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[Topic officiel] Princess by British Leyland : Le crépuscule d'Albion


Messages recommandés

Princess 2200 HLS : Le crépuscule d'Albion.

 

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1975, une époque révolue et très lointaine pour la majorité des lecteurs de ce Topic ( denisss.gif.9a3a2a055398b5b6ec159a0b4180252a.gif ), une année que d'autres ( lefatalpicard.gif.26d01eeeae79004e9debfd48b09136bc.gif ) ont vécu et qui seuls peuvent se souvenir que le marché automobile du moment était encore composé de constructeurs britanniques. :jap:

 

Triumph, MG, Austin, Morris, Rover, Jaguar...

 

Pas la peine de se demander "ce qu'ils sont devenus", tous ont disparus ou ne sont plus que des emblèmes à capitaux Allemands ou Indiens.

 

En 1975 les constructeurs anglais étaient déjà sur une TRES mauvaise pente, à cause d'un conservatisme teinté d'isolationnisme ancestral, d'une trop grosse confiance dans des ventes "captives" auprès des jeunes nations de l'ancien empire colonial et surtout d'un climat social pour le moins houleux, avec des grèves fréquentes.

 

 

Pour être tout à fait clair le marché anglais était "un joyeux bordel" depuis les années 30, il y avait sur l'île bien trop de constructeurs et de réseaux qui se faisaient une concurrence acharnée, c'est la raison pour laquelle des regroupements eurent lieu avec un particulier la constitution au fil des années du Groupe Rootes qui finira par posséder des firmes telles que Humber, Hillman ou Sunbeam avant d'être absorbé par Chrysler en 1967.

 

D'un autre côté la Holding British Motor Corporation voit le jour en 1952 et regroupe les activités des marques Austin, Austin-Healey, Morris, MG, Vanden Plas, Riley et Wolseley.

 

En 1966 BMC devient BMH (British Motors Holdings Ltd) avec l'acquisition de Jaguar-Daimler.

 

2 ans plus tard on rationalise encore, cette fois-ci c'est Leyland qui apporte ses poids-lourds ainsi que les firmes Triumph et Standard qu'il possédait déjà pour fonder la BLMC (British Leyland Motors Corporation) !

 

Ca va ? Vous suivez ? :lol:

 

Bref tout n'est pas toujours simple de l'autre côté du Channel... :ange:

Le pire de tout cela étant que les réseaux n'ont toujours pas fusionnés et les concessionnaires, indépendants comme chez nous, ne veulent pas vendre la marque du voisin et campent sur des positions devenues économiquement intenables au fil des années. kalie.gif.e3a063faf618c9ee78e46261b900c631.gif

 

Le marché local s'ouvre totalement avec l'entrée de la Grande-Bretagne dans l'union européenne en 1973 et les parts de marchés des constructeurs britanniques, tant à domicile qu'à l'export, s'effondrent... :bah:

 

Dès 1971 BLMC est conscient du besoin de modernisation et de rationalisation de sa production, c'est pourquoi le projet ADO71 voit le jour.

 

C'est quoi ce truc ? :??:

 

Tout simplement le projet d'une berline à 4 portes moderne, qui pourrait remplacer au bas mot au moins 4 ou 5 modèles de la gamme BLMC, à commencer par les Austin 1100, Morris 1800, Vanden Plas Princess et autre Wolseley Six.

 

 

Morris 1800, une sorte de "R16 anglaise" qui ne connaîtra pas un grand succès hors de ses frontières...

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Le Designer Harris Mann se met à sa planche à dessins et propose un projet de voiture aux lignes tendues, qui plait aux dirigeants de la BLMC.

 

 

 

Harris Mann, adepte des lignes tendues.

On lui devra plus tard la Triumph TR7, au look aussi très controversé...

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L'essentiel est déjà la !

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L'Etat-Major pense détenir enfin l'arme pour refaire le retard du groupe face à la concurrence mondiale et redonner un peu de couleurs à l'automobile britannique avant d'aborder le dernier quart du XXème siècle sous de meilleurs hospices.

 

 

Maquette définitive, fin 1970.

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Après l'inévitable période de mise au point, la nouveauté est présentée au grand public en mars 1975 et vendue dès le 26 du même mois.

 

 

 

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Son nom de baptème ? Princess ! :sol:

 

Sa marque de commercialisation ? :??:

 

Et bien en fait il y en a trois... :ange:

 

-Austin

-Morris (avec une calandre spécifique)

-Wolseley (finition haut de gamme)

 

 

Comment les différencier ? Par la calandre pardi ! :o

-Wolseley

-Austin

-Morris

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Le tout bien entendu pour faire plaisir aux différents concessionnaires, c'est d'autant plus évident que les différences entre les Austin et les Morris sont minimes...

 

 

 

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Cette auto (dont le nom de baptême provient de la gamme Vanden Plas...) est résolument moderne :

 

-Mécanique transversale.

-4 roues indépendantes

-Suspension hydraulique de type Hydragas.

-Freins à disques à l'avant avec assistance

-Direction à crémaillère assistée (de série ou en option suivant modèles)

-Essuies-glace masqués par le capot

-Pneumatiques "taille basse" 185/70SR14

 

 

 

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Malgré ses apparences de berlines à 2 volumes elle n'est pas dotée d'un hayon à l'arrière mais d'une simple porte de malle, la "cinquième porte" faisant trop utilitaire aux yeux de beaucoup de clients, et n'en profitez pas pour critiquer les anglais sur ce point car dans l'hexagone les Citroën GS et CX ainsi que la Peugeot 104 étaient exactement dans la même philosophie !

 

 

 

 

Un coffre, pas un hayon... :non:

Seul Renault avait osé !

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Côté mécaniques elle à droit à deux moteurs :

 

-4 cylindres 1,8 litre développant 82cv à 5200Trs, arbre à cames latéral, carburateur simple corps, 158km/h.

-6 cylindres 2,2 litres 110cv à 5250Trs, arbre à cames en tête, carburateur double-corps, 170km/h.

 

Boite mécanique à 4 rapports ou automatique Borg-Warner sur demande.

 

 

 

La TRES rare Wolseley Princess, à la calandre spécifique et à l'intérieur pour le moins cosy.

Elle ne sera construite que 6 mois...

Cette voiture fut la première à pouvoir être livrée équipée des désastreux pneumatiques "increvables" Dunlop Denovo.

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Et son intérieur : Velours, bois...

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C'est en septembre de la même année que le gouvernement Britannique prend alors une participation importante au sein de BLMC (ce groupe était en état de quasi-faillite).

Nouvelle politique de réduction des coûts et de rationalisation des gammes...

En même temps l'ensemble change à nouveau de nom pour devenir British-Leyland, avec à la clé un nouveau logo.

 

 

 

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La marque Wolseley est supprimée du jour au lendemain, et on en profite pour faire émerger "Princess" non plus comme un nom de baptême mais comme une marque à part entière, exit donc les Austin ou Morris Princess au profit de "Princess" tout court !

 

La gamme est donc remaniée et dispose de plusieurs versions :

 

-1800 de base, modèle d'attaque à 4 phares ronds qui restera sur son île...

-1800 HL avec montre électrique, console centrale, accoudoir escamotable à l'arrière, trappe à carburant fermant à clé...

-2200 HL : Identique mais avec le 6 cylindres.

-2200 HLS : Remplace la finition Wolseley des débuts avec phares trapézoïdaux, intérieur en velours, pavillon recouvert de vinyl, boiseries sur le tableau de bord, moquette épaisse etc etc...

 

 

 

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Le look pour le moins singulier de la voiture la fait vite surnommer "The Wedge" chez les sujets de sa très gracieuse Majesté, ce qui en Français peut se traduire par "le coin" en raison de son design aux lignes tendues (de mauvaises langues vont même très vite surnommer l'auto "le fourmillier"... :hihi: )

 

 

Une voiture avec une finition de base ou intermédiaire : Phares ronds et absence de toit en vinyl.

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Ici une HLS.

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La production totale pour 1975 se monte à 20 500 exemplaires, c'est juste suffisant mais n'oublions pas que la Princess a vu le jour dans une atmosphère pour le moins délétère.

 

L'année suivante le nombre de voitures vendues sera de 45 376, c'est bien entendu mieux mais la carrière de l'auto ne décolle pas du tout à l'étranger.

Non seulement le design est assez "personnel" mais la finition est très perfectible, rançon des conflits sociaux récurrents mais aussi d'une politique d'économie à outrance dans les approvisionnements.

 

Cela fait dire aux flegmatiques anglais que "la Princess est une excellente voiture, mais absolument pas fiable !"

La police Britannique fera un effort et contribuera à l'amélioration des chiffres de vente.

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En juillet 1978 British-Leyland décide de donner un coup de fouet à la carrière d'une automobile dont l'échec commercial devient patent.

 

Le moteur 1800 est supprimé au profit d'un 1700 à arbre à cames en tête de 88cv plus moderne, il ne sera jamais importé chez nous.

Apparaît aussi un 2 litres de 94cv plus polyvalent et plus souple pour seconder un 6 cylindres 2,2 litres toujours au catalogue et... Toujours aussi gourmand !

 

Malgré les attentes de nombreux journalistes le coffre arrière ne s'est pas transformé en hayon, par contre la voiture est nettement mieux finie et son traitement anticorrosion très efficace.

 

On n'entendra alors presque plus parler de la Princess (qui ne restera une "Austin" après 1975 qu'aux antipodes chez les All Blacks...) sauf lors de discussions pour le moins animées dans les concessions concurrentes lorsque des "heureux propriétaires" de ce modèle souhaitaient s'en séparer, ils s'apercevaient alors que la valeur de reprise de la voiture était quasi-nulle (et encore quand les vendeurs acceptaient de la reprendre, j'ai personnellement entendu à l'époque un vendeur VO prêt à en débarrasser son parc pour 3 fois moins que la valeur Argus, alors que la 2200 HLS en question était une première main avec moins de 35 000km au compteur).

 

A titre indicatif une Princess 2200 HLS était vendue en 1976 en France à peu près au même prix qu'une Peugeot 504 Ti ou une Renault 16 TX.

 

En 1981 nouveau revirement de situation, la marque "Princess" ne fait rêver personne, n'a aucune référence historique et il est donc logiquement question d'un gros restyling avec retour dans le giron Austin et abandon du logo Princess ! :p

 

La fabrication est stoppé à l'automne 1981 après 224 942 exemplaires produits en 7 ans.

 

Le 3 mars 1982 lors du Salon de Genève est présentée la "nouvelle" Austin Ambassador. toyotaowner.gif.698e5a96c3d97b5b8820faceb4edaa89.gif

 

 

 

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Clairement il s'agit d'une Princess habilement restylée, les flancs sont allégés par l'ajout d'une vitre de custode, la face avant totalement remaniée et l'arrière adopte enfin une cinquième porte !

 

 

Enfin ! :sol:

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Le moteur est au choix le 1,7 litre ou le 2 litres de 94cv qui propulse la voiture à 160km/h, elle s'arrête dorénavant grâce à 4 freins à disques.

 

Les niveaux de finition se calquent sur ceux des Austin Metro et Triumph Acclaim contemporaines : L, HL, HLS et luxueuse Vanden Plas qui n'est plus une marque mais un niveau supérieur de finition.

 

 

Ici en entrée de gamme, L ou HL.

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Quelle idée de l'affubler d'une face avant aussi insipide... :pfff:

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On attendra cette Ambassador un bon moment chez nous avant d'apprendre qu'elle n'y sera jamais importée, en effet Honda a déjà mis un pied dans l'île et ne va pas tarder à "règler le problème" British-Leyland... yetet.gif.4e03775f20f7daa46951585ab11282b5.gif

 

Deux ans après sa présentation (presque jour pour jour d'ailleurs) les Ambassador cessent d'être produites, elles ne seront en fin de compte jamais sorties des brumes anglaises et seules 43 427 voitures sortiront des chaînes de montage, vite remplacées par l'Austin Montego, dont la carrière sera également assez courte.

 

Puis vint l'oubli... :sic:

 

Aussi brocardées que les Austin Allegro (autre "réussite magistrale" d'une industrie automobile Britannique à l'agonie) les Princess/Ambassador partent à la casse par paquets de 10 dès la fin des années 80.

 

 

:(

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Ce n'est que depuis une dizaine d'années que certains exemplaires ressortent des fonds de garages où ils avaient été oubliés, mais sans Prince charmant pour réveiller la belle Princess endormie point de salut ! 442980918_byrenault.gif.6f91e66b838f2055b269445aca2aeacd.gif

 

C'est pourquoi je me permet de vous faire part de mon coup de coeur du moment, un truc qui se produit de temps en temps dans ma tête de vieukon de service. :fier:

 

C'est lors de la bourse automobile de Vif (38) le week-end dernier que mon regard blasé se pose sur une Princess 2200 HLS de 1978 "dans son jus" (et quel beau jus ! :ddr: ).

 

 

 

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Un tour rapide autour de cette beauté gracieuse d'une autre époque et d'un autre monde me fait remonter instantanément des souvenirs enfouis depuis des décennies, ceux de mon premier "Genève" en mars 1978, de mon popotin de presque ado' qui se pose à l'intérieur d'une 2200 HLS, de cette sensation de luxe et d'exotisme, surtout comparée à la Peugeot 304 S paternelle qui m'avait amenée jusque la avec son intérieur Skaï/Métal nu avec placages en ronce de plastique véritable. :D

 

Je partirais du stand avec une documentation que j'ai toujours précieusement conservée (non, je ne suis pas vendeur ! :o ).

 

 

A la fois Madeleine de Proust et attirante par sa couleur jaune maïs de l'époque "col pelle à tarte et pantalon à pattes d'élephant" mes "plusieurs tours tout autour" finiront par intriguer son propriétaire alors en conversation penché sur le 6 cylindres transversal.

 

Pour une fois point d'arrogance et de suffisance, Monsieur sait qu'il ne possède pas la plus belle voiture du monde, même si son état de présentation est des plus convenables.

 

Il faut dire que la belle n'affiche que 72 000km et que son état apparent laisse supposer que son premier propriétaire était plutôt du genre soigneux... :p

 

 

Cette voiture a été vendue neuve en 1978 par la concession British-Leyland de Grenoble, elle n'a jamais quittée la région !

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Pour une fois j'ai affaire à un personnage sympathique à la passion réellement communicative et sans esbrouffe ! ;)

 

A ses yeux confortable et très moderne, le seul défaut de sa Princess est une consommation qui ne descend pas sous la barre des 11 litres aux 100, mais il faut reconnaître que nous avons affaire à un 6 cylindres à carburateurs et à une boite auto à 3 rapports qui a du équiper le char néolithique de la famille Pierrafeu. :ange:

 

 

Un intérieur "comme neuf" où rien ne manque.

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Velours d'une douceur incomparable et accoudoirs intégrés dans les dossiers.

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Concernant la disponibilité des pièces détachées elles est en fin de compte "assez bonne" sauf pour les sphères de suspension Hydragas définitivement introuvables en neuf et vendues en occasion reconditionnées au prix du métal jaune !

 

A noter que, comme pour une suspension Citroën, il est quasiment impossible de rouler avec des sphères HS, la voiture devenant sautillante et très raide.

 

 

La "boitoto" à 3 rapports était de série pour la version 6 cylindres.

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Une bonne surprise que cette rencontre au sein d'une bourse locale au demeurant sympathique mais dans laquelle je n'avais jusque la rien trouvé d'extraordinaire.

 

 

On note encore la présence de l'autocollant publicitaire de lunette arrière et de l'insigne de nationalité avec l'adresse d'un garage depuis longtemps disparu.

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Vous souhaiter acquérir une Princess ?

 

Le plus dur sera d'en trouver une en état, surtout avec le volant à gauche !

 

Ca vaut le coup d'y réfléchir d'autant que des clubs spécifiques existent en Grande-Bretagne et semblent très actifs moyennant le règlement d'une cotisation annuelle symbolique.

 

Ne vous souciez pas trop du prix d'achat, une Princess comme celle-ci ne dépasse pas les 1800/2000€ et une "semi-épave incomplète" à restaurer ne vaut strictement rien.

 

 

Rouler complètement décalé pour pas grand'chose ?

Vite une Princess ! :oui:

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Voila ! :jap:

 

 

 

Un Grand merci à Mr Caroff pour sa disponibilité et sa grande amabilité, voici un opticien qui a une excellente vision de l'automobile ancienne ! :D

Et félicitations pour cette superbe Princess récupérée presque par hasard, comme c'est souvent le cas d'ailleurs...

 

En tous cas une machine à voyager dans le temps bien plus efficace que la De Lorean DMC12 de Doc' Brown ! ;)

 

:coucou:

 

 

NB : Cette histoire est issue du topic suivant : Cette voiture a une histoire peu banale. (Index en page 1)

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Princess 2200 HLS : Le crépuscule d'Albion.

 

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1975, une époque révolue et très lointaine pour la majorité des lecteurs de ce Topic ( denisss.gif.9a3a2a055398b5b6ec159a0b4180252a.gif ), une année que d'autres ( lefatalpicard.gif.26d01eeeae79004e9debfd48b09136bc.gif ) ont vécu et qui seuls peuvent se souvenir que le marché automobile du moment était encore composé de constructeurs britanniques. :jap:

 

Triumph, MG, Austin, Morris, Rover, Jaguar...

 

Pas la peine de se demander "ce qu'ils sont devenus", tous ont disparus ou ne sont plus que des emblèmes à capitaux Allemands ou Indiens.

 

En 1975 les constructeurs anglais étaient déjà sur une TRES mauvaise pente, à cause d'un conservatisme teinté d'isolationnisme ancestral, d'une trop grosse confiance dans des ventes "captives" auprès des jeunes nations de l'ancien empire colonial et surtout d'un climat social pour le moins houleux, avec des grèves fréquentes.

 

 

Pour être tout à fait clair le marché anglais était "un joyeux bordel" depuis les années 30, il y avait sur l'île bien trop de constructeurs et de réseaux qui se faisaient une concurrence acharnée, c'est la raison pour laquelle des regroupements eurent lieu avec un particulier la constitution au fil des années du Groupe Rootes qui finira par posséder des firmes telles que Humber, Hillman ou Sunbeam avant d'être absorbé par Chrysler en 1967.

 

D'un autre côté la Holding British Motor Corporation voit le jour en 1952 et regroupe les activités des marques Austin, Austin-Healey, Morris, MG, Vanden Plas, Riley et Wolseley.

 

En 1966 BMC devient BMH (British Motors Holdings Ltd) avec l'acquisition de Jaguar-Daimler.

 

2 ans plus tard on rationalise encore, cette fois-ci c'est Leyland qui apporte ses poids-lourds ainsi que les firmes Triumph et Standard qu'il possédait déjà pour fonder la BLMC (British Leyland Motors Corporation) !

 

Ca va ? Vous suivez ? :lol:

 

Bref tout n'est pas toujours simple de l'autre côté du Channel... :ange:

Le pire de tout cela étant que les réseaux n'ont toujours pas fusionnés et les concessionnaires, indépendants comme chez nous, ne veulent pas vendre la marque du voisin et campent sur des positions devenues économiquement intenables au fil des années. kalie.gif.e3a063faf618c9ee78e46261b900c631.gif

 

Le marché local s'ouvre totalement avec l'entrée de la Grande-Bretagne dans l'union européenne en 1973 et les parts de marchés des constructeurs britanniques, tant à domicile qu'à l'export, s'effondrent... :bah:

 

Dès 1971 BLMC est conscient du besoin de modernisation et de rationalisation de sa production, c'est pourquoi le projet ADO71 voit le jour.

 

C'est quoi ce truc ? :??:

 

Tout simplement le projet d'une berline à 4 portes moderne, qui pourrait remplacer au bas mot au moins 4 ou 5 modèles de la gamme BLMC, à commencer par les Austin 1100, Morris 1800, Vanden Plas Princess et autre Wolseley Six.

 

 

Morris 1800, une sorte de "R16 anglaise" qui ne connaîtra pas un grand succès hors de ses frontières...

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Le Designer Harris Mann se met à sa planche à dessins et propose un projet de voiture aux lignes tendues, qui plait aux dirigeants de la BLMC.

 

 

 

Harris Mann, adepte des lignes tendues.

On lui devra plus tard la Triumph TR7, au look aussi très controversé...

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L'essentiel est déjà la !

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L'Etat-Major pense détenir enfin l'arme pour refaire le retard du groupe face à la concurrence mondiale et redonner un peu de couleurs à l'automobile britannique avant d'aborder le dernier quart du XXème siècle sous de meilleurs hospices.

 

 

Maquette définitive, fin 1970.

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Après l'inévitable période de mise au point, la nouveauté est présentée au grand public en mars 1975 et vendue dès le 26 du même mois.

 

 

 

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Son nom de baptème ? Princess ! :sol:

 

Sa marque de commercialisation ? :??:

 

Et bien en fait il y en a trois... :ange:

 

-Austin

-Morris (avec une calandre spécifique)

-Wolseley (finition haut de gamme)

 

 

Comment les différencier ? Par la calandre pardi ! :o

-Wolseley

-Austin

-Morris

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Le tout bien entendu pour faire plaisir aux différents concessionnaires, c'est d'autant plus évident que les différences entre les Austin et les Morris sont minimes...

 

 

 

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Cette auto (dont le nom de baptême provient de la gamme Vanden Plas...) est résolument moderne :

 

-Mécanique transversale.

-4 roues indépendantes

-Suspension hydraulique de type Hydragas.

-Freins à disques à l'avant avec assistance

-Direction à crémaillère assistée (de série ou en option suivant modèles)

-Essuies-glace masqués par le capot

-Pneumatiques "taille basse" 185/70SR14

 

 

 

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Malgré ses apparences de berlines à 2 volumes elle n'est pas dotée d'un hayon à l'arrière mais d'une simple porte de malle, la "cinquième porte" faisant trop utilitaire aux yeux de beaucoup de clients, et n'en profitez pas pour critiquer les anglais sur ce point car dans l'hexagone les Citroën GS et CX ainsi que la Peugeot 104 étaient exactement dans la même philosophie !

 

 

 

 

Un coffre, pas un hayon... :non:

Seul Renault avait osé !

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Côté mécaniques elle à droit à deux moteurs :

 

-4 cylindres 1,8 litre développant 82cv à 5200Trs, arbre à cames latéral, carburateur simple corps, 158km/h.

-6 cylindres 2,2 litres 110cv à 5250Trs, arbre à cames en tête, carburateur double-corps, 170km/h.

 

Boite mécanique à 4 rapports ou automatique Borg-Warner sur demande.

 

 

 

La TRES rare Wolseley Princess, à la calandre spécifique et à l'intérieur pour le moins cosy.

Elle ne sera construite que 6 mois...

Cette voiture fut la première à pouvoir être livrée équipée des désastreux pneumatiques "increvables" Dunlop Denovo.

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Et son intérieur : Velours, bois...

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C'est en septembre de la même année que le gouvernement Britannique prend alors une participation importante au sein de BLMC (ce groupe était en état de quasi-faillite).

Nouvelle politique de réduction des coûts et de rationalisation des gammes...

En même temps l'ensemble change à nouveau de nom pour devenir British-Leyland, avec à la clé un nouveau logo.

 

 

 

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La marque Wolseley est supprimée du jour au lendemain, et on en profite pour faire émerger "Princess" non plus comme un nom de baptême mais comme une marque à part entière, exit donc les Austin ou Morris Princess au profit de "Princess" tout court !

 

La gamme est donc remaniée et dispose de plusieurs versions :

 

-1800 de base, modèle d'attaque à 4 phares ronds qui restera sur son île...

-1800 HL avec montre électrique, console centrale, accoudoir escamotable à l'arrière, trappe à carburant fermant à clé...

-2200 HL : Identique mais avec le 6 cylindres.

-2200 HLS : Remplace la finition Wolseley des débuts avec phares trapézoïdaux, intérieur en velours, pavillon recouvert de vinyl, boiseries sur le tableau de bord, moquette épaisse etc etc...

 

 

 

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Le look pour le moins singulier de la voiture la fait vite surnommer "The Wedge" chez les sujets de sa très gracieuse Majesté, ce qui en Français peut se traduire par "le coin" en raison de son design aux lignes tendues (de mauvaises langues vont même très vite surnommer l'auto "le fourmillier"... :hihi: )

 

 

Une voiture avec une finition de base ou intermédiaire : Phares ronds et absence de toit en vinyl.

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Ici une HLS.

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La production totale pour 1975 se monte à 20 500 exemplaires, c'est juste suffisant mais n'oublions pas que la Princess a vu le jour dans une atmosphère pour le moins délétère.

 

L'année suivante le nombre de voitures vendues sera de 45 376, c'est bien entendu mieux mais la carrière de l'auto ne décolle pas du tout à l'étranger.

Non seulement le design est assez "personnel" mais la finition est très perfectible, rançon des conflits sociaux récurrents mais aussi d'une politique d'économie à outrance dans les approvisionnements.

 

Cela fait dire aux flegmatiques anglais que "la Princess est une excellente voiture, mais absolument pas fiable !"

La police Britannique fera un effort et contribuera à l'amélioration des chiffres de vente.

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En juillet 1978 British-Leyland décide de donner un coup de fouet à la carrière d'une automobile dont l'échec commercial devient patent.

 

Le moteur 1800 est supprimé au profit d'un 1700 à arbre à cames en tête de 88cv plus moderne, il ne sera jamais importé chez nous.

Apparaît aussi un 2 litres de 94cv plus polyvalent et plus souple pour seconder un 6 cylindres 2,2 litres toujours au catalogue et... Toujours aussi gourmand !

 

Malgré les attentes de nombreux journalistes le coffre arrière ne s'est pas transformé en hayon, par contre la voiture est nettement mieux finie et son traitement anticorrosion très efficace.

 

On n'entendra alors presque plus parler de la Princess (qui ne restera une "Austin" après 1975 qu'aux antipodes chez les All Blacks...) sauf lors de discussions pour le moins animées dans les concessions concurrentes lorsque des "heureux propriétaires" de ce modèle souhaitaient s'en séparer, ils s'apercevaient alors que la valeur de reprise de la voiture était quasi-nulle (et encore quand les vendeurs acceptaient de la reprendre, j'ai personnellement entendu à l'époque un vendeur VO prêt à en débarrasser son parc pour 3 fois moins que la valeur Argus, alors que la 2200 HLS en question était une première main avec moins de 35 000km au compteur).

 

A titre indicatif une Princess 2200 HLS était vendue en 1976 en France à peu près au même prix qu'une Peugeot 504 Ti ou une Renault 16 TX.

 

En 1981 nouveau revirement de situation, la marque "Princess" ne fait rêver personne, n'a aucune référence historique et il est donc logiquement question d'un gros restyling avec retour dans le giron Austin et abandon du logo Princess ! :p

 

La fabrication est stoppé à l'automne 1981 après 224 942 exemplaires produits en 7 ans.

 

Le 3 mars 1982 lors du Salon de Genève est présentée la "nouvelle" Austin Ambassador. toyotaowner.gif.698e5a96c3d97b5b8820faceb4edaa89.gif

 

 

 

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Clairement il s'agit d'une Princess habilement restylée, les flancs sont allégés par l'ajout d'une vitre de custode, la face avant totalement remaniée et l'arrière adopte enfin une cinquième porte !

 

 

Enfin ! :sol:

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Le moteur est au choix le 1,7 litre ou le 2 litres de 94cv qui propulse la voiture à 160km/h, elle s'arrête dorénavant grâce à 4 freins à disques.

 

Les niveaux de finition se calquent sur ceux des Austin Metro et Triumph Acclaim contemporaines : L, HL, HLS et luxueuse Vanden Plas qui n'est plus une marque mais un niveau supérieur de finition.

 

 

Ici en entrée de gamme, L ou HL.

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Quelle idée de l'affubler d'une face avant aussi insipide... :pfff:

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On attendra cette Ambassador un bon moment chez nous avant d'apprendre qu'elle n'y sera jamais importée, en effet Honda a déjà mis un pied dans l'île et ne va pas tarder à "règler le problème" British-Leyland... yetet.gif.4e03775f20f7daa46951585ab11282b5.gif

 

Deux ans après sa présentation (presque jour pour jour d'ailleurs) les Ambassador cessent d'être produites, elles ne seront en fin de compte jamais sorties des brumes anglaises et seules 43 427 voitures sortiront des chaînes de montage, vite remplacées par l'Austin Montego, dont la carrière sera également assez courte.

 

Puis vint l'oubli... :sic:

 

Aussi brocardées que les Austin Allegro (autre "réussite magistrale" d'une industrie automobile Britannique à l'agonie) les Princess/Ambassador partent à la casse par paquets de 10 dès la fin des années 80.

 

 

:(

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Ce n'est que depuis une dizaine d'années que certains exemplaires ressortent des fonds de garages où ils avaient été oubliés, mais sans Prince charmant pour réveiller la belle Princess endormie point de salut ! 442980918_byrenault.gif.6f91e66b838f2055b269445aca2aeacd.gif

 

C'est pourquoi je me permet de vous faire part de mon coup de coeur du moment, un truc qui se produit de temps en temps dans ma tête de vieukon de service. :fier:

 

C'est lors de la bourse automobile de Vif (38) le week-end dernier que mon regard blasé se pose sur une Princess 2200 HLS de 1978 "dans son jus" (et quel beau jus ! :ddr: ).

 

 

 

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Un tour rapide autour de cette beauté gracieuse d'une autre époque et d'un autre monde me fait remonter instantanément des souvenirs enfouis depuis des décennies, ceux de mon premier "Genève" en mars 1978, de mon popotin de presque ado' qui se pose à l'intérieur d'une 2200 HLS, de cette sensation de luxe et d'exotisme, surtout comparée à la Peugeot 304 S paternelle qui m'avait amenée jusque la avec son intérieur Skaï/Métal nu avec placages en ronce de plastique véritable. :D

 

Je partirais du stand avec une documentation que j'ai toujours précieusement conservée (non, je ne suis pas vendeur ! :o ).

 

 

A la fois Madeleine de Proust et attirante par sa couleur jaune maïs de l'époque "col pelle à tarte et pantalon à pattes d'élephant" mes "plusieurs tours tout autour" finiront par intriguer son propriétaire alors en conversation penché sur le 6 cylindres transversal.

 

Pour une fois point d'arrogance et de suffisance, Monsieur sait qu'il ne possède pas la plus belle voiture du monde, même si son état de présentation est des plus convenables.

 

Il faut dire que la belle n'affiche que 72 000km et que son état apparent laisse supposer que son premier propriétaire était plutôt du genre soigneux... :p

 

 

Cette voiture a été vendue neuve en 1978 par la concession British-Leyland de Grenoble, elle n'a jamais quittée la région !

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Pour une fois j'ai affaire à un personnage sympathique à la passion réellement communicative et sans esbrouffe ! ;)

 

A ses yeux confortable et très moderne, le seul défaut de sa Princess est une consommation qui ne descend pas sous la barre des 11 litres aux 100, mais il faut reconnaître que nous avons affaire à un 6 cylindres à carburateurs et à une boite auto à 3 rapports qui a du équiper le char néolithique de la famille Pierrafeu. :ange:

 

 

Un intérieur "comme neuf" où rien ne manque.

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Velours d'une douceur incomparable et accoudoirs intégrés dans les dossiers.

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Concernant la disponibilité des pièces détachées elles est en fin de compte "assez bonne" sauf pour les sphères de suspension Hydragas définitivement introuvables en neuf et vendues en occasion reconditionnées au prix du métal jaune !

 

A noter que, comme pour une suspension Citroën, il est quasiment impossible de rouler avec des sphères HS, la voiture devenant sautillante et très raide.

 

 

La "boitoto" à 3 rapports était de série pour la version 6 cylindres.

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Une bonne surprise que cette rencontre au sein d'une bourse locale au demeurant sympathique mais dans laquelle je n'avais jusque la rien trouvé d'extraordinaire.

 

 

On note encore la présence de l'autocollant publicitaire de lunette arrière et de l'insigne de nationalité avec l'adresse d'un garage depuis longtemps disparu.

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Vous souhaiter acquérir une Princess ?

 

Le plus dur sera d'en trouver une en état, surtout avec le volant à gauche !

 

Ca vaut le coup d'y réfléchir d'autant que des clubs spécifiques existent en Grande-Bretagne et semblent très actifs moyennant le règlement d'une cotisation annuelle symbolique.

 

Ne vous souciez pas trop du prix d'achat, une Princess comme celle-ci ne dépasse pas les 1800/2000€ et une "semi-épave incomplète" à restaurer ne vaut strictement rien.

 

 

Rouler complètement décalé pour pas grand'chose ?

Vite une Princess ! :oui:

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Voila ! :jap:

 

 

 

Un Grand merci à Mr Caroff pour sa disponibilité et sa grande amabilité, voici un opticien qui a une excellente vision de l'automobile ancienne ! :D

Et félicitations pour cette superbe Princess récupérée presque par hasard, comme c'est souvent le cas d'ailleurs...

 

En tous cas une machine à voyager dans le temps bien plus efficace que la De Lorean DMC12 de Doc' Brown ! ;)

 

:coucou:

 

 

NB : Cette histoire est issue du topic suivant : Cette voiture a une histoire peu banale. (Index en page 1)

 

 

Tu aurais pu prévenir que tu avais émigré en section Youngtimers...

 

Dire que si je n'avais pas suivi le bon lien, j'aurais raté ça... Je ne te l'aurais jamais pardonné !

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