprit et m’ont apporté une nouvelle vie entièrement différente de celle que j’avais connue dans l’artillerie. »

Son rôle est le réglage des batteries du 17e RA et des canons lourds à l’échelle du corps d’armée ; l’auteur raconte sa formation rapide, ses missions et leurs difficultés, le combat au- dessus des lignes et la satisfaction de « comprendre le but et le déroulement des opérations sur le champ de bataille (p. 166) ». Il vole à l’escadrille C 11 sur Caudron G 3 puis G 4 bimoteur. Officier d’artillerie expérimenté, il effectue presque immédiatement de nombreuses missions lors de la deuxième partie de la bataille de la Somme en septembre et octobre 1916. L’auteur évoque les pilotes qui l’accompagnent, son travail de renseignement par ses aspects techniques (canevas de tir, officier « d’antenne », photographie), l’ambiance à l’escadrille .

 

p. 191 « Aux heures des repas, cette salle s’emplissait des conversations et de la gaieté générale. Car, à l’exception de quelques tristes jours où la disparition ou la blessure d’un camarade effaçait les plaisanteries et les rires, une constante gaieté faite de jeunesse et d’insouciance animait chacun de nous. Un imposant phonographe, assorti des derniers disques en vogue, apportait aux heures des repas ou au cours des soirées une ambiance bruyante et joyeuse. »

L’état d’esprit de Lavergne a changé avec son passage dans l’aviation, la présence du danger – réel et constant – n’est plus paralysante, l’action et la volonté permettent de dominer la peur qui finit par disparaître, et l’observateur et son pilote forment, aux dires de l’auteur, une équipe renommée pour sa hardiesse :

p. 210 (extrait de citation, mars 1917) « Excellent équipage qui rend les plus grand services par ses reconnaissances hardies, ses réglages de tir et ses prises de photographies. Souvent attaqués par des avions ennemis et soumis à des tirs précis d’artillerie, ont toujours terminé leur mission faisant preuve journellement de courage, de sang-froid et d’énergie. »

Les dangers du vol peuvent être illustrés par trois capotages, les 29 avril, 4 mai et 11 mai 1917 .

 

p. 220 « En cours de réglage d’une batterie de 155 court, le moteur de gauche s’arrête et le moteur de droite manifeste des défaillances alors que nous n’étions qu’à 800 m. Il ne peut être question de rentrer au terrain et il faut atterrir droit devant nous. Mendigal pique mais en arrivant à une centaine de mètres du sol, nous rencontrons des bancs de brume qui nous ôtent toute visibilité. En en sortant, nous nous trouvons au-dessus d’arbres qu’il s’en faut de peu que nous accrochions, ce qui aurait été mortel et finalement nous finissons notre descente en butant contre le parapet d’une tranchée. L’appareil fait une superbe culbute et retombe à cheval sur la tranchée tandis que nous nous retrouvons la tête en bas, maintenus par nos ceintures. Je me dégage le premier et aide Mendigal à sortir de sa mauvaise position. Nous n’avons l’un et l’autre aucune blessure. »

 

p. 222 « Le 4 mai est une journée d’attaque au nord de Reims près du fort de Brimont. Je remplis le rôle d’avion d’accompagnement d’infanterie, ce qui nécessite de voler au-dessous de mille mètres pour pouvoir suivre la marche de l’infanterie au milieu des tranchées. Après une heure de vol, les culbuteurs du moteur sautent déchirant le capot du moteur dont les débris viennent briser un des mâts de gauchissement. L’avion n’est plus gouvernable. Il faut atterrir là où nous sommes. Lafouillade repère un champ, mais celui-ci est parsemé de gros trous d’obus et nous capotons dans l’un d’eux en touchant le sol. Me voici, encore une fois, la tête en bas pris sous l’appareil. Je m’en tire avec quelques écorchures. Lafouillade, de même. »

 

p. 223 « Le 11, au cours d’un réglage effectué avec Lafouillade, nous tombons sur deux patrouilles de six avions ennemis. Nous engageons le combat avec l’une d’elles. Une balle brise une de nos hélices, ce qui nous force à rompre et à regagner le terrain où Lafouillade, peut-être impressionné par le combat, me réserve à l’atterrissage un beau capotage qui met notre avion sur le dos. Décidément, ce mois-ci je collectionne les accidents. Mais encore une fois j’ai de la chance et je sors indemne de celui-ci. Quand je prévois le capotage à l’arrivée, je me mets en boule, je rentre la tête et j’attends. Je puis dire que je n’ai jamais eu peur, confiant dans mon étoile. »

Promu capitaine en mai 1917, il partage ensuite son temps entre la direction de cours théoriques pour former des observateurs, de cours d’officiers d’antenne (officiers des différentes armes qui seront spécialisés dans les liaisons par TSF avec les avions en vol ) et l’apprentissage du pilotage ; il passe le brevet par goût mais surtout pour pouvoir commander une escadrille, les chefs d’unité devant pouvoir voler comme pilote en mission. Il reçoit son brevet de pilote en janvier 1918, est nommé au commandement de l’escadrille 287 (observation – sur Sopwith) en février, puis exerce des responsabilités d’état-major. Il termine la guerre comme commandant de l’aéronautique du 38e corps d’armée.

 

Il résume ainsi son expérience du conflit :

p. 8 « En réalité, la guerre devait me prendre près de 5 années de ma jeunesse, m’apporter des heures de souffrance physique et morale, me faire connaître des instants où la mort m’a frôlé, mais aussi d’autres heures exaltantes que j’ai vécues dans l’aviation et qui ont compensé les heures sombres que j’ai connue dans l’artillerie. »

 

 

*René de Lavaissière de Lavergne, Souvenirs d’un artilleur et pilote de la Grande Guerre, les Editions de l’Officine, 2011, 432 pages.

 

source: http://www.crid1418.org/temoins

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Excellent cet article sur cet officier.

J'ai noté sur les pages 165 et 166

L'initiative joue un rôle fondamental, je résume, cela dit bien ce que cela

veut dire, dans les tranchées strictement aucune initiative personnelle,

simplement vous sortez au son du clairon face aux mitrailleuses ennemies ( valable dans les deux sens)

On obtient beaucoup plus d'un soldat quand on lui laisse même un

minimum " la bride sur le cou "

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pas faux Pierleo

 

pour cela que j'ai mis à dessein le reportage sur les mitrailleuses qui aura justement une incidence énorme dès le début de la guerre ( une journée coutera la vie à 27 000 de nos soldats!!)

 

une chose à dire aussi pour bien voir la complexité de notre armée:

 

- déjà, nos pauvres soldats iront se faire tuer alors que 15 jours avant, ils étaient devant un étal, une caisse, une machine ou aux champs, j'aurai pas voulu être dans leurs têtes.

 

- une grande partie de nos soldats ne savaient ni lire ni écrire, ni parler le français (soldats de base) l'école dans le territoire était ressente, faut se le rappeler.

 

- dans un régiment d'infanterie, tous se connaissaient, par exemple: on citait le régiment de Coulommiers, le régiment d'Ernée, le régiment de Pau mais voilà, aucun ne savaient communiquer entre régiment à part les officiers et sous officiers (la guerre émancipera ce problème de langue puis, pour les survivants, les familles)

 

- nombreux aussi les généraux en retard d'une guerre, certains seront même nommés comme "bouchers" pire, un d'eux, le général en chef, sera nommé: "un âne parmi les lions"

 

- les premières initiatives significatives viendront d'abord du coté allemand, dès la bataille du Tannenberg mais surtout en 1918 mais on y reviendra ... :jap:

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JUIN 1913

 

En juin 1913, la loi des 3 ans (le service militaire de 3 ans, évidemment) fait encore la une de tous les journaux. Les débats font rage à la Chambre.

 

 

1913-06-13-L-Ouest-Eclair-Rennes-une-extrait-La-prochaine-guerre-franco-allemande-sera-tres-courte-t.jpg

 

 

1913-06-06-La-Croix-une-extrait-La-loi-de-trois-ans-Gallica-BnF.jpg

 

 

CPA-Toulon-Var-Souvenir-du-Voyage-de-M-Poincare-7-et-8-Juin-1913-Delcampe-Zimbalek.jpg

voyage officiel du Président Poincaré dans le sud de France

 

 

 

 

 

aimé-césaire-1913-2008-poete-et-homme-politique-Martinique-par-Eddie-Francisque-revedevasion-com-150.jpg

naissance de Aimé Césaire :)

 

17 juin 1913 : loi sur le repos des femmes en couches[/h2]

Par contre, une loi fut ignorée par les journaux, ou au moins ne mérita pas leurs unes : le 17 juin 1913 est votée la loi sur le repos des femmes en couches, qui met notamment en place le versement d’allocations journalières aux femmes enceintes travailleuses ). Cette « loi Strauss » accorde un congé de maternité de quatre semaines après l’accouchement, avec une faible indemnité journalière. Bon, sous conditions…

 

 

C’est le 19 juin 1913 qu’est promulguée en Afrique du Sud une loi sur les Terres, le Native Land Act N° 27 qui n’est ni plus ni moins qu’une première loi de ségrégation.

Le contexte : après les convulsions de la guerre des Boers et la victoire finale de l’Angleterre, en 1902, la situation s’était stabilisée, dans une certaine mesure au profit des vaincus boers, c’est-à-dire descendants des néerlandais, allemands et français arrivés là au XVIIème et au XVIIIème siècle. C’est pourquoi, en 1910, les anciennes républiques indépendantes – l’Etat libre d’Orange et le Transvaal – purent s’associer à la province du Cap et au Natal dans l’Union Sud Africaine, nouvel Etat indépendant, dont le Premier Ministre, le Général Louis Botha, n’était autre qu’un des combattants qui s’était opposé aux armées de sa gracieuse Majesté.

 

[h2]Le 25 juin 1913 dans le ciel : Brindejonc des Moulinais traverse la mer Baltique[/h2]

air-journal-brindejonc-des-moulinais-02-265x199.jpg

25 juin 1913. En ce mois de juin 1913, l’aviateur français Brindejonc des Moulinais entreprend un long raid aérien à travers l’Europe, visitant quelques grandes capitales. Au cours de cette fabuleuse randonnée aérienne, débutée le 10 juin 1913 de l’aérodrome de Villacoublay, Brindejonc des Moulinais va faire tomber un record du monde.

En effet, l’aviateur va décrocher le record du monde de la traversée au-dessus de la mer, installé aux commandes de son monoplan Morane-Saulnier équipé d’un moteur Gnome pouvant développer une puissance de 80 chevaux, à bougies Oléo et hélice Chauvière.

 

 

Ce concurrent du championat de France de plongeon, qui se tint le 22 Juin 1913 a choisi de plonger à vélo

 

plongeon.jpg

 

30 juin 1913, le reichstag vote une loi portant la mobilisation en temps de paix de 863 000 hommes et à plus de 5 millions en cas de conflit!

 

 

entrainement mitrailleuse 1913.jpg

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pas de reportage sur le zeppelin, j'ai reçu d'autres documents à vérifier :jap:

 

REPORTAGE: Animaux et Mascottes pendant la guerre

 

Les animaux ont, dès l’antiquité, été associés bien malgré eux à la folie meurtrière des Hommes. La Grande Guerre a elle aussi vu ces pauvres bêtes prises dans cette grande machine à broyer les vies.

 

On pense de prime abord aux animaux directement engagés dans le conflit, comme les chevaux, mulets, chiens, pigeons voyageurs... Souvent en première lignes, ils partagent les misères et souffrances du soldat. Il y a aussi les mascottes, autres compagnons d’infortune, qui par leur simple présence apportent quelque réconfort dans cet univers brutal.

 

 

 

âne d'algérie.jpg

 

Par ailleurs, l’animal a été largement utilisé par la propagande. Le coq gaulois et le lion britannique ont ainsi affronté sur le papier l’aigle impérial allemand.

 

Mais les animaux, c’est aussi l’approvisionnement des troupes, comme le bétail réquisitionné ou les volailles. On fait aussi venir de la viande congelée des États-Unis.

 

 

congelés américain.jpg

Port de la pallice, la Rochelle

 

tous les soldats de toutes les nations auront aussi des mascottes animales aussi variées les une des autres

voyons les exemples de cette époque

 

 

 

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un soldat d'afrique du sud en 1916 en laisse un springbok

 

 

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Eugene Bullard, le pilote noir de la première guerre mondiale (il seront que deux (turc)) avec sa mascotte, un singe "jimmy"

 

 

wiscky.jpg

toujours dans la même escadrille, le célèbre lion whisky

 

 

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mascotte du 3ème bataillon d'infanterie canadienne

 

 

Mascotte patapon.jpg

un peu gros je trouve

 

 

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Une recrue du 10ème bataillon de fusiliers de Northumberland cousant ses boutons sur son épaule et un chat (mascotte du 10ème bataillon)

 

 

 

canard1.jpg

là, un canard, L'auteur de la carte, Camille Radault, tombera le 9 septembre 1918

 

 

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ah nos tirailleurs, eux, leurs mascottes sont souvent des boucs

 

 

russe.jpg

 

un ours chez des russes

 

 

renard1.jpg

 

renard.jpg

Ici, il s'agit d'un renard, au 9e RI

 

 

 

 

 

Bundesarchiv_Bild_146-1974-082-44,_Adolf_Hitler_im_Ersten_Weltkrieg_retouched.jpg

et même un chien chez des allemands...

 

 

A la veille du conflit les animaux occupent une place importante dans la société civile, en grande partie rurale. Un grand nombre d’entre eux (chevaux, ânes, chiens, pigeons…) sont mobilisés dès le début des hostilités.

Leur présence dans l’armée implique des métiers spécialisés : vétérinaires, maréchaux-ferrants, selliers… Les animaux exercent de multiples fonctions : montures pour la cavalerie, traction de pièces d’artillerie, surveillance, transmission de messages, portage de charges diverses, recherche des blessés sur le champ de bataille. Ils sont également de fidèles compagnons pour les soldats, au point que certains deviennent la mascotte d’un régiment ou d’un bataillon.

L’animal est également essentiel pour assurer la subsistance des soldats, tant alimentaire que vestimentaire. Certains animaux nuisibles, tels que les rats, les poux ou les puces, doivent au contraire être combattus.

 

L’absence des animaux réquisitionnés se fait cruellement sentir dans la vie civile, notamment dans le domaine de l’agriculture.

 

L’animal occupe aussi une place importante dans les représentations artistiques et symboliques. On le retrouve fréquemment sur les objets fabriqués par les soldats, mais aussi dans les œuvres de propagande. Ainsi, sur les affiches, les différents belligérants sont souvent symbolisés par un animal (coq français, aigle allemand par exemple).

 

 

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un train de mules ravitaillant en munitions les premières lignes canadiennes

 

 

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et les protections contre le gaz vaut aussi pour les animaux

 

 

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munitions individuelles par chevaux de trait mais...

 

 

Femmes-St-Paul-betes-de-somme.jpg

... qui aura aussi ses conséquences

 

 

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Mitrailleuses belges tirés par des chiens. Près de Termonde

 

 

mulets.jpg

mulets à la peine

 

 

chiens infirmiers.jpg

Équipe de traîneau à chiens français pour le transport de blessés dans les Vosges

 

 

boeufs.jpgboeufs sur le front serbe

 

 

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merci tonyal et tellement instructif que un des hommes sur le dernière photo (groupe allemands) a un nom célèbre

 

 

Effectivement , je dirai plutot "il avait" un nom célêbre dont les initiales sont A H

et il était aussi connu pour son intérêt pour les chiens .

Il n'était donc peut-être pas aussi dépourvu de tout sentiment ( sans vouloir le

défendre) ;)

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Ah ça m’intéresse , j'ai fait mon service militaire au 132eme groupe cynophile de l'armée de terre .

 

 

http://www.meyfloers.de/132/132%20GCAT.jpg

 

Mais c'est super ça, promis, je le poste juste après les zeppelin, tu vas voir, cela aussi est très intéressant, j'ai appris beaucoup de choses dans les deux cas :jap:

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te prosternes pas juluch, je rougie facilement :p

 

TEMOIGNAGE

 

Maurice Happe (1882-1930)

 

 

happe.jpg

 

 

qui est ce monsieur qui mériterait qu'on parle plus de lui? je l'ai découvert lors d'une FAT, un type vendait beaucoup de livres de faits historiques et mon œil fut intrigué

par le titre: le corsaire de l'air, après achat, je le lu aussitôt et là, une sacré découverte pour moi... et je vous en dis pas plus, j'ai fait des regroupements de sites pour

vous faire part de ce glorieux personnage.

 

 

couverture_krugler.jpg

 

l'histoire:

 

 

LE DIABLE ROUGE

Maurice Happe fut l'une des figures les plus brillantes de l'aviation de bombardement française au cours de la Première Guerre mondiale.

Né à Saint-Germain-en-Laye le 15 avril 1882, dans une famille appartenant à la petite bourgeoisie commerçante, Maurice Happe fit ses études au lycée Sainte-Croix, au Vésinet, puis à Condorcet, avant d'être admis à Saint-Cyr en 1903. Alors qu'il souhaitait faire carrière dans la cavalerie, un coup de pied de cheval le rendit oh ironie du sort! inapte à servir dans cette arme.

 

Numériser0001.jpg12..jpg

Nommé sous-lieutenant au 82è régiment d'infanterie de Montargis, puis muté, sur sa demande, au 43e d'artillerie de Rouen avec le grade de lieutenant, Happe, séduit par les perspectives qu'offrait l'aviation naissante, parvint à se faire détacher en 1912 au Service de l'aéronautique.

 

43 RAC.jpg

Son apprentissage, à Versailles, fut marqué par un incident qui devait influer sur le déroulement de sa carrière. En effet, l'avion sur lequel il était observateur capota à l'atterrissage. Happe, blessé, décida de ne plus se contenter de ce rôle passif, et, dès le 13 février 1913, passa avec succès les épreuves du brevet de pilote militaire.

Quand éclata la Première Guerre mondiale, il se trouvait en poste à l'inspection du matériel, affectation qui fut de courte durée, puisque le 13 octobre il fut chargé en tant que pilote d'une mission spéciale, qui lui valut d'emblée la célébrité.

 

1913_Rey_Crash.jpg

Devant effectuer une reconnaissance sur l'itinéraire Tournai-Liège, Happe, pris dans un temps exécrable,fut contraint d'atterrir aux Pays-Bas sur une panne de moteur. Le sang-froid et l'assurance du pilote, qui se fit passer pour un agent civil de la maison Farman, sauvèrent la situation et lui évitèrent d'être fait prisonnier avec son passager. Nommé capitaine le ler novembre 1914, il fut dirigé sur l'armée des Vosges, où il prit le commandement de l'escadrille de bombardement de Belfort : en l'espèce, quelques biplans Farman 80 ch bien vite hors d'haleine, une formation encore à créer et, malgré ses efforts, lente à se constituer.

 

 

happe1.jpg

 

 

 

Le 15 janvier 1915, en compagnie d'un mécanicien bombardier nommé Leleu, il réussit une opération considérée comme des plus difficiles par les bombardiers : l'attaque d'un ballon d'observation. Mais, la plupart du temps, il effectuait des missions en solitaire, missions qui n'étaient d'ailleurs pas sans danger.

Le 11 février, partant attaquer la gare de Bollwiller, il rencontra un Aviatik. Le combat s'engagea, et le mitrailleur allemand parvint à loger plus de vingt projectiles dans le Farman. Happe réussit néanmoins à se dégager et, malgré de nombreuses avaries (commandes coupées, longerons brisés, capot troué), rallia l'objectif, sur lequel il largua huit obus de 90 mm.

 

aviatik.jpg

Malgré la menace constante de la chasse allemande et les faibles performances de son appareil, Happe n'en continua pas moins ses raids solitaires, qui constituaient autant d'exploits. Le 3 mars, accompagné du mécanicien Petit, il attaqua une des principales poudreries d'Allemagne : Rottweil. En dépit de conditions défavorables, il réussit, après un vol de 150 km en territoire ennemi, à repérer l'établissement, qu'il bombarda à une altitude de 1 500 m.

Un obus tombé sur un réservoir d'acide provoqua un gigantesque incendie. Trois autres projectiles explosèrent sur la poudrerie elle-même. Étant resté plus de dix minutes au-dessus de l'objectif, Happe put établir un rapport détaillé sur les résultats de son action.

 

obus.jpg

Preuve de l'efficacité du bombardement, ce raid lui valut de voir sa tête mise à prix en Allemagne. Après avoir attaqué, à moins de 800 m d'altitude, la gare de Villingen (Forêt-Noire), Happe revint encore au-dessus de Rottweil, le 16 avril.

Malgré la défense antiaérienne qui avait été renforcée à la suite de son premier raid, il survola longuement son objectif (pratique qui lui était coutumière) et put mesurer l'importance de l'incendie qu'il avait encore une fois allumé.

Cette tactique n'allait évidemment pas sans danger : à son retour, son appareil portait onze impacts. Le 28 avril, c'est Friedrichshafen qui fut choisi comme cible. Réitérant l'opération accomplie quelques mois plus tôt par les Avro 504 du RFC, Happe, au terme d'un vol de plus de 200 km, put atteindre deux Zeppelin stationnant sous leur hangar.

 

avro504RFC.jpg

Conséquence de la renommée qu'il avait acquise, l'escadrille qu'on lui avait promise vit enfin le jour le 4 juin 1915. Conscient des difficultés auxquelles se heurteraient ses pilotes, Happe insista pour qu'ils se perfectionnent tant dans l'attaque que dans la défensive.

Une longue période d'entraînement précéda donc la première opération de la MF.29, dans laquelle tous ses appareils furent engagés, le 20 juillet, au-dessus de la gare de Colmar, important centre de transit militaire.

Exécutant fougueux, Happe était également un théoricien du bombardement. Lors des opérations qu'il menait à la tête de son escadrille, il remarqua que seul un petit nombre des appareils, jusqu'alors engagés isolément, parvenaient au-dessus de l'objectif. Pour résoudre ce problème, mais aussi pour donner aux équipages la possibilité de se défendre mutuellement par des feux croisés, il établit la théorie du vol de groupe : la formation en V inversé qu'il préconisait permit également d'éviter les remous occasionnés par les appareils précédents. Il ne fallut que vingt jours aux pilotes de la MF.29 pour s'habituer à ces nouvelles conditions de vol, et, le 24 août 1915, elle se présentait dans cet ordre au-dessus de Cernay.

 

 

029_formation_vol2.jpg

 

 

029_formation_bomb4.jpg

exemple de formations

 

 

De même, Happe institua le contrôle du bombardement. Sa méthode était simple : arrivé sur l'objectif, il prenait de la hauteur afin que son coéquipier notât de façon précise le point de chute des bombes larguées par les membres de l'escadrille.

Ce travail effectué, il ne lui restait plus qu'à conduire son attaque personnelle.

Cette observation méthodique permit, entre autres, de mettre en évidence les défauts des obus employés.

Cependant, malgré la minutie et le soin apportés à l'entraînement des pilotes, les missions étaient souvent coûteuses en vies humaines. Happe ne devait qu'à son habileté de demeurer en vie.

Par bravade, il avait peint en rouge les roues de son appareil et dessiné des croix sur les plans. Le 25 septembre 1915, alors que, accompagné de deux autres avions, il se dirigeait, une fois de plus sur Rottweil, Boehme, l'as allemand, attaqua la formation.

Happe réussit à se dégager en tentant une manoeuvre désespérée : l'attaque frontale. Ses deux coéquipiers furent abattus. Au retour de cette mission, Happe eut encore à combattre deux formations ennemies, et c'est un appareil criblé de balles qu'il ramena sur le terrain de Belfort.

 

 

029_alignement.jpg

 

 

Le 14 décembre, Happe, surnommé « Roter Teufel » (Diable rouge) par ses adversaires, prenait le commandement du GB.4, groupe de bombardement constitué de la MF.29 et de la C.61. Ses appareils, définitivement surclassés malgré l'adoption du Farman 130 ch, conduisirent tout au long de l'année 1916 de dures missions, notamment contre les centres industriels de la plaine rhénane et les terrains d'aviation allemands.

Ils durent en ces occasions livrer de véritables batailles aériennes, en particulier le 18 mars à Habsheim et le 12 octobre au-dessus d'Oberndorf. La ténacité et le courage des pilotes (Happe réussit durant cette période à abattre un Fokker avec son vieux Farman) ne pouvaient néanmoins pallier la médiocrité du matériel. Dans un rapport adressé à la direction de l'aéronautique du GQG, Happe soulignait que ce type d'appareil ne pouvait plus être utilisé que pour le bombardement de nuit et préconisait son remplacement par des Sopwith.

 

 

sopwith 1A2.jpg

Son tempérament indépendant et quelquefois cabochard qui l'amena souvent à discuter des ordres avec lesquels il n'était pas d'accord lui valut d'ailleurs, le 15 mars, d'être renvoyé à l'arrière, bien qu'il eût été fait officier de la Légion d'honneur en février. Après avoir passé quatre mois à l'inspection des écoles au pilotage, Happe sollicita son retour au combat et, affecté au 50e régiment d'infanterie, fut envoyé sur le front italien.

Il y montra une nouvelle fois ses qualités de combattant; le 15 juin 1918, il parvint à enrayer une attaque autrichienne déclenchée dans son secteur, et, le 10 août, dirigeant un coup de main en territoire ennemi, il ramena 247 prisonniers. Après la guerre, il fit partie de la mission militaire française en Pologne et, de 1919 à 1923, participa à la réorganisation de l'armée polonaise et aux combats qui l'opposèrent à la jeune armée rouge. De retour en France, il prit le commandement d'un régiment d'aviation stationné dans la ville rhénane de Neustadt.

Affecté ensuite à Reims, il fut promu lieutenant-colonel en 1929 et nommé commandeur de la Légion d'honneur. Le 20 octobre 1930, alors qu'il effectuait un vol au-dessus de la Belgique, son avion s'écrasa au sol, ensevelissant sous un amas de débris son pilote et le jeune mécanicien qui l'accompagnait.

 

029_remise_decos.jpg

remise de médailles

 

 

 

029_Happe_MF11bis.jpgCapitaine M Happe, à droite, commandant l'escadrille MF29, présente un MF11bis de son unité à un visiteur.

L'avion porte le premier insigne de l'unité, une croix de guerre, adoptée pour commémorer la citation à l'ordre de l'armée à

l'occasion de la mort de cinq mécaniciens et de la blessure très grave du caporal Longueteau lors de l'explosion au sol d'un obus de 90, le 14 septembre 1915

 

029_18.03.1916_02.jpg

 

je tenais à mettre cette dernière photo pour le courage de ses hommes:

 

[h3]L'avion de l'équipage composé du caporal Henri Rins (pilote) et du Sgt Charles Dubar (mitrailleur / bombardier) est entré volontairement en collision avec son adversaire dans les environs de Mulhouse, le 18 mars 1916 - Les trois aviateurs ont été tués - L'aviateur allemand était le Flg Ludwig Fischer - Cette photo montre les débris du MF 11 français - Les membres de l'équipage français n'ont pas encore été dégagés des débris - Mentions au verso : Feld-Postexp 8ème Bayer.Réserve. Division. Le 24 avril 1916 - Tampon de l'unité : Armierungs-Bataillon n° 69.4.Kompagnie. Armée Abt. v. Gaede[/h3]

 

comme vous avez pu lire, il convient de dire que ce Monsieur a pratiquement tout inventé dans la pratique du bombardement aérien et j'espère faire plus tard, un reportage sur ses unités aériennes.

 

mes deux sources principales (géniales) http://albindenis.free.fr et http://fandavion.free.fr

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Le plus surprenant dans cette histoire, c'est qu'aprés avoir inventé pratiquement toutes les techniques de bombardement aèrien, celles-ci n'ont

pas ou trés peu été reprises en 39/40, puisque , à ma connaissance, il n'y a

eu qu'un raid aérien au dessus de Berlin par des Farman fin 1939 ou début

1940, je n'arrive pas à retrouver le compte rendu de cette action.

Pour le reste on a l'impression que le commandement français ne savait pas

quoi faire de l'aviation de bombardement avant mai 1940.

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un petit HS mais cela vaut le coup, ne rentrant pas chez moi se soir, je suis allé voir un monsieur de ma connaissant, une science en matière historique ( ancien responsable des éditions france-empire) et qui a connu Gislon (il faut lire ses livres), j'ai donc posé la question et lui m'a répondu:

 

- Le Jules Verne!!!

 

j'ai pas trop compris mais expliqué ensuite et donc mot clé, Farman jules verne

 

http://batailles-1939-1940.his [...] rde-berlin

 

cela voudrait dire que les français ont bombardé les allemands avant les anglais ;)

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Le plus surprenant dans cette histoire, c'est qu'aprés avoir inventé pratiquement toutes les techniques de bombardement aèrien, celles-ci n'ont

pas ou trés peu été reprises en 39/40, puisque , à ma connaissance, il n'y a

eu qu'un raid aérien au dessus de Berlin par des Farman fin 1939 ou début

1940, je n'arrive pas à retrouver le compte rendu de cette action.

Pour le reste on a l'impression que le commandement français ne savait pas

quoi faire de l'aviation de bombardement avant mai 1940.

 

C est pas le FARMAN baptise Jules Vernes

qui effectua le raid sur Berlin ?

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un petit HS mais cela vaut le coup, ne rentrant pas chez moi se soir, je suis allé voir un monsieur de ma connaissant, une science en matière historique ( ancien responsable des éditions france-empire) et qui a connu Gislon (il faut lire ses livres), j'ai donc posé la question et lui m'a répondu:

 

- Le Jules Verne!!!

 

j'ai pas trop compris mais expliqué ensuite et donc mot clé, Farman jules verne

 

http://batailles-1939-1940.his [...] rde-berlin

 

cela voudrait dire que les français ont bombardé les allemands avant les anglais ;)

 

 

Merci Zigomard, c'est tout à fait cela que j'avais lu, mais je ne me souviens

toujours pas où.

Une petite remarque, c'est Jean gisClon qu'il faut dire, mais les noms propres

n'ont pas d'orthographe ;)

Et désolé pour FB 59, mais la réponse était tout de même bonne.

Fin du HS pour moi. :jap:

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