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La Grande Guerre: Reportages et Témoignages


zygomard
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Pas beaucoup de boulot aujourd'hui, j'ai eu le temps de TOUT lire ! :sol:

 

 

Un grand coup de chapeau aux Belges qui se sont admirablement bien défendus :bien:

On apprend à l'école que la Belgique s'est faite traverser (= écraser), mais c'est pas vraiment le cas ...

"Heureusement" pour les Allemands qu'ils avaient du 420, du 305 et du 210, sinon ils ne seraient venus à bouts des bunkers/forts qu'au prix de très, très lourdes pertes humaines :o

 

 

et t'as lu tout les liens? :ange:

 

oui, les belges ont montrés beaucoup de courage, pareil, pour les écoles, c'est simple, déclaration de guerre, les allemands vont à pied se battre en Belgique, comme c'est

des ogres, les belges sont battus, puis ça va à pied rejoindre l'armée française à la Marne pour se battre, comme l'armée française a vu qu'on était pas assez nombreux, on envoie les taxis en Marne avec des soldats et on gagne, le tour est joué.

 

question?: entre début août et mi-septembre, 130 000 morts chez les soldats français...

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J'ai oublié, sur cette photo montrant des soldats français du génie occupés sur

des lignes téléphoniques, il y a assis à gauche manifestement un soldat allemand

certainement prisonnier, que faisait -il là ?

Généralement on ne montre pas même à un prisonnier les techniques que l'on

emploie.

 

 

j'ai ôté cette photo d'un blog personnel, l'auteur déclarait que grand père était celui avec les écouteurs, c'est bien aussi un prisonnier "felgrau"

 

j'ai souvent lu que lorrain et alsacien sont parfois passé chez "l'adversaire", traducteur sur place?

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REPORTAGE: Bataille de Belgique

 

batailles sur les secteurs de Virton, Ethe, Bleid

Trois batailles, trois témoignages, celui d'un Abbé et ceux de deux rapports d'unité

au final, la lecture de la dernière ligne du reportage se réduira à rien ses combats et

même pas dans notre livres d'histoire, seul les habitants de ses villes continuent à

commémoré les soldats tombés, les gentils comme les méchants

 

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Bataille de Virton, témoignage de l’Abbé Charles Dubois

 

Il était professeur au collège Saint Joseph de Virton, il a livré sa vision de la bataille dans un livre « La bataille de Virton »

Il était lui même en première ligne des combats au cours duquel les bâtiments du collège reçurent des obus, par la suite, il s’occupera des blessés remis au collège qu’il nommera « ambulance »

 

Le 21 août 1914

 

le combat de Virton fait, avec ceux d’Ethe, de Signeulx et de Gorcy, partie intégrante de la grande bataille. Ils en sont pour ainsi dire le centre. Bellefontaine, Rossignol, Neufchâteau en constituent l’aile gauche ; Longwy, Briey et Audun le Roman forment l’aile droite.

 

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Je ne sais quelles furent les forces en présence. On a évalué l’armée du Kronprinz à 150000h. En réalité ses effectifs furent plus élevés. L’armée française comptait quatre corps ; mais la réserve ne prit point part à la bataille. C’est le 4e corps, général Boelle, qui s’échelonnait dans la partie Sud-Est du pays gaumais ; la 8e division, général de Lartigue devait défendre Virton.

 

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Dans la soirée du 21 et dans la nuit du 21 au 22, des régiments arrivèrent encore de Montmédy, de Damvillers, de Tellancourt et campèrent dans les bourgs avoisinant Virton. Une compagnie fut envoyée en avant-poste sur la route d’Etalle et prit ses quartiers à la Barrière Servais. Chemin faisant, elle creusa quelques tranchées entre les deux premières fermes

Les Allemands eux avaient afflué par les bois. Depuis le jeudi 20, leur avant-garde avait occupé les fourrés impénétrables au N.-E. de Robelmont, autour de la ferme de Harpigny. Ils y avaient établi des campements jonchés de paille d’avoine et de blé, des lazarets à l’abri des balles, des retranchements profonds couverts de feuillage et de branches d’arbre.

 

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Ils poussèrent activement leurs travaux de défense et le plateau fut couvert de kilomètres de tranchées. Toute la nuit des colonnes d’infanterie, de cavalerie et d’artillerie arrivèrent d’Arlon par la route de St-Léger et prirent position dans les bois de Laclaireau, d’Ethe, de Virton et de Robelmont.

Le 22 août, le jour se leva dans un brouillard opaque et triste, enveloppant d’une buée pelucheuse les forêts, les campagnes et les artifices de l’ennemi.

Dès 4 h. du matin, une patrouille de uhlans envoyée en reconnaissance se buta contre les sentinelles françaises postées autour de la Barrière Servais. Quelques coups de feu éclatent. Les cavaliers tournent bride et tout retombe dans un silence plein de fièvre et de menace.

 

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A 5 h., les Allemands attaquèrent. La compagnie française envoyée en avant-poste prit rapidement les armes et se jeta en deux sections aux deux côtés de la route. L’ennemi s’avançait en masses formidables, invisibles dans le brouillard. Bientôt, de l’héroïque section de droite mitraillée à bout portant, il ne restait plus que le sergent-major, menant furieusement la bataille, et quelques hommes résolus engagés en pleine ligne prussienne et se battant comme des enragés.

A son tour, la 2e section dut se replier vers les ravins qui dévalent dans la direction de Robelmont et, comme une avalanche, l’infanterie allemande couvrit le plateau. La ferme Servais flamba incontinent. Les malheureux blessés qui s’y étaient blottis furent achevés à coups de fusil, à coups de crosse, à coups de baïonnette.

 

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La mêlée, dès lors, devint générale. Des retranchements, où l’ennemi était tapi, un ouragan de fer balaya les campagnes. Le village de Robelmont fut attaqué avec furie et ne tarda pas à flamber à son tour…

Cependant, à Virton, les compagnies françaises prenaient position. On ne croyait pas encore à une grande bataille et toutes les forces ne donnèrent pas à la fois. Comment d’ailleurs se battre contre un ennemi que l’on ne voyait pas ? On marchait à l’aveuglette, sans le moindre rempart pour se garer contre les décharges terribles des mitrailleuses prussiennes. Pas un cependant n’hésita.

 

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Par le val de Rosière, par le chemin creux de la ferme St-Joseph, par les jardins-nord de la ville, par les talus de la route d’Ethe, les pelotons disparurent dans le brouillard. Hélas ! de nombreux Français tombèrent sans même avoir brûlé une cartouche ! A 7 h. le crépitement de la fusillade faisait rage partout.

A huit heures et demie, le soleil radieux de ce mois d’août 1914, qui fut particulièrement chaud, perça enfin la couche épaisse de brume. Le canon se mit de la partie et changea la face des choses. Trois batteries se mirent en position entre le collège St-Joseph et la ferme de cet établissement . Cachées par le rideau sombre d’une pépinière et par les murs des étables, elles firent pleuvoir une grêle de shrapnells sur les lignes ennemies. Durant toute la matinée, elles tirèrent avec une précision admirable, fauchant les pelotons prussiens, éventrant leurs trous de taupe, démontant leurs pièces d’artillerie.

 

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Jamais les Allemands ne se doutèrent d’où leur tombait toute cette mitraille. Ils ne surent pas repérer l’emplacement de ces canons et ne répondirent pas à leurs coups. A peine quelques obus tombèrent aux alentours. Ce fut bonheur pour le Collège St-Joseph, qui certes eut été anéanti. Un seul obus troua un mur d’enceinte ; un autre mit en pièces l’escalier d’entrée du pensionnat Ste Lucie et un troisième perça la façade de l’Ecole Normale.

De la butte qui domine la station de St-Mard, d’autres batteries françaises balayèrent le bois de Bampont et les campagnes d’Ethe, tandis que de la Croix Jean de Paris, au-dessus de Meix, d’autres encore prenaient d’enfilade les troupes allemandes attaquant Robelmont.

Les Prussiens avaient établi leurs pièces à la lisière des bois : à droite et à gauche de la route d’Etalle près de la Grange au Bois, - à la ferme de Harpigny-

au haut du village de Robelmont - dans le vallon au Nord de la villa romaine des Sarrazins, - à Pierrard, dans les champs qui dévalent du bois de Bampont.

 

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A partir de 10 h. la mêlée fut effroyable. Sans un abri, héroïquement, les 115, 117,124, et 130es régiments d’infanterie montèrent à l’assaut des tranchées ennemies. Les Mauser, les mitrailleuses, les Krupp de 0.077 crachèrent des milliers de balles et de projectiles. N’importe ! Calmes, stoïques, officiers en tête, ils allaient, conquérant pas à pas le plateau. Refoulés, ils reprenaient l’offensive. Le plateau fut pris et repris trois fois.

 

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Vainement les bataillons allemands tentèrent de les rejeter en arrière et de les écraser de leurs masses. Le 124e et le 130e - déjà si éprouvés dix jours auparavant à Mangiennes - perdirent la plupart de leurs officiers[3]. Morts et blessés tombèrent par centaines, mais le glorieux tricolore flotta sur les tranchées conquises les unes après les autres.

 

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Oh ! la bonne besogne que faisaient les pièces françaises de 0.075. J’ai vu un peloton d’infanterie ennemie traverser la route d’Etalle, non loin de la Barrière Servais, gravir le talus et s’avancer sur le terre-plein des campagnes. La batterie du Collège St-Joseph gronda ; quatre obus éclatèrent en quinconce au-dessus du peloton : il ne restait plus que trois hommes courant éperdus comme des fous. Un Hauptmann me disait quelques jours plus tard : L’artillerie de campagne de la France est une chose admirable ; c’est le dernier mot du progrès.

Les Allemands s’écroulaient par rangs entiers ; dans les fossés les morts étaient étendus enchevêtrés en longues files grises ; le long du bois ils s’amoncelaient en tas autour de leurs canons démontés, parmi leurs chevaux éventrés. Nul ne saura jamais exactement le chiffre - et il doit être effrayant - des pertes allemandes.

 

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Le nombre des morts français enterrés par les soins de l’Administration Communale dépasse de beaucoup celui des morts allemands. Le soir même du combat, les Prussiens inhumèrent une partie des leurs dans les champs et dans les bois ; ils en emmenèrent d’autres sur des chariots de campagne, à ce que disent des témoins dignes de foi, civils emmenés dans les lignes allemandes le lendemain de la bataille. Tout devait être, chez les Prussiens, mensonge et duplicité dans cette campagne : voici qu’ils truquaient même le chiffre de leurs morts !

 

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Vers 2 h. de l’après-midi, le feu des batteries allemandes se ralentit : les munitions s’épuisaient ; plusieurs pièces étaient démolies ; les artilleurs jonchaient le terrain aux alentours, parmi des débris innommables d’hommes, de chevaux et de caissons . La terre labourée par les obus à la mélinite ouvrait des trous béants, visibles de très loin.

 

A 4 h. de nouvelles pièces furent amenées d’Ethe à travers bois et la canonnade reprit plus furieuse que jamais. Dans le roulement formidable de cet orage, qui embrasait l’horizon de l’Ouest à l’Est, on ne distinguait que les coups de tonnerre des canons français postés autour de la ville. Et ce fracas terrifiant dura onze heures!

 

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A 7h. les braves troupiers français étaient arrivés au sommet du plateau. Et voici que soudain, dans le bruit de la fusillade et dans le soir qui tombait le clairon sonna la charge - A la baïonnette -!

Les notes d’airain allument dans les coeurs cette furia française si redoutée des ennemis. Les compagnies sont décimées, harassées de fatigue ; les figures sont noires de poussière détrempée par la sueur ; les capotes sont lacérées par les balles, les jambes sont endolories et comme cassées par les marches et les contre-marches ; les estomacs sont creux et tiraillés par la faim ; mais les coeurs sont vaillants. De toutes les poitrines sort un hurrah frénétique et, comme des lions, les petits fantassins bondissent en avant. Pantalons rouges et vestes grises sont confondus dans un pêle-mêle affreux.

 

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Les Allemands plièrent sous cet élan furieux, lâchèrent pied et s’enfuirent dans les bois Il fallut toute l’énergie des officiers français pour ramener en arrière leurs hommes déchaînés. Ils avaient dépassé la ligne des batteries prussiennes et risquaient d’être canonnés par leur propre artillerie !

Le terrain restait à l’armée française. Hélas ! pourquoi ne mit-on pas à profit cette belle victoire ? Car c’était la victoire. Pourquoi, au cours de la nuit, les Français se retirèrent-ils vers les crêtes frontières ? A Neufchâteau et à Rossignol l’ennemi avait été mis en pleine déroute. L’action avait été moins brillante, il est vrai, vers Ethe, Signeulx et Baranzy. Mais enfin, l’offensive avait réussi : la marche des Allemands sur Montmédy et le Nord-Est de la France était arrêté ? Les ennemis eux-mêmes ne crurent pas à une retraite définitive et passèrent la nuit à creuser de nouvelles tranchées.

 

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On a dit que, ne s’attendant pas à une grande bataille, l’armée se trouvait dans des conditions d’infériorité numérique. La réserve n’avait pas donné et était restée au-delà de la frontière. On a dit encore que cette bataille n’avait d’autre but que d’attirer l’ennemi sur les positions formidables de la Meuse où l’on se proposait de la détruire sans risquer de grandes pertes. On a dit enfin que des renforts considérables arrivaient de l’Est au secours du Prince Impérial et menaçaient de couper l’armée française... Il ne nous appartient pas de juger, moins encore de critiquer l’Etat-Major. Ne succombons pas à la sotte tentation de faire de la stratégie en robe de chambre.

 

 

 

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Bataille d’Ethe, lecture du rapport du 104è RI en ses jour du 21 et 22 août 2014

 

le 21 août le 104é R.I se met en marche vers la Belgique.Le moment approche ou il va pouvoir se mesurer avec l'ennemi. Le 104é R.I marche à l'avant garde de la 7 é division.

 

à 7 heures du matin ,il atteint Petit Xivry et pousse jusqu'à Villebelle et la Malmaison.

Mais soudain, la cavalerie entre en contact avec des parties ennemis ; l'émotion étreint les cœurs: c'est la première rencontre.

 

 

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La frontière est franchie entre La Malmaison et Grancourt. On sent la présence de l’allemand.

 

Le 1er bataillon se porte aux lisières ouest de Ruette.

le 2éme bataillon marche sur la cote 318.

Le 3éme bataillon détache à droite 2 compagnies ,à droite du 1er bataillon, vers la sortie sud du village; ses 2 autres compagnies ,passent par Stock Fontaine, exécutent vers la gauche une progression enveloppante.

 

L'ennemi refuse le combat: il abandonne Ruette au moment ou l'avant garde du 1er bataillon débouche des bois qui bordent le village sud.

 

au soir ,le régiment stationne à Ruette en cantonnement d'alerte.

 

 

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Le 22 août

 

04h :

 

Le général de Trentinian assiste au rassemblement des unités du 104e. Il bruine et il y a un brouillard épais. Comme l’on pense qu’il n’y aura pas de combat, les munitions du train ne sont pas distribuées et les hommes n’auront sur eux que les 88 cartouches réglementaires.

 

Le 2e bataillon du 103e est rassemblé au nord de Gomery, l’arme au pied.

 

Le 14e hussards (lieutenant-colonel de Hautecloque) quitte Chenois, le 4e escadron formant l’avant-garde. Il doit se diriger vers Saint-Léger, par la grande route, à travers Ethe. La marche est difficile et lente, on n’y voit pas à dix pas c’est une matinée brumeuse et il est impossible de détacher une flanc-garde car les propriétés sont entourées de fil de fer barbelé.

 

la 7éme D.I s'engage sur la route de Ruette à Gomery. Le 104éméR.I est à l'avant garde, le 2éme bataillon en tête suivi du 3éme bataillon puis du 1er ;un groupe du 26 éme d'artillerie, soutenu par la 4éme compagnie, accompagne ce dernier.

 

 

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Une halte est faite à un bataillon du 103 éme, s'intercale entre le 2 éme & le 3 éme bataillon du 104 éme R.I.

 

sa mission est de traverser Ethe rapidement et de se porter sur les pentes boisées qui dominent le village dans le but de protéger le flanc gauche de la division. Celle-ci ainsi couverte s'apprête à traverser Ethe pour tourner à droite dans la direction de Saint Leger.

 

un groupe du 26 éme d'artillerie, soutenu par la 4éme compagnie, accompagne ce dernier.

 

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04h30 : premiers combats d’avant-garde

 

Deux bataillons du 101e sont prêts à quitter Grandcourt, quand l’un d’eux reçoit l’ordre de rejoindre Bleid.

 

L’avant-garde du 14e hussards marche avec une extrême prudence, par bonds rapides, d’un tournant du chemin à l’autre. Deux cavaliers sont envoyés vers Ethe, mais reviennent au galop : les uhlans sont dans la localité. Le peloton descend vers Ethe, le sabre à la main et charge. Les uhlans tournent bride et s’enfoncent dans Ethe.

 

Un cheval français qui galope en tête tombe et l’élan du peloton est rompu. Les uhlans se rallient, il y a au moins un demi régiment. En infériorité numérique, les hussards français se retirent, tenant les uhlans en respect au révolver et à la carabine. Les trois pelotons français restants accourent mais les uhlans n’attendent pas le choc et se replient vers la gare où leurs carabines crépitent. Les Français doivent s’arrêter et répondre au feu par le feu.

 

 

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Les uhlans sont poursuivis sur la route de Saint-Léger jusqu’au moulin de Hamawé.

 

05h30 :

 

Le colonel de Hautecloque (14e hussards) pénètre dans Ethe au grand trot. Il lance le 3e escadron sur le chemin de Bleid, pousse vers la gare d’ Ethe le 1e escadron et charge le 2e de la garde des issues de la localité. Devant l’intervention du 1e escadron du 14e hussards vers la gare d’Ethe, les uhlans se replient.

 

07H00.

,le 2 éme bataillon a franchi Ethe. Le brouillard qui, jusque-là, avait caché les mouvements de la tête d'avant garde se dissipe brusquement. Il laisse en pleine lumière le champ de bataille où pour la première fois, le 104 éme va brillamment combattre au prix de sacrifices généreux.

 

Des balles sifflent venant des hauteurs en avant et à droite d'Ethe qui n'ont pu être atteintes par le bataillon du 103 éme. Le 2 éme bataillon du 104 éme se déploie aussitôt à la faveur des maisons du village et du talus du petit chemin de fer qui relie Ethe à Saint léger

 

 

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Son mouvement est exécuté sous la protection de la section Peponet, de la 6éme compagnie, qui se porte à 500 mètres en avant d'Ethe. Cette section engage le combat tandis que la 5 éme compagnie occupe la ferme à la sortie des bois qui dominent la vallée de la tonne (sur certaines cartes cette rivière est dénommée le ton) à l'est du château.

 

Au même moment la 6 éme compagnie occupe la croupe au nord est de Gevimont; les 7 & 8 éme compagnies ,appuyées par le bataillon du 103 éme font face au nord et s'agrippent aux pentes en bordure du bois Lefort.

 

 

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Le 2 éme bataillon renforcé par des éléments du 103 éme, forme donc un demi cercle au nord et à l'est d'Ethe; sa droite s'appuie au ravin de la Tonne (Ton).

Les balles sifflent plus drues , plus nombreux tombent les hommes. Les coups de feu partent du nord et de l'ouest ;il est de toute évidence que la colonne défile devant les tirailleurs ennemis installés sur son flanc gauche.

 

C'est à ce moment que le 3 éme bataillon arrive sur la route de Saint Leger. Pris en écharpe par les balles venant du nord ,il fait face à gauche, le long de la voie du chemin de fer qui borde la route d'E à Stheaint léger.

 

Deux sections de la 12 éme compagnie et de la 9 éme compagnie se portent à droite du passage en dessous ,à 200 mètres à l'est d'Ethe . Les 10 éme & 11 éme compagnies se massent ,en renfort, entre le passage en dessous du village.

 

 

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Il est 7 heures 30. Sur le front du 2 éme bataillon ,la fusillade fait rage . Le canon Allemand , posté aux lisières ouest du bois Lefort tonne violemment ; il prend à revers les 5 éme & 6 éme compagnies sur la croupe de Gevimont et déverse sur elles une pluie de projectiles. Le terrain devient bientôt intenable.

 

les pertes sont nombreuses et les sections des 5 émé & 6 éme compagnies, les unes après les autres, sont rejetées dans le lit de la tonne (ton). Vainement le chef de bataillon Henry,qui avait organisé la défense du château, les rallie et les ramène sur la crête.

 

 

Par deux fois , les braves des 5 éme & 6 éme compagnies ,hachés par les obus qui creusent dans leurs rangs des traînées sanglantes ,la rage au coeur ,dans le lit de la rivière, ou ils vont demeurer tapis jusqu'au soir.

 

 

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Pendant ce temps la 7 éme compagnie ,avec le capitaine Wibratte, une partie de la 5 éme compagnie ,avec le capitaine Bertin,ne trouvant devant elles qu'une résistance médiocre ,s'enfoncent dans le bois Lefort. Couvertes par les feuillages , ces fractions obliquent vers l'est .

 

A 9 heures, elles se trouvent aux lisières est de la forêt , en bordure du village de Saint Leger , ou un bataillon du 103 éme est aux prises avecl'ennemi.

L'avancée audacieuse des capitaines Wibratte & Bertin a pour effet d'amener la brisure large dans l'arc de cercle tendu au nord et à l'est d'Ethe, par le 2 éme bataillon du 104 éme & le bataillon du 103 éme.

 

Les Allemands vont enfoncer un coin dans cette brisure que le repli des 5ème & 6ème compagnies va accentuer davantage : les capitaines Wibratte & Bertin resteront isolés pendant des heures !

 

 

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A 9 heures , en effet , une compagnie Allemande avec mitrailleuses essaie de sortir du bois devant la ferme du chateau . Elle est heureusement décimée par les mitrailleuses du bataillon du 103 éme , placées sur un éperon au nord de la route de Saint Leger .

L’ennemi reflue dans le bois.

 

La section de mitrailleuses du 2 éme bataillon ,sous les ordres du lieutenant Thoreau ,défile dans le lit de la TONNE , croit alors pouvoir dépasser la route ,mais elle subit aussitôt le tir des mitrailleuses ennemies qui la rejette dans le lit de la rivière . Elle y est bientôt tournée par des partis Allemands qui s'étaient infiltrés dans le ravin de Rouge Eau . cette section rejoignit pourtant le régiment quelques jours plus tard.

 

 

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Sur la voie du chemin de fer , le 3ème bataillon s'oppose à son tour à la poussée Allemande . La section Moureton , de la 10 éme compagnie , se détache pour aller défendre le passage en dessous. elle est décimée par le feu de l'infanterie ennemie.

 

le sous lieutenant Moureton tombe frappé d'une balle à l' épaule . Le lieutenant mitrailleur Guedes et le chef de bataillon Levin , qui étaient montés en reconnaissance sur la voie ferrée , sont également frappés .

 

Le 1 er bataillon débouche dans Ethe au moment ou les hussards du 14ème régiment venaient de se sacrifier dans une charge désespérée . Il est péniblement impressionné par le spectacle des cavaliers et des chevaux frappés dont les cadavres jonchent le sol. Au bivouac, on ne pourra rallier que 10 officiers et 180 sabres. Les deux tiers de l’effectif jonchent les pentes du Jeune Bois.

 

 

 

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Mais l'héroïque sacrifice du 14ème n'a pas été inutile ,puisqu'il permet au capitaine Tourte commandant le 3ème bataillon de ramener les braves de la section Moureton ,de recueillir les 9 éme & 12 éme compagnies déployées sur le talus du chemin de fer et de les rallier dans Ethe , sous la protection du peloton Richard ,de la 11 éme compagnie .

 

Dès cet instant , le commandant Henry et les débris de son bataillon se trouvent du reste du régiment . Les patrouilles ennemies s'infiltrent dans le creux de la ravine de Rouge Eau , s'avancent jusqu'à la TONNE (TON) et coupent ,entre le chateau et le village d'ETHE , la ligne de retraite du 2 éme bataillon .

 

Pendant que les Allemands exécutent ce mouvement sur notre droite , le 1er bataillon , tout en organisant la défense du village s'oppose au débordement de l'ennemi sur notre gauche .

Malgré ses pertes , la section Peponet , soutenue par des éléments du 103ème , continue avec acharnement à défendre les abords nord ouest du village

 

 

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A 7 heures 45 , les compagnies Giansilly & Martin escaladent le talus de la route à l'entrée du village et se portent sur la voie ferrée . Elles détachent la section Chanut pour renforcer les défenseurs de la lisière nord d'Ethe . Le 1er & 2ème compagnies s'échelonnent dans le creux de la voie ferrée afin de diminuer leur densité . Les compagnies , progressant par sections et par bonds successifs , atteignant la crête derrière laquelle elles s'étaient dissimulées jusque là

 

Les 3 compagnies du 1 er bataillon s'avancent donc face à l'ouest . Le capitaine Giansilly , de la 2ème compagnie ,dépasse de 200 mètres environ de la crête ou se rallient les 1er et 3ème compagnies , sous le commandement du chef de bataillon Forcinal .

 

La 2ème compagnie est fusillée de front et de flanc . Les batteries Allemandes de la lisière ouest du bois Lefort la prennent d'enfilade . Malgré sa ténacité valeureuse, cette compagnie rétrograde sur la crête . La fusillade latérale des Allemands du bois Lefort devient plus nourrie ; dans les 3 compagnies , officiers et hommes tombent en grand nombre .

 

 

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Vers midi , cette position doit être abandonnée , par suite des pertes croissantes . Les débris des compagnies regagnent , avec peine , le défilement protecteur de la voie ferrée , à l'ouest du village .La 2ème compagnie n'existe plus : le capitaine , tous les chefs de section et la plupart des hommes sont tombés.

 

A ce moment , le combat semble tourner à notre avantage . A l'est et à l'ouest , les Allemands approchent du village . Au nord , ils sont encore maintenus par quelques combattants de la 8 éme compagnie renforcés d'hommes du 103 éme . Le village d'Ethe est mis état de défense.

 

Le reste du 3 éme bataillon , rallié par le capitaine Peltier , après la blessure du capitaine Tourte , essaye , par la manoeuvre de protéger la sortie sud du village et le pont sur la Tonne (Ton) .

 

 

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Le capitaine Peltier suit le lit du ruisseau pour se porter sur un mamelon situé à 500 mètres au sud ouest d' Ethe. Mais , à 2 reprises , il est cloué au sol par un feu nourri de mitrailleuses partant des crêtes nord du village .

 

L'infanterie Allemande contourne le mamelon et menace notre ligne de retraite . Les officiers ne peuvent retrouver les isolés qui traversant la route de Gomery à Ethe ,se replient dans la soirée par les bois se trouvant à l'est de la route et au nord de Gomery.

 

Les allemands sont également arrêtés par nos canons de 75 en position à gauche de la route , aux lisières nord du bois qui couvre Gomery. Un instant les Allemands hésitent . Puis 2 compagnies Allemandes esquissent un mouvement de retraite en colonne par 4 sur la route d'Ethe à Buzenol. La section mitrailleuses du lieutenant Poigny , postée depuis le matin au sud du village , jette le désordre et l'épouvante dans leurs rangs .

 

 

 

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Mais l'artillerie Allemande prend à partie cette section , dont l'une des pièces est brisée par un obus qui tue tous les servants.

 

La nuit tombe ; Si les Allemands ont réussi à contourner Ethe à droite et à gauche , les défenseurs du village résistent toujours stoïquement .Le général de brigade Felineau sur la grande place ,encourage la résistance . l'adjudant chef Dupuy à la barricade nord du village, par la lucarne d'une maison , commande le feu inlassablement sur les Allemands qui dévalent du bois Lefort.

 

A l'est , l'adjudant Diquelou , de la 3 éme compagnie , soutient l'unique pièce d'artillerie ,qui s'est avancée jusque sur la place du village . Servie par des fantassins commandés par l'adjudant d'artillerie Charbonnier, elle creuse des traînées de sang dans les groupes ennemis qui avancent sur la route de Saint Leger.

 

 

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Les sous lieutenants Vernier & Chanut, le lieutenant Ricard défendent quelque temps encore la sortie est du village . Vains efforts ! Ethe ,assailli par un déluge de projectiles , doit être abandonné .

 

20 heures, le mouvement de repli commence . Les survivants de cette journée sinistre mais glorieuse s'en retournent par les bois . La 4 ème compagnie est à l'arrière garde .

Le chef de bataillon Henry , le Wibratte que l'on avait cru perdus pendant toute l'après midi , ramènent dans nos lignes , le lendemain , les débris de 2 compagnies , 150 hommes à peine .

 

Le ralliement du régiment s'opère à Vezin Charency ,dans la matinée du 23/08/1914 . Aussitôt malgré les trésors d'héroïsme de la veille , le 104 R;I se replie sur Villers Le Rond . C'est le début d’une douloureuse retraite…

 

 

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Champdebataille2.jpg

 

 

 

 

Histoire du 14è hussard en ce jour fatidique

 

Vers quatre heures ce matin du 22 Août 1914, l'avant-garde française quitte ses cantonnement (Ruette, Grandcourt), en direction d'Ethe. Le 14ème Hussard est en tête. Plus rapide, il ne peut attendre son soutien d'infanterie.

 

Le brouillard épais de ce matin rend la progression difficile; les régiments ne sont pas aux rendez-vous aux heures fixées.

 

Mais vers 6 heures, premiers heurts. L'avant-garde française est toujours à Gomery, tandis que vers Ethe, on entend les premiers coups de feu. Le 14ème hussard, venant de la route de Latour, avec un escadron du 103ème ont attaqué une patrouille de Uhlans, et l'ont poursuivie jusqu'à la gare. Mais cette dernière était solidement défendue. De Hauteclocque, colonel des hussards , pousse vers la gare un de ses escadrons qui fait fuir les Allemands et un second vers Bleid.

 

 

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14ème Hussard prend la direction de St-Léger, mais à peine arrivé près du hameau de Hamawé, les éclaireurs sont accueillis à coups de fusil. L'escadron envoyé sur Bleid est lui-aussi arrêté. De Hauteclocque décide d'attendre son bataillon de soutien (Vicq 3/103RI).

 

Le soutien arrive, et est directement envoyé sur la route de St-Léger. Le brouillard est toujours présent; l'ennemi est invisible. Par-contre les pertes françaises sont sensibles. Vicq envoie une section de mitrailleuses, avec le brouillard qui s'atténue, les tirs se précisent, l'ennemi devient visible. Une section française s'empare du moulin. Il est 8 heures, et les combats très violents.

 

 

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Une demi-heure, plus tard, le 2ème bataillon du 104RI arrive en renfort. Mais la lutte est extrêmement meurtrière. Ces deux bataillons ont en face le 123ème régiment wurtembergeois, avec des sections du 19ème uhlans ainsi qu'un peloton du 13ème bataillon de pionniers.

 

 

Afin de permettre à la division de traverser Ethe, le général de Trentinian envoie le 2ème bataillon du 103RI se placer sur le plateau nord. Les différentes compagnies se placent, et directement une vive fusillade éclate.

 

L'ennemi s'infiltre dans le village. Le gros de l'avant-garde de la 7ème division continue vers St-Léger. Mais les dernières maisons à peine dépassées, une fusillade provient de la gauche, de l'autre côté de la voie ferrée. Le général Félineau fait établir une ligne de tirailleurs.

 

 

route de St-Léger, le 14ème hussard encombrait les rues de Ethe.

De Hauteclocque, comprenant qu'il ne pouvait rien faire d'utile, se décida de refouler l'ennemi de la zone d'où provenait ces tirs fournis, et de permettre à l'avant-garde d'avancer de nouveau.

 

C'est ainsi, par le seul passage permettant de traverser la voie ferrée, le pont des Arminies, le sabre au clair, le colonel engagea la charge de ses cavaliers par ces mots: "14ème hussards! En avant! Pour la France".

 

 

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Ils s'élancèrent. Dans un feu d'enfer, et en quelques minutes le premier peloton est réduit en un tas de cadavres où humains et animaux s'unissent dans un même râle. Le colonel, après avoir perdu sa monture, saute sur une seconde et charge de nouveau. Devant l'hécatombe, et blessé de plusieurs balles, le colonel fait retraiter ses cavaliers sur le village. Mais les balles allemandes continuent le carnage....

De Hauteclocque, après avoir pris congé auprès de ses supérieurs, après avoir salué son fils tué dans cette charge furieuse, se vidant de son sang, mourut quelques heures plus tard au Mât.

 

L'avant-garde est bloquée à la sortie de Ethe, mais la colonne de la 7ème division descend le long chemin en pente; là aussi le brouillard se lève. L'artillerie allemande ne se fit pas prier. Un grand nombre d'obus vint s'abattre sur les attelages et les hommes provoquant un carnage épouvantable.

 

Canons, caissons à munitions, charrettes, chevaux et fantassins gisent sur le chemin rendant la route impraticable. Seuls 9 canons ont atteint la vallée.

 

 

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A 8h30, la situation pour les Français est catastrophique, les 6 bataillons de l'avant-garde, 1 bataillon envoyé sur Bleid, appuyés de ces seuls 9 canons, ces hommes déployés sur une zone de 3 kms de large font face à 15 bataillons allemands appuyés de 90 canons dont 36 obusiers!!!

 

Sur la route de St-Léger, l'avant-garde française a poussé son effort sur la droite de Hamawé: la crête de Gévimont. Elle a en face d'elle, 8 compagnies du 123RW, et dans son dos, elle est canonnée par les batteries allemandes situées au nord d'Ethe. Les Français sont massacrés, malgré des efforts héroïques.

 

Vers 9h30, les débris de ces deux bataillons sont repoussés sur Ethe. Les Allemands, pensant cette crête abandonnée, se lancent en avant. Deux compagnies françaises, restées blotties firent feu et causèrent de lourdes pertes à cette charge.

 

 

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A partir de 10 heures les rues de Ethe vont se grossir des restes des bataillons engagés sur Hamawé, Gévimont et sur la ligne de chemin de fer repoussés par les bataillons allemands. Presque tous les officiers sont manquants. Déjà Belmont, ainsi que la compagnie qui le défendait sont perdus.

 

La rue Grande est fortifiée, on y place barricades et canons. Déjà les Allemands pénètrent dans le bas d'Ethe.

A la vue de cette résistance, l'état-major allemand opte pour un mouvement d'encerclement....

Afin de ne pas se laisser encerclés, les débris des bataillons tentent un dernier effort.

Le général De Trentinian est lui aussi bloqué dans Ethe. A plusieurs reprise il avait demandé des renforts à la 13ème brigade bloquée dans Gomery, sans résultat. Il décida, après avoir rassemblé son Etat-Major d'aller lui-même se rendre compte de la situation.

 

Le chemin vers Gomery est pris à travers le Jeune Bois, les obus allemands sont au rendez-vous. Le Général arrive sain et sauf sur sa monture, mais la moitié des hussards de son escorte ont été fauchés!

 

 

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Mais surprise, la 13ème brigade retraite!!

En fait, le colonel Lacotte, commandant cette brigade, avait bien envoyé du renfort à travers bois sur Ethe, à la demande du général. Mais au fur-et-à mesure de leur avancée, les compagnies furent décimées. Le terrain depuis les bois de Latour jusqu'à Gomery est bien dégagé et donc bien exposé au feu de l'ennemi.

Le colonel Lacotte, ne pouvant sauver la 14ème brigade, décide donc de préserver la sienne.

De Trentinian décide d'arrêter cette manoeuvre de retraite, pour de nouveau attaquer.

Malgré le repli déjà fort avancé, le général parvient vers 14h30 à rassembler 18 compagnies. Mais l'effort est vain; les Allemands commencent à déborder de toutes parts. La 13ème brigade est elle-aussi menacée d'encerclement!

 

Le colonel Lacotte envoie ses fantassins vers sa gauche pour tenter de casser ce débordement.

Mais malgré le courage de ses soldats, le général préfère retraiter que de laisser la situation se détériorer dans de vaines et sanglantes actions. Il est 16 heures.

 

 

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Les combats dans Ethe sont sanglants, on se bat au corps-à-corps. Les Allemands sont arrivés près de l'église, mais la rue Grande est bien fortifiée. Les actes héroïques sont nombreux. Malgré l'écrasement allemand, les fantassins français parviennent à causer des ravages dans les rangs allemands.

 

Quelques poignées d'hommes parviennent encore à charger sur des batteries de canons allemands et les mettre hors d'usage. Le général Félineau ne se fait guère d'illusions; les munitions manquent, l'attaque du lendemain ne lui laisserait aucune chance. Il faut retraiter.... Mais par où?

 

Les routes de Virton et de Bleid sont coupées, les pentes du Jeune Bois impraticables et surveillées par l'artillerie ennemie.

Une chance inouïe vit un déserteur allemand, vivant à Ethe, offrir ses services pour conduire les restes de la brigade à travers un sentier nouvellement tracé, traversant le bois de Baconveau et rejoignant la route Bleid-Gomery.

 

Les derniers défenseurs, après avoir abandonné les blessés intransportables, placés des bandes de tissus autour des sabots des chevaux et des parties métalliques pour ne pas se faire repérer, ainsi que de la paille et du fumier sur le chemin, se mirent en route vers 20h30. Gomery fut atteint vers 22h. De peur de la présence allemande, c'est à Charency que le 23 à l'aube, ces hommes ralliaient enfin le gros de la troupe.

 

 

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Sur les 6 bataillons (+/-5000hommes) engagés, il ne restait que 500 hommes et quelques cavaliers sur les 5 escadrons de hussards!!!

 

101 RI

 

Au début de cette tragique journée, le général de Trentinian avait envoyé le 2ème baraillon du 101RI dans la direction de Bleid. Sa mission est de flanc-garder la droite de la brigade qui se dirige sur Ethe.

Dés son arrivée à proximité de Bleid, le bataillon est accueilli par des fusillades nourries provennant de tous côtés.

Les 4 compagnies se déploient dans Bleid et autour, en essayant de se protéger mutuellement.

 

 

41.jpg

En face d'eux, la 53ème brigade wurtembergeoise du général Moser, celle-là même qui bloque les Français du 103RI et du 104RI à Gévimont.

Le village de Bleid, pris depuis la route menant à Gomery, par laquelle les quelques rescapés vont rejoindre la brigade du colonel Lacotte, qui décidera du repli général suite à la perte de ce bataillon.

 

L'ennemi est beaucoup plus nombreux, près de six fois. Le bataillon Laplace, malgré des prodiges de courage et d'héroïsme va se faire déborder et réduire en pièce.

Deux compagnies vont se retirer dans le parc du château, lieu du dernier centre de résistance.

Mais contre la loi du nombre, nul ne peut s'opposer. Le général allemand est maître du terrain, un terrain jonché de cadavres. Les Français savaient l'importance de leur mission, la survie de leur brigade en dépendait.

 

Le sacrifice du bataillon Laplace fut tel que sur les 800 soldats français arrivés à Bleid ce matin, seuls 150 rescapés arrivèrent à Gomery, et les Allemands du général Moser capturèrent une soixantaine de Français pour la plupart blessés!

 

 

51.jpg52.jpg

 

 

53.jpg

L'armée française laissa ce jour à Bleid, 583 cadavres des leurs!

 

ainsi se termine cette immense bataille, trois en une, les pertes seront plus que terribles

 

pour les français, que cela soit morts, blessés ou capturés, le chiffre atteint 10 424 hommes et pour les allemands, 4 300 hommes

bonne lecture et...

à suivre

 

 

51.png52.png

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bonjour a tous voici quelques photos 1418 de l'American field service , etc.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des 1915, les Etat unis fournirent a la France des ambulances Américaines (Ford t) qui étaient conduites par des ambulanciers Américains qui étaient tous des volontaires pour transporter les soldats francais blessés vers l'arrière pour y recevoir des soins.

on voit d'ailleurs un soldat Américain appuyé sur cette ambulance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

cordialement

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merci pour ta contribution Richard, je ne connaissais aucune des photos

 

j'adore la voiturette avec ses roues à bandage plein, peut être un pigeonnier d'ailleurs

 

si tu veux bien faire un reportage sur l'américan Field, n'hésites pas

 

zygo

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merci pour ta contribution Richard, je ne connaissais aucune des photos

 

j'adore la voiturette avec ses roues à bandage plein, peut être un pigeonnier d'ailleurs

 

si tu veux bien faire un reportage sur l'américan Field, n'hésites pas

 

zygo

bonjour

ce sont des photos originales amateur de ma collection de plaques de verre prises par un officier ou un soldat pendant la guerre et c'est pour cela que tu ne les connaissait pas, car je ne les avais encore jamais mises en ligne sur un forum.

 

 

cordialement

richard

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bah, si tu as d'autres photos, surtout n'hésites pas de les faire revivre ici et si tu m'y autorises, lors d'un sujet en 2017, je veux bien en profiter pour un reportage :jap:

 

encore merci

zygo

bonjour

j'ai rajouté un petit texte sous l'une des photos qui explique rapidement ce qu'était l'Américan field service et ces ambulances Ford t.

 

pas de problème pour l'autorisation d'utiliser ces photos pour ton reportage avec plaisir !!

 

pour les prochaines photos que je mettrai sur ce forum, je prendrai le temps de préparer un petit texte a chaque fois pour chacune d'entre elles.

 

a+ cordialement

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bonjour a tous.

voici 2 photos d'autobus des sections R.V.F. (ravitaillement en viande fraiche)

les sections R.V.F.étaient constituées par des autobus parisiens de la marque Schneider qui avaient étés réquisitionnés et transformés pour transporter de la viande fraiche pour les poilus.

voir a ce sujet l'excellent article en rapport direct rédigé par Zigomar a la page 9 de ce forum.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Invité §pie367dg

bonjour

ce sont des photos originales amateur de ma collection de plaques de verre prises par un officier ou un soldat pendant la guerre et c'est pour cela que tu ne les connaissait pas, car je ne les avais encore jamais mises en ligne sur un forum.

 

 

cordialement

richard

 

 

Bonsoir Richard du 26, ces reproductions de photos de plaques de verre sont vraiment trés réussies, comme je possède également des négatifs en plaque de verre , j'aimerais savoir quelles sont les démarches à effectuer pour les

reproduire en photos ordinaires, tout en sachant que je suis trés méfiant et que je ne voudrais pas les voir disparaitre

en les confiant à des gens que je ne connais pas. :??:

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Invité §pie367dg

3_juillet_1914.jpg

 

J'ai trouvé cet article du " Petit Journal " daté du 3 juillet 1914, traitant du nouvel uniforme de l'infanterie française

Cela prouve que au moins un mois avant le début de la guerre il y avait des gens en France qui s'étaient rendu compte

de l'obsolescence des pantalons rouge, je n'ai pas trouvé la suite qui fut donnée à cette proposition.

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Bonsoir Richard du 26, ces reproductions de photos de plaques de verre sont vraiment trés réussies, comme je possède également des négatifs en plaque de verre , j'aimerais savoir quelles sont les démarches à effectuer pour les

reproduire en photos ordinaires, tout en sachant que je suis trés méfiant et que je ne voudrais pas les voir disparaitre

en les confiant à des gens que je ne connais pas. :??:

bonsoir

mes plaques de verre sont des plaques stéréoscopiques formats ( 45x107 ou 6x13)) mais , ce sont des positifs (pas des négatifs) et je ne sais pas comment on peut faire pour les négatifs.

voici comment je procède:

je place la plaque de verre stéréo dans une visionneuse stéréoscopique (qui sert pour visionner ces plaques en vision stéréo)

ensuite, je place la visionneuse devant une fenêtre pour avoir la meilleure lumière possible, je place ensuite l'objectif de l'appareil photo contre l'un ou l'autre des œilletons de la visionneuse, il faut désactiver la fonction flash de l'appareil photo et aussi passer en mode macro.

je pense que tu devrais peut être te renseigner sur un forum qui traite de la photographie (en indiquant la dimension de tes plaques de verre).

cordialement

richard

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Invité §pie367dg

bonsoir

mes plaques de verre sont des plaques stéréoscopiques formats ( 45x107 ou 6x13)) mais , ce sont des positifs (pas des négatifs) et je ne sais pas comment on peut faire pour les négatifs.

voici comment je procède:

je place la plaque de verre stéréo dans une visionneuse stéréoscopique (qui sert pour visionner ces plaques en vision stéréo)

ensuite, je place la visionneuse devant une fenêtre pour avoir la meilleure lumière possible, je place ensuite l'objectif de l'appareil photo contre l'un ou l'autre des œilletons de la visionneuse, il faut désactiver la fonction flash de l'appareil photo et aussi passer en mode macro.

je pense que tu devrais peut être te renseigner sur un forum qui traite de la photographie (en indiquant la dimension de tes plaques de verre).

cordialement

richard

 

 

Merci pour la réponse,

mes plaques sont des négatifs de 5 cm 8 / 4 cm 4.

Donc c'est tout à fait autre chose.

:jap:

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Une information nécessaire avant tout: que représente une division d'infanterie en 1914

 

- 4 régiments d'infanterie à 3 bataillions

- 1 régiments d'artillerie de campagne à 3 groupes

- 1 escadron de cavalerie

- 1 compagnie du génie

La France avait en 1914, 93 divisions dont 45 d'actives et 25 de réserves, 11 territoriales et 2 coloniales, 10 divisions de cavaleries

en 1918, le chiffre sera de 113 divisions

 

l'effectif d'une division est d'environ 15 000 hommes, on peut en groupant avec deux, trois ou quatre divisions obtenir un corps d'armée

 

 

en 1914, outre les 15 000 hommes dont 380 officiers, il y a 3 000 chevaux, 36 canons, la ligne de marche sur route représente 15 km

 

elle est commandée par un général 3 étoiles

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c'est surtout pour bien cerné le prochain reportage, je suis en train de le corriger, j'ai l'émotion qui me monte aux yeux parfois

 

vous aurez droit qu'à des écrits officiels et témoignages dans deux trois heures :jap:

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Avertissement, ce dossier est le plus long que j'ai jamais fait, j'ai découvert cette bataille avec le livre de Delhez et j'ai passé des jours à chercher à comprendre.

Pour le moment, comme d'habitude, je reste sur ses deux journées, le 21 et surtout le 22 août 1914, c'était trop lourd de s'étaler.

Nous ferons le point quand la Bataille des frontières sera fini, ce reportage va vous choquez certainement, mais vous verrez qu'un des témoignages que je mettrai

ensuite, on se sent dans la bataille elle même.

 

REPORTAGE: La Bataille des Frontières

 

Bataille de Belgique: Rossignol et Bellefontaine

 

 

22 08 1914 ethe.png

 

 

la bataille de Rossignol

 

 

Dès le 19 août, les armées françaises, de la Sambre aux Vosges, se préparent à la bataille.

Des forces allemandes importantes sont signalées dans le Luxembourg et en Belgique.

 

Bruxelles vient d'être occupée par l'ennemi. C'est dans cette région présumée dégarnie que le commandement compte pénétrer pour couper en deux le dispositif ennemi.

Tous les renseignements concordent. Le Corps de Cavalerie de la IVème Armée a refoulé, sans difficultés, au-delà de Tintigny les cavaliers allemands qui avaient occupé depuis quelques jours la région considérée, non sans se livrer déjà à des actes d'atrocités vis-à-vis de la population. Il rend compte le 19 août au soir que les lisières de Neufchâteau ne sont tenues que par des éléments légers ennemis.

 

uhlans.jpg

 

L'aviation confirme ces renseignements.

 

 

La IVème Armée dont fait partie le Corps d’Armée Colonial stationne sur un front de 70 km

entre Mézières et Montmédy. Pour dissimuler à l'ennemi la mise en place de son dispositif, le général de Langle de Cary prescrit que les gros du 2ème Corps d’Armée et du Corps d’Armée Colonial, seront mis en mouvement de nuit, le 20 au soir, pour être établis le 21 en

stationnement. Tardivement le 20 août, on apprend que le Corps de Cavalerie a eu des engagements violents et qu'il n'a pu ni déboucher de Neufchâteau, ni s'y maintenir.

 

Mais, d'une part la confirmation de l'évacuation de Briey par les Allemands qui paraissent en mouvement vers la Meuse, au Nord d'autre part la violente attaque lancée par les Allemands en Lorraine contre la IIème Armée, font estimer au Général Commandant en Chef que le moment est venu de passer à l'offensive et de pénétrer en force dans le dispositif central ennemi.

 

 

3.jpg

 

 

Le 21 août à 7 heures il donne l'ordre au Général Commandant la IVème Armée de se mettre en mouvement :

 

« Combinant sa marche en direction de Neufchâteau, avec à sa droite celle de la IIIème Armée sur Arlon, la IVème Armée prendra pareillement pour objectif les forces ennemies qui sont entrées dans le Luxembourg belge.

Elle portera dans la nuit du 21 au 22 août de fortes avant-gardes pour assurer les débouchés de l'armée au-delà de la Semois. Le mouvement se poursuivra le 22. L'ennemi sera attaqué partout où on le rencontrera. »

 

 

Le Corps Colonial aura pour objectif Neufchâteau, toutefois la 2ème DIC, maintenue en seconde ligne à la disposition du commandant de l'Armée, ne dépassera pas Jamoigne.

A sa droite le 2ème CA s'avancera en une colonne par Tintigny et Mellier ayant pour objectif Léglise.

 

revenons un jour avant:

 

Le 20 août, le capitaine Reboul de l’état major CAC, en mission à Arlon, prend contact avec

le comte de Brevis, gouverneur général du Luxembourg. Ce dernier est inquiet.

 

"Les Allemands sont dans la forêt de Rulles et dans le bois d'Etolles. Ils sont en force."

 

Le rapport du capitaine est jugé pessimiste. On sait bien que les 4ème et 9ème Divisions de cavalerie ont livré le 20 un sérieux combat à Neufchâteau, que des forces ennemies importantes viennent de pénétrer dans le Luxembourg mais" cela montre que l'ennemi fait mouvement et que ses forces ne peuvent, dans la région, être considérables". L'ambiance est à l'offensive, il faut aller vite, se montrer audacieux.

 

Le 21 août à 21 heures, l'ordre de mise en route de la IVème Armée parvient au quartier général du Corps Colonial à Baalon.

 

Immédiatement la 3ème DIC et la 5ème Brigade sont averties qu'elles devront le lendemain

se porter sur Neufchâteau, la première par Rossignol, la seconde par Suxy.

Des détachements poussés en avant de St Vincent et de Jamoignes constituent l’avant garde, ils devront franchir à 6h30 la ligne Jamoignes Mesnils Breuvannes

 

Le 3e Chasseurs d'Afrique se tiendra en arrière de l'avant-garde de la 3ème DIC jusqu'à sa sortie des bois à hauteur des Fossés. L'artillerie de corps marchera avec la 3ème DIC.

 

 

attelage de 75.jpg

 

Le CAC aura à sa droite le 2ème CA marchant de Bellefontaine vers Mellier et l'Eglise et à sa gauche le 12ème CA marchant d'Izel par Chiny, Straimont et Petitvoir.

 

Pour les deux colonnes (3ème DIC et 5ème Brigade) engagées en direction de Neufchâteau, les combats présentent une physionomie identique.

Pour l'une comme pour l'autre la surprise a été totale, le haut commandement français était mal renseigné. Il ignorait d'abord l'existence des corps de réserve allemands, et était persuadé du vide qu'il allait trouver devant lui. L'ennemi avait, en outre, tout fait pour passer inaperçu. Les cantonnements avaient été abandonnés pour se dissimuler dans les bois profonds, les organiser et y bivouaquer en attendant l'offensive adverse.

 

Dans l'esprit offensif de 1914, chacune de ces colonnes devait courir à l'ennemi, le succès de l'une devant entraîner le succès des voisins ; elles devaient opérer sans liaison entre elles, toute liaison était rendue fort difficile par le caractère du terrain vallonné et coupé de forêts profondes dont le couvert a permis à l'ennemi de se concentrer en secret et de se dissimuler.

 

En se dirigeant de Montmédy vers Neufchâteau, on trouve en effet une première bande boisée : la forêt d'Orval qui sépare la vallée de la Chiers de la vallée de la Semois. Cette dernière coule d'Est en Ouest et étire ses nombreux méandres dans la clairière de Florenville, que jalonnent les villages de Jamoigne, Saint-Vincent, Tintigny et Rossignol. Au Nord de la Semois, nouvelle bande boisée : les forêts de Chiny, Neufchâteau et Rulles, limitées par trois pénétrantes qui, partant de Florenville, Jamoigne et Rossignol, convergent vers Neufchâteau. C'est dans ce cadre que la 5ème Brigade d'une part, la 3ème DIC d'autre part, vont séparément engager la bataille.

 

 

killing-field.jpg

 

En août 1914, la Province du Luxembourg belge vit encore sinon dans la quiétude, tout au moins dans l'ignorance du drame qui se prépare. Sa population, sans doute déjà troublée par les rumeurs qui circulent et par les premiers départs des hommes mobilisés, vaque cependant à ses occupations.

 

Sa campagne revêt le même aspect qu'aujourd'hui avec ses villages épars, ses prairies grasses et verdoyantes, ses forêts profondes dont le silence n'est troublé que par le bruit léger du vent dans les frondaisons.

 

 

Le 21 août. Après deux ordres et deux contre-ordres de mouvement, debout depuis le matin jusqu’à 10h00 du soir sans pouvoir cuire la soupe ne se reposer, on a marché durant presque tout le jour. Les hommes ont à peine eu le temps de manger, après avoir fait en 21 heures, 18 kms de marche et arrivent au cantonnement sous une pluie battante, harassés de fatigue.

 

 

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La 1ère brigade est aux avant-postes, et donc le 1er RIC. franchit ce jour là, vers 1 heure du matin, la frontière belge au Nord-Est de Montmédy. A 9 heures, il arrive à Meix, où il s’établit : 1er bat au Nord du village, 2ème bat à l’Est, 3ème bat en réserve.

 

Cette halte est immédiatement employée à disperser les cavaliers ennemis trop aventureux.

A 19 heures il se remet en route et arrive à Saint Vincent après minuit. Le 2ème RIC, le 2ème RACC et le QG de la division cantonnent à Gérouville, le 3ème RIC à Limes, le 7ème RIC à Breux.

 

Les troupes arrivent tard au cantonnement, elles se resserrent dans des villages trop étroits.

Des compagnies entières n’ont même pas un abri pour se reposer. Le 1er RIC a pris le dispositif de sûreté autour de Saint-Vincent.

Les habitants informent les soldats que le village a été visité par les Uhlans.

Les heures s’écoulent, lentes, pénibles. On entend le galop des cavaliers ennemis dans toutes les directions et certaines compagnies, pour se prémunir contre des attaques possibles, forment le carré après avoir doublé les sentinelles.

 

 

Lanciers_1914.jpg

 

La nuit du 21 au 22 août 1914 vient de tomber, elle sera pour beaucoup de ces hommes, la dernière. 7 pelotons du 6ème Dragon arrivent à minuit à Gérouville, partis le matin de Stenay, les hommes et les chevaux sont éreintés.

 

Le général Montigault (commandant la 1ère Brigade), passe la nuit près de Saint-Vincent avec un détachement constitué du 1er RIC et d'une batterie du 2ème RACC. Rejoint par l’escadron Benoît (4 pelotons) du 6 ème Dragon, il doit, à partir de 6 h 30, faire mouvement en direction de Neufchâteau, par Breuvannes et Rossignol, en avant-garde de la division.

 

- Le gros de la 3ème DIC part des villages de Gérouville et Limes en empruntant le même itinéraire à une distance d’environ un kilomètre.

 

-Le 3e Chasseurs d'Afrique, vient du village de Les Bulles et doit s'insérer dans la colonne à Breuvannes.

 

- Le 7ème RIC qui assure la protection des batteries du 3ème RAC doit emprunter le même itinéraire que la division, environ trois heures plus tard.

 

- En parallèle la 5ème Brigade progresse-t-elle aussi à l’Ouest sur l'itinéraire Jamoigne-Suxy, en direction de Neufchâteau.

 

- La 2ème DIC est maintenue en réserve d'armée et ne doit pas dépasser la rocade Jamoigne-Tintigny.

 

Bien des hommes, par suite des déplacements continuels de la veille, n'ont pas mangé depuis 24 heures, ils ont vainement espéré le café dans le brouillard de l'aube, quelques vivres ont été hâtivement distribués.

 

 

rossignol_01.jpg

 

Mais le moral est excellent, l'ordre lu aux unités avant le départ est rassurant :

"Aujourd'hui, marche de trente-trois kilomètres. Arrivée à Neufchâteau à 11 heures. Cantonnement. Aucune rencontre à prévoir ".

 

Il fait une chaleur humide et le brouillard est épais.

 

6.jpgLes patrouilles de Uhlans observent à distance les déplacements des colonnes, mais

cette activité d'une cavalerie légère qui refuse obstinément le contact, n'est pas faite pour inciter nos coloniaux à la prudence. Quant au VIème Corps Silésien, pour la nuit, il a bivouaqué dans les bois, entre Mellier, L’église et Thibessart.

 

C'est dans cette région que le 2ème Corps, voisin de droite du CAC doit venir s'établir dans l'après-midi du 22.

Mais, dans la nuit, le Vème Corps allemand, a reçu l'ordre de prendre l'offensive vers le sud, en direction de Virton. Pour couvrir son flanc droit, le commandant du Vème Corps a demandé au VIème Corps Silésien, commandé par le Gal von Prietzelwitz de se porter plus au sud.

La Vème armée du Kronprinz impérial autorise ce mouvement. Le commandant du VIème Corps décide de pousser sa XIIème Division sur Rossignol par la route de Neufchâteau et sa XIème Division sur Tintigny par l'itinéraire : Mellier, Marbehan, Harinsart.

L'ordre n'ayant été diffusé qu'en fin de nuit, les mouvements commencent à peine au lever du jour.

 

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La 3ème DIC et la XIIème Division Silésienne vont donc se rencontrer sur la route de Rossignol à Neufchâteau. Chacune d'elles ignore le mouvement de son adversaire. Compte tenu des heures respectives de départ, les têtes des colonnes doivent venir butter l'une contre l'autre, dans la partie sud des forêts de Chiny et de Neufchâteau, entre sept et huit heures.

Quant à la XIème Division Silésienne, elle devrait se heurter aux unités de tête du 2ème CA.

Pour des raisons encore inexpliquées, les avant-gardes du 2ème CA, qui doivent s'aligner sur celles du CAC sont à 3 ou 4 heures de marche plus au sud.

La XIème Division Silésienne peut donc progresser librement vers Tintigny.

 

 

A la pointe du jour, l’avant-garde française quitte Saint-Vincent. Le brouillard s'est levé le temps s'annonce très beau.

 

C’est le 2ème bataillon (Bertaux-Levillain) du 1 er RIC, qui part en premier. Les hommes n’ont pas mangé depuis 24 heures à cause des déplacements continuels. Ce matin là le départ est si brusque qu’ils n’ont pas le temps d’avaler leur café. Ils n’en conservent pas moins leur bel entrain. L’ennemi, on ne sait pas où il est, mais l’ordre est de marcher vite.

 

Pour le 3ème RCA, qui s’est arrêté à Valensart, l’ordre lui arrive à 5 heures du matin. Il n’y

a pas une minute à perdre, le régiment devant resté intercalé dans la colonne pendant la traversée de la forêt.

 

A 6 heures, le 3ème RCA en marche par Jamoigne, Les Bulles, Termes ne cesse d’être inquiété par les éclaireurs ennemis qui courent sur ses flancs.

 

 

 

 

6.jpgDu côté allemand, la XIIème division marche également sur Rossignol. (Avant-garde composée du 157ème RI, 2ème Uhlans et d’une compagnie de Génie).

 

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A 6 h.30, le pont de Mesnil-Breuvanne est dépassé sans incidents. Le gros de la division, à trois kilomètres en arrière, arrivait à Saint-Vincent, les unités sont

séparées par les distances réglementaires.

 

Le 3ème RCA arrive avant l’infanterie, aux abords de Rossignol. Le peloton du lieutenant Jaud’huin y est reçu à coups de fusil. Le 2ème escadron opère la reconnaissance du village. Le régiment met donc pied à terre le long de la voie de chemin de fer. Le général Lefèvre, commandant le CAC, rejoint en tête de la colonne le général Raffenel, commandant la division, et le colonel Montguers, de l'artillerie divisionnaire. L'état-major du CA s'est arrêté à Saint-Vincent et rédige les ordres pour la journée. On doit cantonner à Neufchâtel, et déjà "les campements" sont prêts à partir.

 

Bien que quelques cavaliers ennemis ont été signalés à l'Est, on affiche une sécurité absolue. Tandis que le général commandant de Corps regagne en automobile son poste decommandement, le général Raffenel reprend à cheval la route de Mesnil, et le général Rondony, commandant la 3ème brigade, est en tête du 2ème RIC, suivit de la compagnie du génie de l’artillerie divisionnaire, du 3ème RIC et l'artillerie de Corps encadrés par le 3ème colonial.

 

Le général Montignault, chef de la 1re brigade, est avec l'avant-garde, qu'il commande.

 

 

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6.jpgDès 7h, les cavaliers allemands postés au mamelon 353 aperçoivent des colonnes françaises se diriger vers Rossignol. Le commandant de la XIème division fait poster des batteries au mamelon 360 à 1 km de Marbehan (N/E Rossignol) et au mamelon 345 (1 km au S/O de Harinsart). Le 10e grenadiers occupe Orsainfaing (est de Rossignol).

 

Vers 7h30, la tête de l’avant-garde française dépasse le village de Rossignol et s'engage dans la forêt de Neufchâteau. En pointe le 6ème Escadron du 6 ème Dragons s'est heurté à un escadron de Uhlans qui s'est dérobé vers l'Est. Dans la forêt, à 500 mètres au-delà de la lisière, quelques éléments du 2ème Uhlans essaient encore de retarder l'escadron.

 

Un kilomètre plus loin, cette fois la rencontre est sérieuse. De l'infanterie ennemie se déploie pour s'opposer à nos cavaliers qui se replient. Les dragons sont arrêtés par une vive fusillade et obligés de mettre pied à terre, les taillis à droite et à gauche de la route

étant impraticables.

 

Il est près de 8 heures le 2ème bataillon (Berteaux-Levillain) du 1er RIC marche paisiblement en colonne de route derrière les dragons. Le lieutenant-colonel Vitard, commandant du 1er RIC, engage son bataillon de tête pour forcer le passage, en le déployant à droite et à gauche de la route sur un front d’environ 400 m. Mais il se heurte presque aussitôt à des tranchées dissimulées dans la forêt et défendues par de l'infanterie avec des mitrailleuses.

 

 

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En face, les Allemands se sont déployés plus vite, et engagent tout un régiment : le 157ème RI.

 

Mais sur la route qu'on n'arrive pas à dégager assez vite, les unités de soutien se trouvent exposées à des feux d'enfilade et subissent en quelques instants des pertes sensibles. Il y a un moment d'hésitation. Le 157ème RI allemand subit des pertes sévères.

 

Le lieutenant-colonel Vitard (1er RIC), quoique blessé, se précipite en avant.

Le 3ème bataillon du 1er RIC arrive, et grâce à l'énergie de son chef, le commandant Rivière, rétablit le combat. Les compagnies déployées en échelon à l'Ouest de la route s'efforcent de contenir l'ennemi qui semble vouloir déborder de ce côté. Deux compagnies du bataillon Quinet (1er bataillon) sont engagées à droite et combattent en sous bois.

 

Il n'y a bientôt plus à l'avant-garde aucune troupe fraîche disponible, on apprend que les trois chefs de bataillon (Quinet, Bertaux-Levillain et Rivière) sont tombés et, avec eux, beaucoup d'officiers et les meilleurs soldats.

 

6.jpg8h 40 Le 63ème RI allemand s’oriente vers Termes pour s’emparer du mamelon 363 (1 km au N/E de Termes) pour prononcer une attaque dans le flanc de l’adversaire posté au Nord de Rossignol.

 

 

Le général Raffenel, entendant la fusillade, a pressé l'allure. Il est venu jusqu'à l'entrée de la forêt, où un peu après 9 heures le général Montignault lui rend compte de la situation : le 1er RIC, très éprouvé, tient toujours. L'ennemi, qui progresse sans cesse par les ailes, menace de le déborder. Il est nécessaire de l'appuyer en toute hâte.

.

Aussitôt, le général Raffenel envoie au général Rondony l'ordre de porter le 2ème RIC en soutien du 1er dans la forêt.

 

 

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6.jpgPendant ce temps l’artillerie allemande a pris position, principalement sur la cote 441 et ouvre le feu à 3000 m sur la colonne des Français au sud de Breuvanne. Le 6ème AR est placé en batterie à 500 m au sud d’Harinsart et fait feu sur le pont de Breuvanne.

 

Le général Rondony, en tête du gros, est arrivé à Rossignol. Le 2ème RIC et le 2ème RACC sont arrêtés en colonne sur la route, qui s'allonge toute droite entre deux rangées d'arbres jusqu'à la Breuvanne.

 

On ne sait encore pourquoi le 3ème RIC, qui devait marcher derrière l'artillerie, n'a pas suivi.

Le 3e chasseurs d'Afrique est rassemblé à l'Ouest de la route, attendant de pouvoir traverser la forêt derrière l'avant-garde. Pour ne pas laisser la cavalerie et l'artillerie sans soutien, le général Rondony obtient de garder auprès de lui, à Rossignol, le bataillon Rey 3ème du 2ème RIC, tandis que le bataillon Richard 1er du 2ème RIC à droite, le bataillon Wehrlé 2ème du 2ème RIC à gauche, gagnent la forêt, d'où reviennent de longues files de blessés du 1er RIC et du 6ème escadron du 6ème Dragon.

 

 

6.jpgLes grenadiers allemands ouvrent un feu violent sur l’artillerie française immobilisée sur la route vers Rossignol.

 

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Le 2ème RACC subit un bombardement au départ d’Harinsart par le 6ème AR. Les batteries se sont établies par pièces accouplées, de chaque côté de la route. Le commandant de ce régiment donne l’ordre de déployer des batteries :

- à l’Ouest de Rossignol et sur la crête de Rossignol-Termes ;

- sur la croupe Rossignol - Mesnil pour battre la forêt à l’Est de Rossignol ;

- 2 km au sud de Rossignol avec pour mission de rechercher l’artillerie allemande tirant de l’Est.

 

La 2ème batterie capitaine Puel, la 3ème capitaine Duhatois et la 23ème capitaine Germain sont particulièrement atteintes. La situation de l’artillerie française est critique.

 

 

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A Rossignol, le capitaine Laurans officier d'état-major, avait été envoyé au-devant du, 3 ème RIC et qui est allé jusqu'à Mesnil-Breuvannes sans le trouver, rend compte que l'artillerie ennemie tirant d'Orsainfaing, et d'Harinsart, a déjà depuis longtemps ouvert le feu sur le pont et qu'au-delà on aperçoit des éclatements sur Saint-Vincent.

 

A 9 heures, le 3ème RIC se déploie face à l’Est, entre Saint-Vincent et Mesnil-Breuvanne, il est déjà sous le feu de l’artillerie allemande. Marchant en petites colonnes, le 3ème bataillon (commandant Mast) et le 2ème bataillon (commandant Chibaslassale) soit en première ligne, le 1er bataillon (commandant Sauvage) est en réserve, à cheval sur la route.

 

Cette canonnade sur la droite peut être grosse de conséquences. Le général Raffenel, qui n’a aucune nouvelle du 2ème CA à sa droite, et de la 5 ème brigade à sa gauche, en vient à se demander si sa 3ème division n'est pas complètement découverte et menacée d'être prise de flanc.

 

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En fait le 2ème C.A. est parti avec trois heures de retard, et n'a pas pu déboucher de Bellefontaine sur Tintigny, où l'ennemi l'a précédé.

 

 

 

 

6.jpgA l’est, la XIè division qui progressent à des vues sur le cuvette Breuvannes Rossignol où piétinent les gros de la 3éme DIC. Le Gal von Webern apprécie rapidement la situation et pousse ses forces sur Tintigny et Saint-Vincent. Il veut couper la retraite de la colonne française engagée au Nord de la Semois et qui ne dispose que du pont de Breuvannes pour se replier. Ce pont devient l'objectif prioritaire de l'artillerie de la XIème Division et Breuvannes est menacé par un bataillon

de Grenadiers.

 

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C'est ainsi qu'au sortir de Saint-Vincent, vers 9 h 30, le 3ème RIC est pris sous le feu de l'artillerie allemande. Il se dégage de la route et se déploie au sud de la Semois, tandis qu'en arrière le 7e colonial prend position à l'Est du village de Saint-Vincent, pour protéger l'artillerie de Corps et parer à un mouvement tournant de l'ennemi.

 

La 3ème brigade se retrouve ainsi engagée dans un combat distinct de celui de Rossignol.

Cependant le 3ème RIC a réussi à faire passer un bataillon (3ème bataillon, commandant Mast), au Nord de la Semois. Mais à peine les sections ont-elles franchis le pont, l'une après l'autre au pas de course, que le pont devient impraticable, le bruit court à l'avant qu'il serait détruit.

 

La chaussée entre Breuvannes et Rossignol traverse des prairies marécageuses infranchissables pour l'artillerie. La Semois au sud, la Sivanne à l'Est, sont des coupures difficiles à traverser sous le feu, même pour l'infanterie, de plus que de nombreuses clôtures de fils de fer barbelés rendent les mouvements difficiles.

 

Pour traverser la Semois, il faut maintenant aller, par un long détour, jusqu'au village de Termes, à plus de 3 kms à l'Ouest.

 

 

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Désormais, aucun autre élément de la division ne passera la Semois. Les 5 escadrons, 7 bataillons, 3 groupes qui sont à Rossignol, attendront toute la journée un secours qui n'arrivera pas. De cette fin de journée bien peu de survivants réussiront à se dégager de la nasse.

 

Il est déjà plus de 9 h. du matin, immédiatement après le 1er RIC vient, on se le rappelle, le régiment des chasseurs d’Afrique du colonel Costet. Les chasseurs voient les dragons refluer et les marsouins se déployer à droite et à gauche de la route. Un ordre arrive, prescrivant au colonel Costet de se porter, avec tout son monde, à l’Ouest de la cote 358 pour prolonger la ligne des tirailleurs d’infanterie.

 

Les chasseurs d’Afrique demeureront là, au combat à pied, jusqu’à 10 h.30

 

 

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6.jpgLe Général Chales de Beaulieu commandant la XIIème Division Silésienne, décide alors de déborder par l'Ouest la résistance française. Pour ce faire, il engage, dès avant 9 heures le 63ème RI soutenu par un groupe d'artillerie, sur les layons de la forêt de Chiny qui débouchent au Nord du village de Termes.

Pendant ce temps, le gros de la 1ère brigade atteint Rossignol et le dépasse. A 9 h.15 le 2ème RIC pénètre dans le bois. Le colonel Gallois porte ses deux premiers bataillons en avant. Le 3ème bataillon est fractionné, la 9 ème compagnie capitaine Kerhuel et la 10ème capitaine Dehaye sont désignées pour servir de soutien à l’artillerie divisionnaire.

 

 

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Les deux autres compagnies 11ème capitaine Paris de Bollardière et 12ème capitaine Dardenne se placent à l’Est et à l’Ouest de Rossignol, face à la forêt. Elles feront preuve d'une ténacité et d'une endurance remarquable empêchant durant 6 heures, par un feu continu, l'ennemi de déboucher de la forêt de Neufchâteau.

 

A 10h00 le commandant de la XIème division d’infanterie allemande décide d’attaquer. Le 10ème grenadiers fait mouvement vers Bellefontaine, le 38ème Fusiliers entre Saint-Vincent et Bellefontaine et la 22ème brigade face à l’Ouest vers le flanc et les arrières des Français.

 

A 10h30, le 3ème RIC est aperçu par les observateurs allemands. Il s’emploie à couvrir les lignes de

communication des troupes engagées vers Rossignol. Le bataillon Mast poursuit sa route vers Rossignol, le 2ème

bataillon 3ème RIC doit tenir Mesnil-Breuvanne et le 1er bataillon 3ème RIC doit rester au sud de Mesnil Breuvanne.

Mais le pont de Mesnil Breuvanne est soumis à un violent feu d’artillerie.

La plus grosse partie du régiment reste bloquée au sud de la rivière. La division est coupée en deux.

Le 1er bataillon du 3ème RIC subit un feu de mitrailleuses venant du N/E et doit se terrer à la cote 325, au N/E de Breuvanne. Le 2ème bataillon lui, est accueilli vers 11h00 à la sortie du bois au N/E de Breuvanne par des feux d’infanterie, de mitrailleuses et d’artillerie. Il est obligé de se déplacer face au N/O, puis au Nord.

 

 

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Tous ces mouvements se croisent avec ceux du régiment des chasseurs d’Afrique.

Pendant ce temps, le général Raffenel envois l’ordre au 3ème chasseurs d’Afrique de couvrir un groupe de l’artillerie divisionnaire sur la route Breuvanne-Rossignol.

Le colonel Costet redoutant un mouvement ennemi sur sa droite détache ainsi son 3ème escadron :

- deux pelotons (adjudant-chef Boursier et lieutenant Humbert) aux ordres du capitaine Chanzy vers Marbehan et Orsainfaing ;

- un peloton (sous-lieutenant d’Yturbide), à l’Est de Breuvanne, vers Ansart ;

- un peloton (adjudant Bidault), sur Valensart, pour la liaison avec le gros du corps d’armée.

 

Le reste du régiment traverse Rossignol, prend la route de Breuvanne et remonte avec les batteries à travers champs.

 

Après avoir accompagné l’artillerie, le colonel Costet, ayant appris qu’une batterie allemande est en position sur le mamelon 343 à l’Ouest d’Ansart il veut l’attaquer en la prenant par Breuvanne. Il aborde avec ses cavaliers le pont de la Civanne, mais se trouve en butte là, à des feux de mitrailleuses partant de l’Est à moins de 200 m.. Il n’en pénètre pas moins dans Breuvanne encombré par des caissons d’artillerie. Le pont de la Semois est bombardé, la direction de Saint-Vincent impraticable. L’infanterie ennemie n’est d’ailleurs pas loin de la route.

 

 

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Alors le colonel décide de battre en retraite par la ferme du Mesnil vers Saint-Vincent en laissant l’escadron (capitaine Chaverondier) aux lisières sud de Breuvanne.

 

Rossignol 10 h.30, la situation est celle-ci :

 

- engagés dans la forêt : les 3 bataillons du 1er RIC et 2 bataillons du 2ème RIC (le 1er et le 2), ainsi que la 10ème compagnie avec le général Montignault.

 

- entre le bosquet Pireaux et Rossignol, 8 batteries du 2eme RACC durement malmenées. La batterie de l’avant garde n’existe plus.

 

- à la carrière, sortie Nord de Rossignol, 2 compagnies du 2ème RIC (les 11 et 12ème) et la compagnie 22/2 du génie.

 

- en soutien de l’artillerie, la 9ème compagnie du 2ème RIC.

 

6.jpg10h 45. Les éclaireurs du 63ème RI. atteignent le village de Termes. La colonne s’engage sur le chemin de Rossignol et déploie son 3ème bataillon le long du chemin de Termes à Rossignol.

 

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A Rossignol vers 11 heures, au moment où l'entrée en ligne du bataillon Mast peut faire espérer l'arrivée prochaine du reste de la division, la situation n'apparaît pas aussi tragique au général Raffenel dans la forêt de Neufchâteau, les cinq bataillons de la 1ère brigade tiennent tête à l'ennemi.

 

La compagnie de génie a l'ordre de préparer la mise en état de défense du village, pour servir de point d'appui le cas échéant. Au sud, l'artillerie a dégagé la route et cherche des positions pour soutenir au besoin le recul de l'infanterie, car elle ne peut lui être directement utile dans un combat en forêt.

Déjà une batterie ennemie s'est montrée à moins d'un kilomètre sur la gauche, elle est aussitôt prise à partie par le capitaine Puel du 1er groupe du 2ème RACC et est mise hors de combat.

 

 

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Le régiment de chasseurs d'Afrique est venu se former en colonne d'escadrons à l'Est de la route, avec mission de protéger l'artillerie et de surveiller tout particulièrement l'est, qui reste le point inquiétant. Le général a transporté son poste de commandement à la sortie sud de Rossignol, près du bois du Château.

 

Un peu après 11 heures, le commandant Petit, du 3ème groupe du 2ème RACC, signale qu'il aperçoit des gros d'infanterie ennemis défilant à 3 000 mètres dans la direction de Tintigny.

L'artillerie, aussitôt mise en batterie, ouvre le feu. Mais déjà, à quelques centaines de mètres plus loin, la reconnaissance du capitaine Cherrier, du 2ème groupe du 2ème RAC a été mitraillée et dispersée.

 

Presque en temps, une salve de fusants éclatent au-dessus de l’état major de la division. La direction sud-est-nord-ouest du tir ne laisse plus de doute: L’ennemi est à Trintigny.

 

De ce côté, la route de retraite est menacée, mais du moins pouvait-on croire encore le champ libre à l'Ouest, vers Termes et Frenois. Le général Rondony a appelé à Rossignol le bataillon Mast, du 3ème colonial, le seul de sa brigade dont il dispose.

 

Il a envois la 11ème compagnie capitaine Collin, prolonger à droite le bataillon Rey (3ème bat du 2ème RIC), face à la forêt. A peine cette compagnie se montre-t-elle sur la crête, à l'Ouest de la route, qu'une batterie ennemie ouvre, directement, sans réglage préalable, le feu sur elle. En même temps, une ligne de tirailleurs ennemis apparaît à la lisière de la forêt.

 

 

 

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6.jpgA 11h30 comme le 157ème régiment allemand ne progresse que péniblement, le commandant de la XIIème division donne ordre au 62ème IR d’appuyer ce régiment en gagnant la lisière sud de la forêt pour permettre le déploiement de l’artillerie.

Les Allemands débordent sur les flancs du dispositif français.

 

 

Le commandant du 1er RIC ordonne de se replier lentement et de prendre position sur la crête à 400 m de la lisière.

 

6.jpgA 12h00 les Allemands s’emparent de la crête au Nord de Rossignol. L’artillerie allemande se déploie.

Les 157ème, 62ème et une partie du 23ème régiment allemand voient leur progression arrêtée par les mitrailleuses françaises. Les Allemands amènent deux pièces d’artillerie qui prennent comme objectif le clocher de Rossignol.

 

Enfin à midi, le 3ème bataillon du 3ème RIC (commandant Mast) arrive dans le village, à la

défense duquel il va concourir. Son chef y sera cinq fois blessés. Une furieuse bataille s’engage depuis la lisière des forêts au Nord de Rossignol, et la ferme du Chesnois située au sud de la route de Jamoigne à Tintigny.

 

Coupée en trois tronçons qui mènent chacun un combat singulier, la 3ème DIC est dans une situation dramatique.

 

 

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13 h 00 les débris des cinq bataillons de la forêt se replient, réduits de moitié. Le colonel Gallois, commandant le 2ème RIC a été grièvement blessé, le lieutenant-colonel Vitart du 1er RIC, a eu le bras gauche emporté. De nombreux officiers sont tués et blessés. L’artillerie se fait détruire en détail.

 

Le lieutenant-colonel Gadoffre, qui a pris le commandement du 2ème RIC s’arment d’un fusil et entraînent une centaine d’hommes contre une compagnie ennemie qui s’avance au Nord-Ouest du village. Ils reviennent à quinze.

 

Le commandant Rey 3ème Bat 2ème RIC tient ferme à l’Est. Cependant l’ennemi progresse toujours. Des groupes de marsouins et de soldats du génie se barricadent dans l’usine Hurieaux qui fait face à la forêt.

 

 

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Vers 14 heures, les Allemands sont décidément maître des bois. Les éléments de la 1ère

brigade, rejetés les uns après les autres, ont été ralliés par les officiers encore valides. A gauche, vers la côte 342, ils font face à l'ennemi, qui menace de tourner par l'Ouest, la position de repli.

 

6.jpgTout en poursuivant le combat de front, les Allemands s'infiltrent sous les bois, qui forment un arc de cercle autour de Rossignol, et, par l'Ouest et l'est à la fois, cherchent à déborder. Ils concentrent sur le village le feu de leur artillerie, qui, à partir de 15 heures, devient effroyable.

 

Les batteries françaises ripostent furieusement, mais obligées de répondre à des coups qui leur arrivent de toute part, les pièces sont réduites à pivoter sur place pour tirer dans toutes les directions.

 

 

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Les unités françaises sont enveloppées. Il est déjà trop tard pour se dégager.

Quoi qu'il en soit, le commandement ne paraît pas se résoudre à la retraite, et espère toujours des renforts qui n'arrivent plus.

 

Seuls les chasseurs d'Afrique, grâce à une manœuvre opportune, conduite avec l'idée de e tourner l'ennemi par Breuvanne et de surprendre son artillerie, a été ramenés à temps au sud de la Semois.

 

Tout le reste, génie, artillerie, infanterie, continue la lutte stoïquement, autour du village en flammes.

 

6.jpgL'ennemi surgit enfin des bois.

 

 

Au Nord de Rossignol, il est encore contenu à plusieurs centaines de mètres par le feu des compagnies qui épuisent sur lui leurs munitions. Décimés, les cinq bataillons engagés dans la forêt, sont réduits à quelques centaines d'hommes que commande une poignée d'officiers et de sous-officiers, se replient sur Rossignol

 

 

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A près 14 h, l’ennemi prononce une attaque terrible sur le village, de trois côtés à la fois, au Nord, à l’Ouest, à l’Est : le cercle va se refermer.

 

Le général Montignault qui est sorti de Rossignol avec des débris de toutes les unités, se défend âprement entre le bosquet Pireaux et Breuvanne. Le général Rondony tient au Nord et à l’Ouest. Le général Raffenel s’est installé au sud-est du parc du château, dans lequel le docteur BRESSON a établi son poste de secours.

 

La mêlée devient terrible. Sous un soleil de plomb, tout le monde se bat avec un acharnement inouï et les soldats tombent de tous côtés, dans l’effrayant cercle de feu qui les entoure. Rassemblant ce qui reste de son régiment, le colonel Gallois lance une contre-attaque contre le mouvement offensif, mais après la sortie du bois, il est assailli par un feu progressif d'artillerie. Dans un nouveau bond, il recueille le groupe du 1er colonial qui cherche à percer vers le sud-est.

 

6.jpgMais, vers 16 heures, des mitrailleurs allemands se glissent au sud et prennent les nôtres à revers. Il faut reculer jusqu'au village, où les généraux Montignault et Rondony, aidés de quelques officiers, arrêtent les débris des sections, les regroupent, les ré-encadrent tant bien que mal, puis les répartissent sur les différentes faces du point d'appui, qu'elles continuent de tenir solidement. Les mitrailleuses allemandes font rage de tous côtés.

 

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Un premier centre de résistance, le plus important, comprend Rossignol et le bois du château, sous les ordres du général Rondony. Un autre est constitué par un petit bois plus au sud où se tient le général Montignault.

 

Entre les deux, aux abords de la route, l'artillerie tire sans arrêt.

 

Le colonel Guérin, avec ce qui reste du 1er colonial, se repli à l'Ouest du village. Sur le front Nord se trouve le commandant Rey avec le 2ème colonial, et derrière lui le capitaine Laurans, de l’état major de la division, avec des fractions qu’il a spontanément ralliées

 

Au sud-est, des compagnies du bataillon Mast se reforment et font face en même temps au Nord et à l'Est ; la section de mitrailleuses du lieutenant Septans se trouve en avant du château.

 

A l’ambulance Vanderstraeten-Ponthoz gisent un millier de blessés. C’est d’une horreur sans nom. Le général Rondony, entouré d’une poignée de braves, veut les protéger. Il s’est placé

au pied d’un arbre qui surplombe la route de Breuvanne, face au bâtiment de l’école communale.

 

En arrière, contre le mur des communs, sur le bord de la route, deux pièces de 75 sont amenées à bras pour tenter une dernière défense. Il y a là, le commandant d’artillerie Cherier, le lieutenant Psichari le lieutenant-colonel Gadoffre, quelques mitrailleuses et environ 200 hommes.

 

 

 

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Le groupe est bientôt repéré. Gadoffre et Cherier sont blessés, Psichari tué.

 

 

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Pendant plus d'une heure, sous un bombardement qui ne cesse pas, le général Raffenel attend anxieusement du secours. Il regroupe ce qui reste de l’héroïque 1ère brigade coloniale, pendant que les artilleurs enclouent leurs canons. Ils en enclouent 32.

 

Le général de division tente une percée vers la Semois. Il s'éloigne avec son chef d'état-major, se dirigeant vers l'artillerie, au sud du petit-bois. En cours de route, le commandant Moreau est blessé. Le général continue seul. On ne l'a plus jamais revu.

 

On retrouvera son corps près de Mesnil, les Allemands affirmeront plus tard avoir enseveli le

corps d'un général français dans les prairies qui bordent la Semois

 

Le commandant Rey réussit à grouper encore quelques hommes. Il sauve le drapeau du 1er RIC qui porte à sa hampe la croix de la légion d’honneur, un sergent prend la soie et la roule autour de sa poitrine, sous sa capote. Le commandant garde la croix et le capitaine Paris de la Bollardière la cravate.

 

Le général Rondony, écrasé et tourné, se porte vers Ansart. Blessé à l’avant-bras, il tombe près d’une haie. Il sera tué le lendemain par une patrouille. Le général Montignault est fait prisonnier près de Breuvanne.

 

 

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Dans Rossignol et sur les lisières, la lutte continue. Mais bientôt, tombent le colonel Gallois, du 2ème RIC, frappé au ventre par une balle, et les commandants Mast et Rey, blessés ; des capitaines des lieutenants et, avec les officiers, des soldats par centaines qui ne veulent pas s'avouer vaincus.

 

Le commandant Wehrlé du 2ème bataillon du 2ème RIC est tué à trente mètres de l’ambulance qu’il défendait encore avec quelques hommes.

A l’arrière, le général Lefèvre, qui a demandé à l'Armée de remettre la 2ème DIC a sa disposition, n'obtient satisfaction qu'en fin d'après-midi, vers 17h00, alors que Rossignol agonise.

 

Toutefois, de sa propre initiative, le général Leblois, commandant cette division, engage le 22ème RIC dans une contre-attaque vers Termes. Au prix de lourdes pertes, ce régiment s'est emparé du village et a créé chez l'ennemi une panique grave qui retarde l'assaut final sur Rossignol et permet aux deux bataillons du 3ème RIC immobilisés sur la rive sud de la Semois de se rétablir sur les hauteurs au Nord de la route de Jamoigne à Tintigny.

 

A Rossignol jusqu'à 18 heures, la résistance se prolonge. Les Allemands ne sont plus qu'à quelques centaines de mètres, l'artillerie tire encore. Le colonel Guichard-Montguers tombe blessé au milieu du 1er groupe du 2ème RACC, qui, sous l'admirable conduite de son chef, le commandant Lotte, contient l'ennemi à l'Est de la Route.

 

Le lieutenant Vial, du 1er RIC, excite encore ses hommes de la voix et du geste.

Le lieutenant Chaumel épuise ses munitions et essaie d'échapper à l'encerclement. Mais l'ennemi tient maintenant Mesnil-Breuvanne et Termes. Il arrive du Nord, de l'Est, du sud son infanterie couronne les crêtes.

 

 

16.jpg

 

 

C'est la fin. De tous côtés du champ de bataille retentit le "cessez le feu".

Un clairon du 2ème RIC sonne une dernière fois "en avant !".

Autour des 2ème et 21ème batteries, l'assaut allemand brise une dernière et vive résistance.

Puis le silence se fait peu à peu sur ce champ de bataille, où agonisent tant des nôtres.

 

 

43.jpg

 

A 19 heures, l’ennemi est maître de Rossignol, et sur cette partie du champ de bataille, le feu est éteint.

 

6.jpgEpuisés et durement éprouvés, les deux divisions du VIème Corps Silésien sont incapables d'entamer une poursuite et bivouaquent sur les objectifs atteints : Rossignol, Tintigny et Saint-Vincent.

 

Les coloniaux des 1er et 2ème R.I.C. retranchés dans Rossignol, eurent cessé le combat, les Allemands envahirent la localité tandis qu'un peu partout nombre de nos blessés étaient achevés sans pitié.

 

Le soir tombe et c'est à peine si, à la faveur de l'obscurité, quelques centaines d'hommes peuvent, par petits groupes, s'échapper et rejoindre les lignes arrières. Les autres : un général, trois colonels, une centaine d'officiers et plus de cinq mille hommes, dont un grand nombre de blessés, tomberont aux mains de l'ennemi.

 

 

17.jpg18.jpg

 

Le drapeau du 2ème RIC parvient jusqu’à Villers sur Semois. Craignant qu’il ne tombe entre les mains des Allemands, le soldat Le Guidec l’enfouit en terre à Villers-sur-Semois pendant la traversée du village.

A l’issue de la guerre le drapeau sera retrouvé dans le jardin de Mme Warninont.

La précieuse relique est alors rendue au régiment le 5 mai 1919

 

 

19.jpg

 

 

Ce 22 août 1914, l’armée française vient de subir l’une de ses plus lourdes défaites (de la première partie du conflit). Soldats prisonniers et civils arrêtés comme franc-tireurs sont parqués sans ménagements dans une pâture appelée « Camp de la Misère ».

 

suite à venir...

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merci :jap:

 

le final avant pose prend quelques heures, là, ce fut 4 mais avec plaisir car on relit tout

 

le but est d'abord de trouvé le sujet et de les classés ensuite dans un traitement de texte (atlantic nova pour moi)

 

 

mercy le haut.png

 

 

ça c'est un exemple pour merci, il y a souvent trois colonnes, le texte de travail est noté *********, puis je mets moins de *

pour créer des associations pour créer le texte final, le plus dur est de faire la recherche sur le véridique

 

j'aime tout lire et donc, je fais cela le soir après mes devis, la recherche des images suivent ensuite au fil de relecture pendant la mise en page

 

il faut dire que je me suis préparé depuis au moins 24 mois depuis l'ouverture du topic, je m'appuis sur mes livres et connaissances (mémoires)

 

tout cela est réalisable par n'importe qui, pour Mercy le haut, environ 60 sites de visiter, il y en a de vraiment géniaux et même des incontournables comme

le site de chtimiste qui est une véritable bible ou le forum 14/18 où l'ambiance est formidable et certains sites belges

voilà

je vais mettre un témoignage poignant, je sais pas où j'ai mis la bataille de Bellefontaine, on verra cela demain

zygo

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Témoignage:

 

 

Cahiers du Caporal-clairon Paul FAILIN du 3° R.I.C.

J’étais à Rossignol le 22 août 1914

 

 

né le 31 mars 1889 à Saint-Denis, de parents Alsaciens émigrés, le jeune Faillin est très tôt attiré par l’armée. Aux activités paisibles de son père menuisier, il préfère la vie d’aventure que lui propose l’armée coloniale avec ses missions en Afrique. A 18 ans il s’engage pour cinq ans au 3e régiment d’infanterie Coloniale à Rochefort et participe à la prise de Fès avec la colonne Gouraud, puis à celle de Marrakech avec Mangin.

 

Ses notes, écrites une quinzaine d’années après sa participation au combat de Rossignol

 

le 21 août 1914

 

 

Nous faisons connaissance avec notre cavalerie de corps qui est le 3° chasseurs d’Afrique de Constantine ; pour beaucoup d’entre nous, anciens du Maroc, nous en sommes contents, car nous avons toujours fait bon ménage ensemble. Pendant les trois jours que nous allons passer ici, nous les verrons revenir chaque jour de reconnaissance avec de nombreux trophées.

Nous quittons Chauvency à minuit, et après de nombreux à-coups dans la marche, nous arrivons à Breux au petit jour. L’on se déchausse, les feux sont allumés pour le café et la soupe, l’on se prépare à prendre un peu de repos, quand l’ordre arrive de repartir , ce qui provoque de nombreuses récriminations, nous arrivons en fin de journée à Fagny, à la frontière Belge où nous devons cantonner, pour le 1er bataillon ; les 2° et 3° sont à Limes, premier village belge. Il n’y a que quelques maisons à Fagny, aussi allons-nous être tassés, deux sections par grange ; il faut dormir assis, impossible de sortir pendant la nuit qui va être pluvieuse.

 

 

Le 22 août 1914

 

Le 22 au matin, départ de très bonne heure, car l’étape est longue à parcourir, il s’agit d’aller coucher à Neufchâteau, soit une trentaine de kilomètres.

Par la route qui descend vers le ruisseau qui sépare la France de la Belgique, nous passons le panneau frontière et foulons le sol belge, nous traversons le village de Limes, tout en longueur et entrons bientôt sous bois. Le brouillard est très épais, et les arrêts fréquents, ce qui nous fatigue beaucoup, car nous n’avons pas le temps de poser le sac. Quand le brouillard se dissipe nous sommes encore à la Soye, endroit admirable avec ses étangs ; de chaque côté de la route, des ruisseaux d’eaux claires qui murmurent dans le frais matin.

Après une pause nous passons le pont de la ligne de Virton à Bertrix et bientôt nous sortons de la forêt ; laissant Bellefontaine à notre droite, nous nous engageons dans le chemin de Saint-Vincent, à ce moment un avion allemand nous survole à faible altitude, l’on voit distinctement le pilote qui se penche pour mieux observer, mais personne ne tire, l’ordre était formel de ne tirer sur aucun avion.

Un peu avant d’entrer dans Saint-Vincent, sur un talus, des tranchées d’un petit poste allemand. Au centre du village, les généraux Lefèvre, Raffenel, Rondony. Il est dix heures à l’église. Pour sortir du village, nous remontons par la route de Breuvannes, nous faisons halte le long du bois longeant la route, derrière ce bois , sur la hauteur, la ferme du Chenois.

Quelques dragons fouillent le bois dans lequel il y aurait des uhlans.

Le colonel envoie une patrouille sur la route vers Tintigny. Cette patrouille reçoit le premier obus tiré sur nous de Termes.

Le 1er bataillon se porte par sections dans la même direction et se forme en colonne double, ligne de section par quatre en carapace, distances et intervalles de 40 mètres ; à l’endroit dit « la forge », les obus arrivent sans arrêt sur nous. Je suis à ma place avec les agents de liaison sous les ordres de l’adjudant de bataillon.

Prêts à se déployer, on ne commencera à tirer qu’à 1500 mètres rappelle le commandant. « Agent de liaison « appelle le commandant. C’est pour moi ! Je me présente.

« Vous allez retourner à la corne du bois dire au caisson de munitions de suivre le bataillon », me dit le commandant.

Je pars rapidement, environ cent mètres à faire : après quelques instants, dans le parc formé dans le champ voisin je trouve le sergent de l’échelon à qui je communique l’ordre. « Où est le bataillon ? » me demande le sergent, je lui indique l’endroit, et lui dit de me suivre.

A la corne du bois se trouvent Aubry et la fanfare, je serre la main à Aubry et à quelques musiciens en leur souhaitant bonne chance et je retourne vers l’endroit où j’ai laissé le bataillon ; mais arrivé à la forge… plus de bataillon. Je croise le colonel Lamolle, mais je ne lui demande rien ; poursuivant mon chemin vers Tintigny, je pensais qu’il n’avait pu se déployer que vers la droite.

Je rencontre également le cycliste du colonel qui ne peut me renseigner, je continue d’avancer encore un peu, je sens le vide devant moi ; seuls les balles et obus continuent d’arriver de cette direction. Je fais donc demi-tour, et voyant vers Breuvannes des lignes de tirailleurs, je me porte de ce côté évitant les fusants qui viennent de Termes par des écarts de vingt mètres à droite et à gauche. Un petit ruisseau se présente, puis j’entre dans Breuvannes, je m’arrête pour souffler le long d’une maison où je suis à l’abri des obus venant de l’est. Retrouvé là Besseau du 3° bataillon avec qui j’ai fait mes classes, Lèbre, un copain de Saint-Denis. Je me remets en route et arrive aux abords du Pont de Breuvannes, sans avoir de renseignements sur mon bataillon.

Le pont est sous le feu de l’artillerie allemande. Venant de la direction est, les obus percutants éclatent avec fracas dans le but d’empêcher tout passage : couché dans le fossé droit, à vingt mètre environ, je laisse passer les unités du 3° bataillon, et attend le moment propice pour passer ; je profite d’un court répit entre les salves des batteries pour passer en vitesse ; à peine suis-je à l’entrée de la route d’Orsainfaing que le tir reprend ; pour l’instant me voici à l’abri, je fais de nouveau une petite pause, depuis ce matin que j’ai le sac au dos, je suis rompu, et j’ai tellement soif que je ne sens pas la faim. Remontant, je trouve la 6° compagnie adossée au talus de la route, cette unité est sous le feu intense d ‘une compagnie de mitrailleuses et ne peut riposter.

Je me remets en route et reprend la route de Rossignol où j’espère toujours retrouver mon bataillon. Un peu plus loin, dans le fossé, près du Ponceau de la Civannes, je vois quatre brancardiers, je leur donne l’ordre de monter vers Rossignol où l’on a besoin d’eux.

La route est encombrée par les trains de combat et régimentaires et il faut me faufiler dans cet encombrement. J’arrive près des équipages d’artillerie, et demande si l’on a vu le 1er bataillon, mais personne ne peut me renseigner ; un grand conducteur blond me fait observer les coups heureux des pièces qui tirent sur les lignes de tirailleurs en direction de Termes. Ceux-ci sont cloués sur place et ne peuvent progresser.

Quittant la route je déborde sur la gauche, et ne voyant pas de tirailleurs de ce côté, je regagne de nouveau la route et me dirige dans un pré sur la droite, où j’ai aperçu un caisson de bataillon, espérant y trouver une indication, mais il appartient au 2° R.I.C. Comme il est embourbé et qu’il est impossible de le sortir de là, j’essaie avec l’aide du conducteur, de faire sauter le cadenas, de façon à faire parvenir les munitions à l’avant où l’on doit en avoir besoin, mais n’ayant pas d’outils assez puissant, je dis au conducteur d’aller à l’artillerie pour emprunter une pioche et de faire le nécessaire.

Je continue mon chemin vers Rossignol, quand dans un enclos, je vois un petit groupe entourant un drapeau, ainsi que quelques mitrailleuses ; je m’avance rapidement vers eux, peut-être est-ce le drapeau du 3° R.I.C. ; je reconnais Claveau, mon ancien camarade de tente au Maroc, nous nous serrons la main, heureux de nous revoir.. « Voilà ce qui reste du 1er R.I.C. » me dit-il.

A ce moment un obus venant de la ferme du Chenois éclate sur nous, nous disperse. Par un chemin de terre je continue sur Rossignol et leur groupe se dirige vers la sapinière du château, de laquelle je vois sortir le général Rondony ; voyant un caporal –clairon du 3° R.I.C., il me dit « où allez-vous ? - je cherche le 1er bataillon, mon général. » Il n’a pas l’air très content.

A cet instant un obus arrive du Chenois. « Restez avec –moi » me dit-il. Nous nous couchons le long de la haie ; à la jumelle , il regarde d’où viennent les coups. Autour des pièces, on voit à l’œil nu des hommes s’agiter, et le départ des coups ; il y a quatre mille mètres environ. « Ce sont les prussiens ? me dit-il - Je crois que oui , mon général ».

« Allez dans le bois de sapins, vous y trouverez le commandant Mas, dites -lui de rassembler tous les hommes qu’il pourra, et de venir former une ligne ici. »

Dans la sapinière je retrouve un vieux camarade Leferrand, caporal -clairon au 3° bataillon, qui me mène au commandant. Je lui communique l’ordre du général, puis constatant que mon bataillon n’est pas dans le village, je reste avec le commandant Mas. Nous sortons de la sapinière, une vingtaine, tout ce qu’il a pu rassembler ; le commandant est venu prendre position entre la route et le chemin de terre, nous nous arrêtons dans une dépression, avec trois hommes, je me place sous un petit arbre, puis ayant réfléchi, je vais près du commandant. A peine, suis-je placé qu’un obus éclate à hauteur de l’arbre, tue ou blesse grièvement tous ceux qui sont restés dessous. Nous, qui ne sommes qu’à deux mètres, n’avons pas une égratignure.

Puis le commandant nous fait mettre en ligne, sur le bord de cette dépression, face à Rossignol ; nous voici à genoux, sous les feux venants de toute parts. Avec une ficelle d’un paquet de cartouches, j’attache ensemble ma musette, dans laquelle j’ai une boule entière, et mon bidon plein d’eau, de façon à prolonger la carapace. Il n’y a plus qu’à attendre les ordres ou la mort.

A ma gauche, j’ai un jeune soldat, la tête enfouie dans les mains, il attend le coup de grâce, sans même essayer, malgré mes conseils, de se creuser un trou avec sa pelle-bêche. Les pièces qui tirent du Chenois nous envoient des obus qui, rasant la crête, passent entre nous. Le caporal Barbin, qui est à ma droite, me dit avec son accent bordelais « fais chaud, hein !-j’te crois que je réponds, mais tout à l’heure, il y en a un qui va nous torcher d’une drôle de manière. »

Je ne sais depuis combien de temps nous sommes là, quand tout à coup, un obus venant de l’arrière éclate juste au-dessus de nous, je reçois un shrapnel en plein crâne, j’accuse le coup par un : « touché », le sang m’inonde la figure, je sens son goût fade dans la bouche ; je demande à Barbin si je suis bien touché, « un petit trou » me dit-il . Attendons encore , mais pas pour longtemps. Sans doute la pièce a -t-elle rectifié, cette fois l’obus arrive, éclate à faible hauteur, un nouveau choc sur le crâne et sur le bras , le coup est si fort que j’embrasse la terre et sent son goût âcre et humide. « Je suis foutu. » dis-je à Barbin pendant que je sens mes yeux tourner, et qu’avec rapidité, je revois toute ma vie, toute ma famille me passer devant les yeux.

Je me raidis et fais des efforts pour ne pas me laisser aller… Ce ne sera pas pour cette fois, l’éblouissement cesse et je reprends mes esprits. Me voici hors de combat, ma présence n’a plus d’utilité. Je me glisse un peu en arrière, et descend dans le pré pour me faire panser ; il y a là des caissons vides. Je me mets dessous et demande à un jeune soldat de me faire mon pansement, mais il tremble tellement qu’il ne peut y arriver et je suis obligé de défaire mon paquet moi-même. Je veille à ce qu’il ne mette pas les mains sur la compresse, presque seul je réussis à faire un pansement qui tienne, il est vrai que le sang qui coule abondamment cimente le tout.

Je quitte mon sac, après avoir pris mon livret et quelques objets personnels, je reste un moment à l’abri des éclatements, mais non des balles sous ce caisson, puis voyant que le combat se rapproche, je pense qu’il faudrait essayer de sortir de ce cercle, je repars vers Breuvannes.

 

Quel massacre ! La route est encombrée : caissons, chevaux morts ou blessés, hommes, les arbres abattus forment un enchevêtrement ; sur tout cela à chaque instant d’autres arbres ou branches s’abattent ; dans le fossé je revois mon conducteur d’artillerie mort, une écume rose à la bouche. Une ambulance est remplie de blessés, hurlants, geignants, achevés par tous les projectiles qui pleuvent de tous côtés ; assis, adossé à la roue, le médecin- major, une tache rouge à la poitrine, semble attendre la mort.

Je m’arrête un instant derrière une pièce que le lieutenant pointe lui-même sur des lignes d’infanterie que l’on voit à courte distance. « Ne restez pas là, me dit-il, vous allez vous faire casser une jambe. » En effet, les culots m’arrivent aux pieds, je suis comme fou, à chaque coup de canon, c’est comme si l’on m’arrachait la tête. Un jeune artilleur, à genou près de sa pièce, tire au mousqueton sur les tirailleurs qui arrivent maintenant sur nous. « Allons, les gars, les dernières cartouches ! » dit-il.

Venant de Rossignol, un groupe d’une centaine d’hommes, à leur tête un sergent -fourrier ; « on va y aller à la baïonnette ! « dit-il. Ils se jettent sur la gauche, en direction de Breuvannes, la pièce tire son dernier obus. Je me dirige alors vers un petit bosquet, face aux Allemands et me laisse tomber d’un seul coup, face en avant ; la première ligne arrive sur moi, s’arrête…

Je serre les dents attendant le coup qui doit me finir, mais ils repartent ; c’est le tour d’une deuxième ligne, même temps d’arrêt sur moi, je fais celui qui râle, les voilà qui partent à leur tour. Encore quelques coups de feu, des cris, je les entends hurler : « Hourra ! », puis un silence, ils doivent être en train d’examiner les pièces et désarmer les prisonniers. Cependant l’un d’eux doit être étonné de ne pas avoir vu de pantalons rouges, j’entends l’un dire « kolonial ! ».

Cependant il me tardait que la nuit arrive, pour essayer de m’éloigner de la route, je craignais toujours que pour une chose ou une autre, ils viennent près de moi ; il y avait aussi un cheval blessé, non loin de là. Enfin voici le crépuscule, j’enlève sans bruit mon équipement, mon bidon, je sors de ma musette mon couvert, quart et assiette, et rampant, je m’éloigne lentement, m’arrêtant de temps en temps pour écouter si personne ne me voit, ni m’entends ; heureusement les moissons sont encore sur pied, je peux sans être vu de la route m’éloigner ; d’ailleurs des coups de feu isolés me donnent à penser qu’il ne doit pas faire bon rester là.

Je me rabats légèrement sur la droite, mais en direction de Breuvannes qui brûle, j’aperçois une sentinelle, ce qui m’oblige à me dissimuler. Des chants s’élèvent de cet endroit, ce sont les Allemands qui célèbrent leurs exploits ; je suis à ce moment près de la route d’Orsainfaing bordée d’une haie, je m’y fraye un passage avec mon couteau, ce qui me demande un bon moment, tout cela avec un œil sur ce factionnaire ; je travaille de la main gauche, car je ne peux me servir de la droite ; passé de l’autre côté je longe un instant le fossé, mais un hennissement me cloue sur place, je pense de suite à une vedette, à ce moment ma main se place sur une baïonnette, j’écoute prêt à la défense, mais à un second hennissement je reconnais un cheval blessé.

Quelques instants de réflexion, puis pensant que Breuvannes est occupée, j’escalade le talus opposé, mais là il fait clair comme en plein jour, et d’ailleurs le pont doit être gardé ; je retourne sur ma gauche légèrement en arrière mais au bout d’un instant de marche le « Halt werda » d’une sentinelle suivi d’un coup de feu , me fait stopper de nouveau. Pensant qu’il existe un cordon de sentinelles autour du champ de bataille, je rentre dans un champ de blé en arrière et à gauche et décide d’attendre le jour, d’ailleurs je suis à bout de force.

 

 

Le 23 août

 

Au petit jour, j’entends les clairons allemands, ce doit être le rassemblement, bientôt j’entends le roulement de l’artillerie et le bruit d’autres armes. Mettant à profit un instant de calme, et dans la crainte d’être pris, je déchire mon carnet de route et tout ce qui pourrait servir à renseigner l’ennemi. Maintenant le silence règne, je rampe jusqu’à la lisière du champ, une route le longe, route d’Orsainfaing sans doute, de l’autre côté un bois, assez grand, un coup d’œil à droite et à gauche, puis je traverse rapidement et entre sous bois obliquant vers la droite, mais je ne vais pas loin, je me sens sans forces, la tête vide, je choisis un buisson de noisetier touffu, et entre au centre, avec mon couteau je coupe d’autres branches que je pique en terre pour me mieux masquer, ensuite je tire mon mouchoir d’ordonnance et le noue aux quatre coins, il me servira de coiffure pour cacher mon pansement. Bonne inspiration , car à peine terminé, j’entends des bruits de pas et quelques hommes s’arrêtent au pied du buisson où je suis caché, je ne comprends pas ce qu’ils disent, mais certainement qu’ils m’ont aperçu et sont tout étonné de ma disparition. Pas un ne pense à fouiller à leurs pieds, les voilà qui s’éloignent, je reste un moment à attendre puis n’entendant et ne voyant plus rien, je reprends ma marche, me voici à la lisière du bois.

Devant mes yeux et un peu à droite, un clocher : Breuvannes, peut-être ; dans les champs et prés , à ma droite des hommes jeunes coiffés de casquettes à galons d’or, sans doute des étudiants en médecine , ramassent les blessés, ce n’est pas le moment de me montrer. Je reste caché à la lisière, bientôt j’entends des coups de feu, et des balles perdues arrivent jusqu’à moi, j’ai l’espoir un moment que la bataille recommence et que je sois délivré ; mais cela dure peu et me voici de nouveau seul.

Je me sens de plus en plus faible, je n’ai mangé qu’un mince morceau de pain depuis le 22 au matin, je me tâte le pouls et ne me sens pas de fièvre ; que la journée me semble longue ! Je n’ose aller plus loin.

il y a une suite si vous vouliez connaitre la fin....

 

et aussi:

http://1rima.fr/amicale/recits_rossignol.html

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un autre Témoignage

 

c'est assez lyrique mais c'est aussi l'époque...

 

 

"Récit du combat de Rossignol" par le commandant Laurens (capitaine à l'E.M. de la 3° DIC le 22 août 1914), paru le 9 septembre 1921 dans le quotidien d'Arlon : l'Avenir du Luxembourg.

 

 

Le 22 août, dans l’église meurtrie , M . le curé Hubert célébra un service funèbre pour les 2 000 Français tombés au combat de Rossignol. Cette année le cortège se dirigea vers le cimetière Est où eut lieu la bénédiction des tombes. C’est le plus petit des cimetières de la commune, mais tous les régiments et les escadrons qui ont participé à l’action y ont des leurs qui reposent, là, pour glorifier tous ces héros connus et inconnus, le commandant Laurans de l’infanterie coloniale, breveté d’état –major, prononça un discours pathétique que nous aimons de publier in extenso :

Pour la première fois , après sept années écoulées, je me retrouve à Rossignol, ce village aussi cher à mon cœur qu’il l’est au vôtre. En y arrivant avant-hier au soir, j’ai éprouvé un instant l’impression de l’homme qui, brusquement ramené en un lieu où il vécut jadis, quelques unes des heures les plus tragiques de son existence, se demande si les événements qui s’y déroulèrent ne furent pas un rêve.

Mais la réalité n’a pas tardé à s’imposer. Et tandis que je parcourais vos rues, où à chaque pas, se lisent comme en un livre écrit de la main de la justice, la sauvagerie et le crime du Boche, les souvenirs assaillaient ma mémoire et se précisaient par mille détails. Je me remémorais jusqu’aux pensées qui s’agitaient en moi , le 22 août 1914, à 8 heures du matin , alors que venant de Breuvanne, je traversais le village.

Ces pensées sont revenues à mon esprit , comme si elles avaient été enregistrées et fixées à jamais par un mystérieux mécanisme. Je me rappelle encore mes préoccupations, en apercevant la vaste forêt que nous allions traverser ; le regard respectueux que j’ai donné au Christ du Calvaire dont les bras miséricordieux s’étendent aujourd’hui au-dessus de vos martyrs ; le merci adressé au grand drapeau de la Croix de Genève qui flottait sur le porche du château.

Je me rappelle le verre d’eau, si gentiment offert, par l’une de vous peut-être, Mesdames, devant le seuil d’une maison dont je pourrais vous fixer l’emplacement ; mon étonnement d’apercevoir, massés à l’abri de l’église le 3° régiment de chasseurs d’Afrique que je croyais lancé fort loin en avant ; l’encombrement provoqué près de la fontaine située au bas du village par deux charrettes réquisitionnées la veille à Meix-devant- Virton et dans lesquelles s’entassaient : casques, lances, armes diverses et harnachements enlevés aux patrouilles de cavalerie ennemie que nos dragons avaient refoulées devant eux.

J’ai reconnu jusqu’à la lucarne d’un grenier où vers 9 heures du matin, le général Rondony, la lorgnette en main, essayait de discerner ce qui se passait dans la forêt…

Une lourde matinée d’été, de blancs flocons de brouillard accrochés aux arbres des forêts, un soleil ardent qui annonce une journée brûlante, et la longue colonne que forme la 3° division coloniale, partie en même temps de Saint-Vincent et de Gérouville, se déroule sur la route de Neufchâteau.

La journée de la veille a été dure ; on a marché pendant près de 20 heures presque sans arrêt ; la nuit s’est passée aux avants- postes. Malgré cela, nulle trace de fatigue. On avance allégrement. Sur tous les visages se lit l’ardeur, je dirai même l’impatience d’aborder l’ennemi.

Pourtant on n’escompte guère le rencontrer aujourd’hui. Les ordres reçus ainsi que les renseignements nous affirment que jusqu’à la ligne de la Lesse, c’est à dire jusque vers Libramont, les Allemands ne sont pas en force. Tout au plus se heurtera- t-on à de faibles parties de cavalerie se repliant sans cesse devant nous.

A 6 h 30, la tête de colonne franchit la Semoy au pont de Breuvanne. A 7 h., elle traverse Rossignol sous les regards inquiets des habitants qui s’empressent de nous prévenir de la présence de masses importantes dans le voisinage immédiat. Il faut l’avouer, nous restons sceptiques tant les affirmations du Haut Commandement sont catégoriques.

Et puis, est-il temps encore de vérifier ce que l’on nous dit ? Une demi-heure plus tard, la lutte s’engage, inattendue, brutale, à 1500 mètres à l’intérieur de la forêt.

Le drame de Rossignol commence, drame en deux actes : l’acte de la forêt, l’acte de Rossignol.

Depuis le départ de Saint-Vincent, nos dragons refoulaient continuellement devant eux des groupes de cavaliers ennemis dont le gros de l’escadron occupait Rossignol. Cet escadron bat rapidement en retraite, poursuivi par les nôtres , qui s’engouffrent derrière lui dans la forêt. Tout à coup la fusillade éclate.

Nos dragons mettent pied à terre et ripostent avec leurs carabines. Peu après ils sont rejoints par toute l’infanterie de l’avant- garde. Dès ce moment, le combat prend un caractère de violence inouï. De 7 h30 à midi, les trois bataillons du 1er régiment et deux bataillons du 2° régiment, ces derniers , accourus en renfort vers 9 h, tiennent tête désespérément à des forces plus de deux fois supérieures.

Les trois chefs de bataillon et un grand nombre d'officiers sont tombés dès le début. Nos hommes fauchés par des mitrailleuses, habilement dissimulées dans les fourrés, ne se contentent pas de résister sur place. Mieux que cela, ils veulent saisir à tout prix à la gorge l’adversaire invisible qui les massacre.

Ce sont d’héroïques et folles charges à la baïonnette, renouvelées sans cesse et arrêtées chaque fois par un feu effroyable qui fait dans leurs rangs d’effroyables vides ; cependant nul indice de découragement, pas le moindre indice de défaillance. Le spectacle de cette hécatombe ne produit sur les survivants d’autre impression que l’ardent désir de venger leurs camarades.

Mais, tandis que les heures s’écoulent, la tâche devient surhumaine. Quelle que soit la bravoure dépensée, le moment vient où les débris de ces cinq bataillons, réduits à des paquets d’hommes, sans chefs, sont contraints de se replier sur le village. Leur retraite s’exécute lentement, très lentement.

Ils ont donné à l’ennemi un tel sentiment de leur force et de leur ténacité que ce dernier ne les suit qu’avec d’infinies précautions et qu’il ne se décide à déboucher de la lisière que vers trois heures de l’après-midi. Encore mettra-t-il près de quatre heures pour franchir les 7 ou 800 mètres qui séparent la forêt du village.

Il est 11heures lorsque le général Raffenel, commandant la division, transporte au sud du village, non loin du château, son poste de commandement installé jusqu’alors au sommet de la carrière . Il a donné l’ordre d’organiser Rossignol défensivement, résolu à résister autour de ce point d’appui jusqu’à l’arrivée de ses deux autres régiments dont il ne parvient pas à s’expliquer l’absence.

De plus, il rend compte au commandant du corps d’armée de sa situation critique, lui demande si possible des renforts, et espère que la 2° division partie , le matin de la région de Chauvency, ne tardera pas à son tour à entrer en ligne. Nul doute que son intervention ne change la face des choses.

Hélas ! tous ces calculs devaient rester vains. Aucun secours ne vient et à mesure que passent les heures, apparaît de plus en plus aux combattants de Rossignol la certitude de leur holocauste. Mais puisqu’ils doivent mourir ; du moins mourront-ils en beauté, faisant payer très cher à l’ennemi son succès. Que se passe-t-il alors dans l’âme du chef, demeuré impassible sous les rafales de mitraille qui déferlent autour de lui ?

Il ne peut que constater l’impuissance de son artillerie à éteindre le feu des batteries de gros calibre dont les obus s’abattent de tous les côtés ; il assiste à l’écrasement du peu d’infanterie qui lui reste ; il n’aperçoit aucune manifestation d’une aide quelconque ; il voit au contraire le cercle de fer et de feu qui se dessine et se rétrécit insensiblement autour de ses vaillantes troupes.

Qui dira les angoisses qui l’étreignent à ce moment ? Il tint à honneur de ne point les communiquer à son entourage, voulant supporter seul, les responsabilités de son commandement et les conséquences d'une situation qu'il n'avait cependant pas créée. Mais j’ai le souvenir d’avoir vu une larme couler de ses yeux et se perdre dans sa moustache.

Un peu plus tard, lorsqu’il sentit la bataille irrémédiablement perdue, vous savez , que groupant autour de lui une poignée d’hommes, il tenta de s’ouvrir un passage au travers des lignes adverses… Le lendemain, non loin de la Semois, on retrouva son corps autour duquel étaient couchés, pareils à une garde d’honneur, les corps d’une douzaine d’hommes. Le chef n’ayant pu , comme il se l’était juré, conduire ses soldats à la victoire, avait tenu à mourir au milieu d’eux.

Général Raffenel ! Mon général ! Laissez l’un de ceux que vous avez bien voulu honorer de votre confiance, s’incliner respectueusement devant votre mémoire et permettez- lui d’évoquer, en présence de tous les braves qui reposent dans ces tombes, votre noble et admirable sacrifice.

Mais déjà le second acte du drame bat son plein.

Deux grands foyers de résistance se sont constitués. Le premier dirigé par le général Rondony et comprenant le bataillon du commandant Rey, du 2° régiment et les isolés revenus de la forêt, tient le village et ses abords depuis le chemin de Termes jusqu’à quelques cent mètres du point où nous nous trouvons.

De cette longue ligne, partent des feux nourris dirigés sur les forêts de Chimy, de Rossignol et les débouchés du village d’Orsainfaing. L’autre centre de résistance au milieu duquel se trouve le général Montignaut est formé des compagnies du bataillon Mart, du 3° régiment disséminées autour des petits bois qui sont au sud du village.

Entre les deux centres de résistance, notre artillerie- 9 batteries- s’aligne le long de la route. Le matin, alors qu’elle se présentait devant le pont de Breuvanne, elle y a été accueillie par des rafales d’obus qui lui rendirent très difficile le franchissement de la rivière. La force des choses l’oblige à prendre position sur la route même entre Breuvanne et Rossignol.

Impossible de trouver d’emplacements meilleurs. Aussi pendant toute la durée du combat les pièces sont –elles réduites à pivoter sur place, afin de répondre aux coups qui leur arrivent de tous les côtés à la fois. La situation est désavantageuse, certes. Qu’importe. Nos canons aboient furieusement ; ils fournissent un feu enragé, clouant sur place toute fraction ennemie qui tente de marcher sur le village par l’Est, par l’Ouest ou par le Sud.

Voici maintenant l’artillerie lourde allemande qui entre en action. Qu’importe encore ! Les gros projectiles que précède leur sinistre ronflement, broient impitoyablement le personnel, le matériel, les arbres de la route. Des caissons explosent… Des attelages sont abattus… Qu’importe ! Nos artilleurs continuent leur dure besogne. Pourquoi ne soutiendraient –ils pas jusqu’à leur ultime souffle leurs camarades fantassins qui eux ne veulent pas se résoudre à abandonner la partie ?

Seulement, le soir, quand le denier obus du dernier caisson aura été tiré, quand tous les canons auront été mis hors d’usage, 600 canonniers, servants et conducteurs étendus à côté de leurs pièces, non loin d’un amoncellement de cadavres de chevaux, attesteront les prodiges de dévouement et d’héroïsme accomplis par le 2° régiment d’artillerie coloniale…

Quant aux deux groupements encadrant l’artillerie, c’est chez eux, la volonté bien affirmée de ne pas concéder un pouce de terrain confié à leur garde. L’ennemi déverse des projectiles de gros calibre par centaines, des maisons flambent, le clocher de l’église atteint par un obus s’incline, près de s’écrouler, l’ambulance qui fonctionne dans le château est menacée de destruction.

Les lignes de tirailleurs s’éclaircissent, mais la poignée de braves s’obstine à prolonger une farouche agonie. La seule crainte qui les tenaille , c’est de manquer de munitions. « Des cartouches, apportez des cartouches ! » est le cri qui se perçoit au milieu du fracas des explosions. Et l’on voit des blessés se traîner auprès des combattants afin de leur apporter ce qui reste dans leur propre cartouchière et dans celle des hommes tombés près d’eux.

Au surplus, les drapeaux dont la soie n’est tissée que de gloire, passent de mains en mains avant d’être mis en lieux sûrs. Le vainqueur ne les souillera jamais.

Deux fois les Allemands tentent l’assaut. Deux fois, ils sont cloués sur place. On entend leurs clairons qui, imitant notre sonnerie, invitent les défenseurs de Rossignol à cesser le feu. Cette grossière supercherie ne trompe personne.

Cependant, vers 6 h 30, les coups de fusil s’espacent , toute résistance est devenue impossible, le front de défense est jalonné par une ligne ininterrompue de morts et de blessés. Le bois du château a pris l’aspect d’un véritable charnier : un filet de sang coule lentement au fond du fossé du chemin de Marbehan. Et , le soleil qui descend à l’horizon se cache peu à peu derrière un épais nuage de fumée d’où pointent les lueurs rougeâtres des incendies.

Après douze heures d’une lutte terrible, la 3° division coloniale a consommé son sacrifice.

Voilà ce que vous avez fait, grands soldats !

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aujourd'hui, de très très nombreux clochers ont sonné le tocsin à travers les campagnes de France

 

il y a 100 ans, il annonçait les prémices à la mobilisation

 

nombreux furent les agriculteurs (77% des français) à rejoindre les centre villes avec fourches, pelles, sceau etc...

pour éteindre un feu!

 

ils tombèrent de haut, le feu qui devait démarrer quelques jours plus tard ne s'éteindra que quelques années plus tard...

 

nombreux ceux qui ne retrouveront pas leurs fourches

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Invité guest527

Il y'a 70ans, Antoine de Saint Exupéry disparaissait ;)

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Il y'a 70 ans, Antoine de Saint Exupéry disparaissait ;)

 

 

je connais une personne, qui est toujours vivante, qui là bien connu ainsi que Mermoz, il en a fait pas d'éloge :jap:

 

je vais vous mettre un autre témoignage, j'ai manqué de temps pour faire le sujet suivant lié au dernier, le taff me prend énormément de temps, désolé

 

Témoignage:

 

 

Edouard HUGNET est né le 12 novembre 1893 à Goin, au sud de Metz ( Reischland).

L'année où je suis né était une année de rien, mais, d'après mon père, c'était la meilleure

année qu'il ait connu pour le vin, qui fut excellent. A 8 ans, j'ai eu la douleur de perdre ma

pauvre mère.

Ma scolarité en souffrit beaucoup, car mon père avait souvent besoin de moi

pour l'aider à la ferme. Je devais rattraper les lendemains le retard de mes cours. Les cours

étaient en Français, mais nous avions quand même des leçons d'Allemand.

Du reste, au village, tout le monde parlait Français. Pendant la moisson, les gens des villages des côtes

(Marieulles, Vezon, Arry) venaient nous aider. Ils vivaient sur des terres qui ne donnaient

rien, et venaient ainsi travailler dans le village.

Ils étaient payés à la surface qu'ils fauchaient. A l'époque, il n'y avait pas de machines, et l'on fauchait tout à la main.

On partageait les terres et chacun avait une vingtaine d'ares à faucher. C'était de pauvres gens.

Au printemps, on les voyait dans le village avec de grands sacs remplis de cerises qu'ils

venaient nous vendre.

Nous, les enfants, nous les suivions et courions derrières eux pour

avoir quelques cerises. Il y avait des juifs qui passaient dans le village pour acheter les

peaux de lapins.

J'ai été volontaire pour devancer l'appel et faire mon service militaire à Metz, au 33e

Régiment d'artillerie, d'où je suis revenu en juillet 1914, pour aller travailler aux usines à

Rombas. On travaillait sur les trains qui allaient jusqu'à la frontière française près de

Joeuf.

Nous allions vers le poste frontière pour discuter avec les soldats français. On s'en

retournait alors, on passait la douane allemande à Rombas. Un jour, en revenant à l'atelier,

je reçus mon ordre de départ. Nous n'étions au courant de rien, et ne savions pas que la

guerre était imminente.

Je me suis rendu à Metz, j'ai retrouvé mes copains de régiment, avec lesquels nous sommes allés boire un coup.

Après plusieurs chopines, nous sommes partis rejoindre la caserne. Nous avons retrouvés nos compagnies respectives et avons

reçu notre uniforme, et sommes partis.

On ne savait pas ce qu'était la guerre, et on ne se rendait pas bien compte de ce qui se

passait. Nous partions un peu à l'aventure. Mais, en approchant du front, nous avons vu

les premiers tués, du côté d'Aumetz, Audun-le-Roman, puis nous avons rejoint la bataille,

où cela faisait et explosait de partout. Voyant cette terrible réalité, des camarades blessés

ou tués, beaucoup perdirent pied et voulaient fuir.

Les Allemands, voyant le comportement des Lorrains, n'eurent plus beaucoup confiance

en eux, et eurent peur que ceux-ci ne s'échappent. J'ai d'ailleurs connu des Lorrains qui ont

déserté et ont été faits prisonniers, mais le sort n'était pas toujours enviable. Un d'eux, par

exemple, s'est retrouvé dans plusieurs camps, dans le sud de la France, vers Lourdes. Les

Français les forçaient à s'engager.

Quand les prisonniers Lorrains allaient en ville, ils se faisaient facilement insulter ou maltraiter par les Français. Ainsi,

voyant la débandade des Lorrains, les Allemands nous ont retiré du front Français et nous ont dirigés vers la

Pologne et la Russie.

Le patron du café de Coin sur Seille, ainsi qu'un de ses camarades de Rombas, qui était

marchand de chaussures ont eu comme idée de se faire des piqûres avec du pétrole dans

les jambes, pour ne pas partir au front et être réformés, ça n'était pas une très bonnes idée,

car après la guerre, ils ne pouvaient plus marcher et sont morts relativement vite de ce

handicap.

Nous avons donc rejoint la Russie, en passant par la Pologne (Augustovo - Warchau -

Grodno). Notre gros problème était d'avoir assez à manger, dans ces pays si froids durant

l'hiver. On réquisitionnait de la nourriture dans les fermes (lard, œufs, poulets etc.). Mais

les habitants ne voulaient pas s'en dessaisir sans avoir en échange un document officiel de

l'administration Allemande.

Nous faisions de faux certificats, que l'on tamponnait pour rendre officiels.

Mais comme nous n'avions pas de tampons, nous utilisions des pièces de

deux Mark que l'on encrait et que l'on appliquait sur le certificat. Mais, quand ces

personnes se présentaient aux autorités pour se faire rembourser sur la foi de ce certificat,

elles étaient refoulées.

A Varsovie, les gens allaient au marché avec des charrettes à double fond, où était

dissimulé le lard. Nous connaissions ce subterfuge, et nous arrêtions de temps à autre les

passants pour leur confisquer de ce lard transporté frauduleusement. En patrouille, et sous

la menace de nos armes, nous nous faisions remettre ce lard. Mais il fallait choisir notre

proie, et ne pas s'attaquer aux premiers venus, sous peine de déclencher une émeute.

Nous faisions également du commerce avec les Juifs. Par exemple, on remplissait de café

les petites bouteilles de grès qui normalement contiennent de l'eau-de-vie, et leur vendions

comme telles, en les ayant bouchées et cachetées. Ces Juifs nous les achetaient, pour les

revendre aussitôt, car ils revenaient dès le lendemain pour nous en demander d'autres.

Dans les bois d'Augustovo, les mêmes filles venaient nous retrouver à l'abri des

frondaisons. Mais il ne fallait pas se faire prendre, par une patrouille, dans les bras d'une

fille.

Il y avait également des maisons de complaisance de l'armée, où l'on pouvait aller plus

librement. Mais, il ne fallait surtout pas s'y trouver la nuit, sous peine de démêlés avec nos

supérieurs.

Nous avons également souffert du froid. Je me souviens particulièrement du 15 février

1915. Ce soir-là, nous avions très froid. Nous cherchions à cantonner dans les habitations

du secteur où nous nous trouvions, des maisons des bois à toits de paille. Nous en avons

trouvé une dans laquelle logeaient des bêtes, que nous avons mises dehors. Mais après, il

nous a fallu nous battre avec de l'infanterie qui voulait nous prendre notre gîte.

J'ai également vu en Russie, des combats aériens mêlant une vingtaine d'avions. Certains

dont l'appareil était en feu, n'hésitaient pas à se jeter sur leurs adversaires. J'avais vu à

Frescaty le Zeppelin lors de son arrivée en 1909. Mais, à cette époque, nous n'avions pu

l'approcher. Pendant la guerre, lorsque je me trouvais à Berlin, des aviateurs que nous

côtoyions, nous racontaient leurs duels aériens. Certains nous proposèrent de faire une

promenade en avion. J'ai pu ainsi faire mon baptême de l'air et survoler la ville.

A la fin de la guerre, j'étais à l'hôpital en Allemagne. J'ai rejoint Metz, que je n'ai pu

atteindre car l’accès ne m’en était pas autorisé. Je suis donc descendu à Hagondange où

j'avais de la famille. J'ai ensuite repris mon travail à l'usine.

A la fin de la guerre, nous n'avions plus grand'chose. Je portais à l'usine ma tenue

Allemande. A la cantine, un officier Français est venu me trouver, pour me demander si

j'étais content d'être redevenu Français. Je lui ai répondu qu'il ne n'importait guère d'être

Français, Allemand ou Belge, mais que l'essentiel pour moi était d'être libre.

Propos recueillis à Goin par Patrice Lamy le 13 février 1993.

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Invité §pie367dg

aujourd'hui, de très très nombreux clochers ont sonné le tocsin à travers les campagnes de France

 

il y a 100 ans, il annonçait les prémices à la mobilisation

 

nombreux furent les agriculteurs (77% des français) à rejoindre les centre villes avec fourches, pelles, sceau etc...

pour éteindre un feu!

 

ils tombèrent de haut, le feu qui devait démarrer quelques jours plus tard ne s'éteindra que quelques années plus tard...

 

nombreux ceux qui ne retrouveront pas leurs fourches

 

 

La commune où je réside n'a pas sonné le tocsin, d'aprés ce que je sais du nouveau maire :(:pfff::ange:

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REPORTAGE: Bataille des Frontières

 

Bataille de Belgique: bataille de Bellefontaine

 

 

22 août 1914.png

 

 

 

 

Le village de bellefontaine, pour les français, c’est une sorte de tête de pont, il avait pour mission de tenir la commune dès 21 août au soir pour s’engager dès le lendemain à prendre Léglise et de se porter sur le pont sur la semois à Trintigny

 

 

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La marche se fait sur une seule route, une division après l’autre, c’est la quatrième décision du corps coloniale qui est en tête, les embouteillages seront extrêmement nombreux toutes la journée sous la canicule puis, viendra cette orage violent, une pluie démentielle.

 

 

5.jpg

 

Les généraux français feront stoppés là où elles se trouvent, les troupes. (les troupes venaient de marcher trois jours de suite sans véritables arrêt adéquate)

Cet ordre aura une incidence incalculable pour la suite de la bataille à venir, les batailles!

 

 

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Les troupes reprendront la marche dès 6h du matin (En théorie, le corps tout entier était censé être sur le mouvement des 0500 heures,

mais seulement le 120e RI était en fait capable de le faire.)

 

La marche à travers la forêt par une route étroite le bataillon de tête atteint La Hage par 0630 heures où ils ont été mis en garde par les chasseurs qu'il y avait un contingent d'environ 1500 Allemands dans la région de Tintigny.

 

que les prisonniers avaient révélé trois autres régiments à Ste Marie à l'est et que le Colonial Corps français avait déjà atteint Saint-Vincent (environ 2 kilomètres au nord-ouest de Bellefontaine).

 

 

Après avoir atteint Bellefontaine le 120e RI prépare leurs positions et attendit sur le reste de la colonne pour atteindre La Hage - à 0830 heures.

Peu de temps après, le général Rabier, commandant de la 4è DI, est arrivé à Bellefontaine et mis son plan à couvrir l'avance du corps principal des troupes.

 

 

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Lt colonel Mangin commandant le 120e RI a ordonné que le 1er bataillon serait initialement rester à Bellefontaine en réserve, tandis que les deux autres bataillons ont commencé l'avance.

 

Il convient de rappeler que les Français croyaient qu'ils avaient une certaine distance encore à marcher avant de rencontrer l'ennemi dans une grand nombre. Ils croyaient aussi que lorsque le contact a été faite qu'ils prendraient les Allemands dans le flanc.

 

Vers 9h30, le 2ème bataillon prend la route de Tintigny. Mais presque aussitôt, il est accueilli par des tirs d'artillerie provenant de ce village.

L'ennemi, le 21JR, le 10GR et le 38 FR y sont bien fortifiés.

 

Les fantassins français, pourtant prêts à livrer bataille, sont bloqués.

 

Le génie français se déploie à fortifier le village de Bellefontaine.

 

Les Allemands en profitent pour donner l'assaut. Ils viennent du parc du château de Villemont et des bois de Tintigny.

Le choc est rude.

 

 

8.jpg9.jpg

 

Vers 10h30, (le brouillard est levé) l'artillerie française intervient enfin, mettant un frein à l'attaque allemande. Tous les capitaines du 2ème bataillon placé en fer de lance sont morts et de nombreux soldats ont succombé. Les autres bataillons ont aussi subit des pertes.

 

Mais voila qu'entrent dans la bataille, les fantassins du 18ème bataillon de chasseurs à pied. Ils vont protéger le flanc droit du 120èRI. Ils sont suivis par une compagnie du 9è bataillon de chasseurs.

 

A midi, allemand tirs d'artillerie lourde avait empêché les Français de toute action offensive et a été pulvériser leurs positions défensives au sein du village.

 

Le 120è se lance en avant, appuyé par ces renforts. Mais les fantassins du 38è Régiment de Fusilliers, bien retranchés les tiennent en respect. Les pertes françaises sont énormes. On demande du renfort.…

 

 

10.jpg

 

Le renfort viendra d'un bataillon du 147RI.

 

Mais vers 13h, l'ennemi, débouchant du Bois de Tintigny, par le Ravin du Plane, lance une attaque violente.

Les réserves du 120éRI sont engagées. On se bat au corps-à-corps, la baïonnette au canon. Les Français sont vainqueurs.

 

Le I/120è RI avait perdu deux de ses commandants de compagnie et Capitaine de Séré de la 1ère Compagnie, qui avait été blessé au début de la bataille, a été aidé dans ses déplacements de positions à l'arrière d'une bicyclette

 

vers 14h, l'ennemi attaque la lisière nord de Bellefontaine. Le 2è bataillon déjà fort éprouvé, cède. On se rue dans le village barricadé. L'ennemi en nombre, s'empare des premières défenses.

 

 

11.jpg

 

Les Français se rassemblent et au son du clairon, chargent baïonnette au canon...les barricades sont reprises. (Lt colonel Mangin a rallié tous les éléments épars de soldats et d'avoir fixé les baïonnettes et sonnait la charge qu'ils se ruèrent sur les Allemands les repousser au-delà des barricades. En revanche, l'artillerie allemande a repris ses bombardements de Bellefontaine.)

 

Les chasseurs se battent avec rage. Ils refoulent les Allemands vers le Ravin du Plane, de même dans les bois de Tintigny, ils se battent à la baïonnette.

 

Mais vers 15h, une puissante attaque de l'infanterie allemande perce Bellefontaine; les barricades cèdent!

 

Les Français font feu de tout bois. Les restes des 120è et 147è RI, les chasseurs des 9è et 18è bataillons sont rassemblés. L'attaque est lancée contre l'ennemi, et ils reprennent petit à petit maison par maison, jardin après jardin au prix d'une lutte farouche qui leur coûte de nombreuses pertes.

 

 

12.jpg

 

L'ennemi recule!

Les Français restent maîtres de Bellefontaine et des ses environs immédiats. Il est 17h.

 

Les Français sont victorieux. Ils sont prêt malgré la fatigue, à reprendre le combat.

 

Mais leurs flancs droit et gauche ont cédés sur Rossignol et Virton. Ils doivent donc retraiter, mais par leur bravoure, ils permettent aux autres régiments d'autres combats d'emprunter ce couloir protégé.

 

 

Fantassin.jpg

 

les français n'atteindront pas l'objectif du jour: Léglise, situé 20 km au nord

 

si les ordres avaient été respectés, les français auraient débouchés sur l'état major allemand, sans protection, sur les flancs des deux divisions du Konprinz!

alors deux autres divisions étaient enfoncés dans Virton et Ethé

 

que les français soit bloqués à bellefontaine fut une bénédiction pour les allemands

 

Ces combats ont coûté aux Français, quelques 1120 fantassins et officiers, dont 901 rien que pour le 120RI!

 

Les Allemands auraient perdu pour St-Vincent et Bellefontaine, quelques 110 officiers et 3000 fantassins.

 

Au cimetière du Radan, reposent 527 Français et 298 Allemands.

 

 

14.jpgsite-bellefontaine-amicale-120èRI.jpg

 

 

après la bataille.jpg

 

la perte totale pour ses deux batailles furent terribles, voir incroyable sur un si petit périmètre

regardez bien, entre tués, blessés, disparus et prisonniers: 13 300 hommes

 

pour les allemands, cela vaut guère mieux ce sont des chiffres approximatif: 6 500 hommes

 

20.png21.png

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Citation :

Le premier mort de la Grande Guerre

 

Voir l'article en page 12

 

 

 

Suite à ce post, la mairie de Joncherey m'a invité à assister à la cérémonie du centenaire.

100 ans, jour pour jour. Une belle cérémonie avec des invités prestigieux et une reconstitution.

 

Reportage:

http://actu.orange.fr/france/hommage-franco-allemand-aux-premiers-soldats-victimes-de-la-grande-guerre-afp_CNT0000003nl0C.html

 

140802_01_013.jpg

 

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Au retour un arrêt ici, à quelques kilomètres.

 

Chavannes 13 08 14_020.jpg

Un épisode de la bataille des frontières dont parlait dernièrement Zigo.

le lien:

 

http://www.lieux-insolites.fr/cicatrice/14-18/chavannes/chavannes.htm

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super!

 

je trouve que c'est une très bonne initiative de leur part cette invitation et un clignement d’œil envers FA pour notre travail de souvenirs

 

 

il ont reconstitué le combat d'après ce que je vois?

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REPORTAGE: Bataille des Frontières

 

Bataille de Belgique: Bataille de Neufchâteau

 

 

22 août 1914.png

 

 

Bataille de neufchateau

Cette bataille, conséquence de l’ordre d’offensive de Joffre dans les Ardennes, met aux prises la IVe armée française (de Langle de Cary) avec la IVe armée allemande (duc de Wurtemberg).

 

 

13.jpg

 

Le 21 août 1914, 5 corps d’armée et un corps coloniale qui forme la 4è armée ont pris leurs positions pour le lendemain

 

La mission confiée à la IVe armée est nettement offensive. Elle va marcher vers le nord, appuyée en échelon en arrière et à droite par la IIIe armée.

 

Les 4e et 9e D.C. sont regroupées en un corps, chargé de reconnaître au sud de la zone Recogne - Libin - Beauraing. Les directions de Neufchâteau et d’Arlon sont ainsi négligées. Dans le cas d’une bataille, le C.C. se portera à gauche du 11e C.A.

 

Voici la direction d’attaque des C.A. :

 

- 9e C.A. : à la gauche vers Bièvre - Houdremont - Alle - Bohan.

- 11e C.A. : Maissin tout en couvrant son flanc gauche par un détachement dans la région de Bièvre - Graide.

 

- 17e C.A. : Jehonville - Ochamps.

- 12e C.A. : Recogne - Libramont.

- Corps colonial : Neufchâteau.

- 2e C.A. : Léglise.

 

Derrière la Lesse, les Allemands forment flanc-garde pour couvrir le passage des troupes qui passent la Meuse en aval de Namur. Au lieu de se diriger vers le nord, il eût mieux valu que la IVe armée attaque vers le nord-est contre les forces signalées vers Neufchâteau - Virton - Arlon - Luxembourg, c’est-à-dire les plus proches.

 

 

campement_zouaves.jpg

 

Le général Langle préfère se jeter contre un ennemi dont il ne connaît ni l’emplacement ni la force et l’attaquer partout où on le rencontrera.

 

Le 22 août 1914

 

Le temps est couvert, brumeux. En certains endroits, le brouillard est épais.

 

Corps colonial

 

L’ordre pour le 22 août est de marcher en deux colonnes vers Neufchâteau, éclairé par le 3e chasseurs d’Afrique. A gauche, la 5e brigade coloniale part de la ferme d’Orval pour marcher sur Bulles, Suxy, Montplainchamps. Elle sera suivie par la 2e division coloniale qui marchera par Thonne-le-Thil, Herbeuval, la ferme d’Orval et Pin, sans dépasser Jamoigne.

 

 

algerian_troops.jpg

 

A droite, la 3e division coloniale se porte vers le nord par Saint-Vincent, Mesnil-Breuvanne, Rossignol, Les Fossés. Les gros des avant-gardes doivent franchir à 6h la ligne de Mesnil-Breuvanne - Jamoigne. Une large forêt, celle de Chiny, forme un rideau assez difficilement pénétrable. L’horaire était réglé pour que les deux colonnes puissent déboucher en même temps sur Neufchâteau.

 

La colonne se constitue aux Bulles. Le gros part vers 7h20, précédé d’un peloton de dragons. Ce dernier est accueilli par des coups de feu dans la lisière du bois de Chiny et il se replie, mais la cavalerie allemande doit céder devant l’infanterie française. Il fait une chaleur torride. La colonne est survolée par un avion allemand.

 

 

ruckkehr_flieger.jpg

 

La colonne débouche devant Suxy. Quelques coups de feu sont tirés par un escadron allemand.

 

10h45 :

 

La tête débouche devant Montplainchamps, sur la rive gauche de la Vierre. La colonne a déjà parcouru 15 km. On découvre à droite les toits de Neufchâteau.

 

11h :

 

L’avant-garde reprend son mouvement mais se fait arrêter par une fusillade nourrie. L’artillerie allemande ouvre le feu.

 

 

artillerie_neue_stellung.jpg

 

L’artillerie française ne répond qu’à 13h45 seulement. Une compagnie a ordre d’attaquer Neufchâteau sur le chemin de Petitvoir.

 

Elle s’aperçoit que les Allemands occupent des tranchées armées de mitrailleuses. Une autre ligne allemande est établie devant la lisière ouest de Neufchâteau. Les compagnies françaises sont prises entre deux feux.

 

 

13 heure.jpg

 

Une section de mitrailleuses françaises entre en action mais est écrasée en quelques instants par les mitrailleuses allemandes. Les Allemands s’infiltrent dans le bois d’Ospot. Leur artillerie tire à 1.200 m sur le pont de la Vierre, le rendant presque inaccessible.

 

 

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15h20 :

 

Les restes de deux bataillons se retirent sous la protection d’une cinquantaine d’hommes.

 

Le commandant du C.A. tente d’agir vers l’est pour dégager sont avant-garde. Il déploie son gros au nord de Grapfontaine et à hauteur de Montplainchamps.

 

Les Allemands continuent à s’étendre vers l’est, cherchant à déborder les Français. A droite, la division coloniale n’a pas pu dépasser Rossignol.

 

A 20h, le commandant du C.A. donne l’ordre de se replier jusqu’à la lisière nord du bois de Basse-Heveau. La brigade rentre à Suxy puis, sur l’ordre du général Leblois, commandant de la 2e division, elle se replie sur Bulles qu’elle atteint à 2h du matin.

 

 

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Le 18e C.A. allemand avait combattu à l’ouest de Neufchâteau et le 6e au sud. Il y a une trouée entre eux, que le 18e C.A.R. est chargé de boucher.

 

Cet échec français est notamment dû au fait que l’avant-garde a été engagée, non soutenue par le reste du corps colonial.

 

Où sont ils?

 

La 3e division coloniale (général Raffenel) a atteint le 21 Tintigny et Saint-Vincent. Elle devait se porter le 22 par Rossignol sur Neufchâteau.

L’avant-garde est formée par le 1e régiment colonial. La colonne s’engage sous bois par une chaleur humide accompagnée de brouillard. On prévoit une étape de 40 km. La colonne dépasse le village de Saint-Vincent à 7 heures. Vers 7h30, le 1e colonial a dépassé le pont de Breuvanne et est accueilli par une vive fusillade….. Oui, c’est le combat de Rossignol.

 

Les Français déplorent leur absence d’artillerie lourde et d’avions, pendant que les appareils allemands se montrent très actifs. Ils constatent que l’artillerie allemande fait une énorme consommation de projectiles.

 

bataille de Nevraumont

 

 

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« Etant donné la direction générale de la frontière et du cours de la Semoy, le 12e corps était au départ en arrière, à droite du I7e corps.

Le 12e corps partait de la région Florenville - Deux-Villes. L'examen de la carte suffit pour faire reconnaître la fissure qui, dès le début, existait entre les deux corps et qui allait se manifester par la surprise du bois de Luchy. Le 12e corps a pour objectif Recogne et Libramont par Saint-Médard, Petitvoir, etc.

 

 

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Mais, pour atteindre le premier de ces points, il est obligé de s'engager dans la forêt d'Herbeumont qui, au-dessus de Florenville et du gué de La Cuisine, forme un défilé redoutable.

Le général Roques (futur ministre de la guerre) prend ses précautions. Il se rend compte que le péril, pour chacun des corps, vient surtout de la droite. Il convoque, le 21 au soir, ses deux divisionnaires, général Leblond et général du Garreau, et prend avec eux les mesures suivantes:

 

on procédera par échelons, méthodiquement; on se donnera, pour premier objectif, d'atteindre la lisière nord de la forêt d'Herbeumont. On marchera par colonnes, mais sur un très large front pour éviter les surprises habituelles dans les bois.

 

 

Poilus2002-Huiron (26).jpg

Grâce à ces dispositions, le 12e corps traverse le défilé sans pertes.

Au sortir du bois, la bataille s’engage. La 24e division se déploie, ses deux brigades droit au nord dans la direction de Saint-Médard et au delà; puis vient une brigade de la 2e division. Sur le front, se trouvait donc disposée une masse de trois brigades et de deux artilleries divisionnaires.

Le général Roques, qui reste à son poste de commandement en avant de Florenville, a fait garder en réserve une brigade et l’artillerie du corps. La lutte est vive autour de Saint-Médard et de Straimont, à quelques kilomètres au sud-ouest de Neufchâteau.

 

 

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La 24e division (général du Garreau) est composée de la 47e brigade (108e et 105e) et de la 48e brigade (100e et 126e) ; elle occupe Névraumont et, après un dur combat, poursuit l’ennemi à la lisière du bois qu’elle enlève à la baïonnette. Elle franchit alors la route de Neufchâteau à Bertrix jusqu’à hauteur de Rossart. Les pertes sont sévères, notamment au I00e et au I26e. Mais la division couche sur ses positions, face à l’ennemi.

Cependant, au cours de la journée, le général Roques reçoit du général Lefèvre, commandant le corps colonial, une note lui disant qu’attaqué très violemment, il avait besoin de secours.

 

 

Immédiatement, le général Roques envoie ses réserves qu’il fait déployer face à droite. Cette manœuvre assurait, pour le 12e corps lui-même, le succès de la journée ; car l'ennemi ne pouvait attaquer de flanc comme il l'avait fait pour les autres corps d'armée. En somme, si le combat de Saint-Médard ne permettait pas au 12e corps de déboucher, il n'en était pas moins un véritable succès, puisqu'il permettait au général Roques de garder le terrain conquis au nord de la forêt d'Herbeumont.

 

 

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causons de la division du général Leblond... sans contact avec l'ennemi, elle aurait pu se dirigé vers Libramont surtout qu'on l'appel au secours de tout coté.

A droite, les coloniaux, à gauche, le général roques lui même!

 

Pourtant, après avoir reçu quelques obus allemands et qu'il est demandé lui même de renforts, il a préféré ne rien faire et même de commander le bivouac après une escarmouche avec des troupes allemandes, 20 tués et une centaine de blessés

 

il est aujourd'hui certain que si il avait tenu les ordres, la tournure des batailles furent tout autre.... (voir le livre de Delhez)

 

 

 

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Les pertes avaient été lourdes ; mais l'ennemi était ý la fois refoulé et contenu: le soir du 22 août, le général Roques s'organise sur ses positions. »

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