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La Grande Guerre: Reportages et Témoignages


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J'ai trouvé cette histoire sur le web , je ne suis pas sur qu'on en a parlé sur le topic:   https://horizon14-18.eu/ratto.html

je vous ai pas oublié mais pour le moment, c'est l'entreprise qui prend tout mon temps, si vous discutez avec n'importe quel négociant BT, vous apprendrez que le bâtiment n'a toujours pas démarré, je n'ai vu cette situation qu'en 1993 et cela s'est mal fini

 

de plus, je suis au 3/4 du fameux dossier promis

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Bon, j'en reviens, Tranchée des Baïonnettes fermer pour travaux, fort de Douaumont inaccessible a cause des travaux et surtout impossible de garer le camping car :heink:

 

Du coup visite de la citadelle souterraine, mémorial de Verdun et "ballade dans les différents bois autour de l'ossuaire malgré la pluie diluvienne, c'était glaçant...

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Bataille de Cambrai

20 novembre – 7 décembre 1917

 

Cambrai Nov-1917.jpg

Film d’archive allemand sur la récupération d’une centaine de chars anglais après la première grande bataille ayant mis en œuvre plus de 400 unités des premiers chars Mark IV.

 

 

Charleroi_Panzer_Reparaturwerkstatt.jpg

Cette bataille fut un succès pour les alliés et …un succès pour les allemands !

Voir le très bon article sur le lien

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Cambrai_%281917%29

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oui, merci Hansi

 

oui, très bon article de plus

 

je mettrai une version venant d'Angleterre mais alors, pas maintenant

 

j'espère posté les premiers éléments du 21 février 1916 pour la semaine prochain, je suis en phase correction

 

les relire m'émeut à chaque fois, c'est dur

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Bataille de Cambrai

20 novembre – 7 décembre 1917

 

Cambrai Nov-1917.jpg

Film d’archive allemand sur la récupération d’une centaine de chars anglais après la première grande bataille ayant mis en œuvre plus de 400 unités des premiers chars Mark IV.

 

 

Charleroi_Panzer_Reparaturwerkstatt.jpg

Cette bataille fut un succès pour les alliés et …un succès pour les allemands !

Voir le très bon article sur le lien

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Cambrai_%281917%29

 

 

Merci pour le lien Hansi, le film est très instructif, assez curieusement les allemands après avoir capturé les blindés les avaient désarmés pour faire

leur apprentissage dessus c'est surprenant.

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merci aussi, jessie, j'ai cliqué quelques un et c'est fort intéressant

 

pour le dossier, 47 pages de corrections sur 91, ensuite, recherche de photos

 

 

 

après lecture et re-lecture... puré, quand je vois nos jeunes se plaindre aujourd'hui, je pense à ceux qui était sur place il y a cent ans...

 

et si c'était à refaire?

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merci aussi, jessie, j'ai cliqué quelques un et c'est fort intéressant

 

pour le dossier, 47 pages de corrections sur 91, ensuite, recherche de photos

 

 

 

après lecture et re-lecture... puré, quand je vois nos jeunes se plaindre aujourd'hui, je pense à ceux qui était sur place il y a cent ans...

 

et si c'était à refaire?

 

 

J'ai 27 ans et je pense la même chose pour les jeunes de aujourd'hui ! :lol: pas beaucoup aurait le courage de leur ancien

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:o autres temps, autres moeurs ...

 

 

Ne pas négliger pour autant ceux qui font aujourd'hui le sacrifice ultime pour défendre la France ;)

 

 

Oui tout à fait. Venant d'une famille avec de nombreux anciens militaire j'ai moi même voulu m'engager mais le destin en a voulu autrement

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Invité §sag453jv

TEMOIGNAGE: Baron Shigeno Alias Capitaine Kiyotaké Shigeno

 

 

 

Bonjour,

 

Je connais la fille et la petitte fille du Baron Shigeno. Celle-ci est venue avec son mari en France il y a deja 20 ans pour chercher la trace du chemin de son grand-pere. A l'epoque l'internet n'etait pas aussi repondu, je n'ai pas pu faire des recherches comme je voulais pour les aider.

Elle voulait savoir d'ou venait sa belle grande-mere (elle etait la fille du premier mariage du Baron), ou bien voulait connaitre la famille du Mr.Andre Dezarrois, etc. mais nous n'avons pas pu. Je suis toujours en contacte avec eux. Si jamais vous avez plus d'information sur Mme Jeanne Aimard (la ville d'ou elle vient, par exemple), je vous remercie infiniment de me faire savoir.

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Bonjour,

 

Je connais la fille et la petitte fille du Baron Shigeno. Celle-ci est venue avec son mari en France il y a deja 20 ans pour chercher la trace du chemin de son grand-pere. A l'epoque l'internet n'etait pas aussi repondu, je n'ai pas pu faire des recherches comme je voulais pour les aider.

Elle voulait savoir d'ou venait sa belle grande-mere (elle etait la fille du premier mariage du Baron), ou bien voulait connaitre la famille du Mr.Andre Dezarrois, etc. mais nous n'avons pas pu. Je suis toujours en contacte avec eux. Si jamais vous avez plus d'information sur Mme Jeanne Aimard (la ville d'ou elle vient, par exemple), je vous remercie infiniment de me faire savoir.

 

 

merci de ton passage, d'ici demain, je vais essayé de retrouver tout les liens que j'avais sur ce témoignage et je les mettrai ici pour que tous en profite

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REPORTAGE ET TEMOIGNAGE

 

en une douzaine de proses

 

 

Histoire de la 72è division à Verdun depuis le 21 février au 24 février 1916

 

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C’est un article du lieutenant-colonel Grasset et extrait de la revue militaire

Française et publiée avec le concours de l’état major de armée en décembre 1925

 

 

 

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La journée du 21 février

 

Dans les P.C. à 7 heures du matin.

Le P.C. où, depuis près d'un an, l'état-major de la 72e division menait une existence tranquille, était à Bras, dans la maison d'école.

 

 

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Il était confortable et parfaitement organisé pour le travail. Au premier étage, étaient le bureau du général et celui du commandant Léger, le nouveau chef d'état-major de la division, venu depuis une quinzaine de jours et pas encore tout à fait acclimaté dans le secteur. Une immense salle avec grandes tables, classeurs pour dossiers, éclairage électrique, servait de cabinet de travail aux officiers de l'état-major les capitaines Pujo, de Courson, de Franqueville et Provost, ce dernier affecté de la veille à la 72e division.

 

 

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Du rez-de-chaussée, on avait fait un dortoir pour le personnel : 2 sous-officiers, 6 secrétaires, 4 plantons, 3 cyclistes et 1 automobiliste. Dans une maison immédiatement voisine, un poste téléphonique central reliait au corps d'armée, aux brigades, à l'artillerie, au service de santé et à l'intendance.

 

Pour le cas, toujours possible mais non encore vu, d'un bombardement trop violent, un abri de 4 m sur 4, avec téléphone, a été construit dans la cour. Les bâtiments l'abritent du nord et de l'est, seules directions dangereuses. Il doit servir de bureau de travail au général et aux officiers, tandis que le personnel s'entassera dans deux caves bien conditionnées.

 

 

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En somme, sauf cet abri rébarbatif qui rappelle les nécessités de la guerre, il s'agit ici d'une installation de grandes manoeuvres. On y a pris des habitudes régulières, ce qui n'empêche pas le travail d'y être intensif, on peut le croire à voir l'énormité de la tâche à accomplir et les résultats réalisés en dépit de la faiblesse des moyens.

 

Le P.C. du colonel Vaulet, commandant le sous-secteur Est, doit s'établir à Mormont, une grosse ferme lorraine aux murs épais, dont le plancher a été renforcé par des fascines et par des poutres. Le commandement du sous-secteur Est est tout nouvellement créé, de sorte que, le mauvais temps persistant, les communications de Mormont avec l'arrière sont encore précaires et le colonel avec son état-major sont restés à Vacherauville.

 

 

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Une belle figure, le colonel Vaulet, et une énergie peu commune, sous des dehors placides. Il a cinquante-sept ans et est sorti du rang. Lieutenant-colonel en 1914, au 12e régiment d'infanterie, il a été grièvement blessé, le 29 août, au combat de Saint-Quentin. Transporté à l'hôpital temporaire de Laon, il y a été pris par les Allemands, le 3 septembre.

 

Sa blessure à l'abdomen encore ouverte, il s'évade le 19, et se réfugie dans la maison d'arrêt où on lui donne les vêtements et les pièces d'identité du nommé Serpebois, un vagabond qui doit être libéré très prochainement. Il sort donc de prison, le 14 octobre, essuie une mercuriale paternelle de la Kommandantur et tente de joindre les lignes françaises.

 

Pris à Terny, et jugé comme espion, il est acquitté et envoyé en Allemagne, prisonnier de guerre civil. Quatre mois plus tard, miné par la souffrance que lui occasionnait sa blessure mal guérie, il était rapatrié par la Suisse avec un lot de prisonniers inaptes au service militaire. Le 13 mars 1915, il rejoignait le dépôt de son régiment, à Tarbes. Le 18 avril, il prenait le commandement du 165e dans la région de Verdun où il était promu colonel, le 5 mai.

 

Le P.C. du colonel Parés, commandant le sous-secteur Ouest, est à Vacherauville. Celui-là existe depuis longtemps, confortable comme celui de Bras, dans les étages d'une maison située à l'angle fort bien repéré des routes de Samogneux et de Ville, une maison d'ailleurs aussi peu propre qu'une autre à supporter le plus léger bombardement. Heureusement, deux caves assez bien conditionnées, de 5 m sur 5, munies du téléphone, peuvent être utilisées en cas d'alerte.

 

 

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Le colonel Parés est une énergie, lui aussi ; il l'a affirmé au cours d'un brillant passé colonial. Retraité avant la guerre, il s'est estimé assez vigoureux pour venir servir le pays, en première ligne. C'est lui qui commande la 143e brigade depuis la mobilisation, et le terrain qu'il doit défendre aujourd'hui, il le connaît mieux que personne.

 

 

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La journée du 21 février s'annonçait particulièrement belle. Un peu avant 7 heures, le ciel était bleu et dans une atmosphère glacée, le soleil étincelait déjà aux aiguilles de givre. La vie de secteur a repris partout, comme d'habitude. Le général Bapst est monté à cheval. Accompagné du capitaine de Franqueville, il est parti vers Brabant, pour se rendre compte des méfaits du mauvais temps.

 

Le désastre est grand, de ce côté. La Meuse, grossie, ressemble à un bras de mer. Une nappe d'eau relie le fleuve au canal et sur ce lac, la chaussée de Brabant et le chemin de halage du canal émergent seuls. Heureusement, le centre de résistance du bois d'Haumont, doublé par le village, est solide, sans quoi il faudrait redouter qu'une offensive ennemie déclenchée de Flabas sur Samogneux ne coupe toute retraite aux défenseurs de Brabant.

 

 

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Le capitaine Pujo est parti en automobile, avec le capitaine Boireau, de l'état-major du 30e corps, venu ce matin pour voir l'état des défenses du bois des Caures. Le commandant Léger, resté seul au P.C. de Bras, avec le capitaine Provost, expédie les affaires courantes.

 

L'ennemi commence la préparation d'artillerie (7 heures). L'ennemi, nous l'avons dit, était l'arme au pied, dans les tranchées de départ, depuis le 12 février.

 

L'assaut était remis de jour en jour. Les souffrances furent terribles et les privations à peine supportables sous la pluie, la neige et dans l'eau glacée. Les hommes ne donnaient pas. Constamment mouillés et transis, ils mangeaient froid, vivant de chocolat et de conserves, ne recevant qu'irrégulièrement du vin ou de l'eau-de-vie.

 

 

32  batterie-fran-aise-p-pendant-bataille-verdun-en-1916.jpg

 

L'artillerie française causait aussi des pertes dans ces masses, bien qu'elle tirât en aveugle et s'il n'y eut pas de déserteurs ces jours-là, c'est que tout le monde veillait et qu'on avait pris la précaution de toujours faire accompagner les Polonais par des Prussiens.

Au quartier général de la Ve armée, on remarqua que le 20 février était le jour de la pleine lune et comme les vents du nord-est soufflèrent le soir, chassant la pluie, on en conclut qu'une période de beau temps allait commencer et que le signal de l'attaque pouvait être donné.

 

 

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Le 21, un peu avant 7 heures (8 heures à l'heure allemande), de l'état-major de Vittarville, l'ordre était adressé au général Schabel, commandant l'artillerie et aux généraux commandant les corps d'armée, de faire ouvrir le feu. A ce signal, depuis la Meuse jusqu'à PHerbebois, l'horizon s'alluma. Des milliers de canons commencèrent à gronder.

L'alerte à la 72e division.

 

Dès les premiers obus, tout le monde chez nous comprit de quoi il s'agissait et fut sur pied.

 

Au bois des Caures:

 

Le capitaine Pujo et le capitaine Boireau, ayant laissé leur automobile à la ferme Joli-Coeur, sont arrivés à travers les fourrés du bois des Caures jusqu'à la tranchée 7 du Chauholy. Là, ils ont vu sans jumelle les tranchées allemandes de Vaux Hordelle bondées de troupes. Ils échangeaient leurs observations quand un frôlement de soie agita doucement l'air au-dessus d'eux, puis de formidables explosions secouèrent le bois de Ville.

 

 

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D'autres frôlements succédaient déjà aux premiers ; l'orage se rapprochait ; il éclata sur R2, puis il fut partout ; la terre tremblait et paraissait vomir des jets de feu. Les deux officiers se hâtèrent vers Bras, par le chemin le plus court, sans aller reprendre leur automobile à Joli-Cœur, sans passer par R2 du bois des Caures, P.C. du lieutenant-colonel Driant.

 

Driant, lui, n'avait, autant dire, pas quitté son bois depuis le 15 février. Il attendait si bien la grande attaque pour aujourd'hui, qu'à 6 heures du matin, en partant de Morrnont, il avait remis à son secrétaire, le chasseur Houin, son alliance et divers objets personnels, le priant de les faire parvenir aux siens, en cas d'événements. Et à 7 heures, il était là depuis quelques minutes, exact au rendez-vous.

 

 

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Quand les premiers obus éclatèrent, il donnait ses instructions au lieutenant Lerov, à une centaine de mètres en avant de son P.C. de R2, fixant les travaux à effectuer dans la journée. Le I peloton du sous-lieutenant Brouillard, de la compagnie Berweiller (7e) du 56e bataillon, venu du camp Flamme, travaillait déjà aux réseaux de fils de fer. Le colonel leva la tête. Il regarda le lieutenant Leroy, et sans rien lui dire d'autre, gagna lentement son abri. Les hommes, dispersés dans leurs ateliers, se terrèrent où ils purent dans les boyaux de communication, dans les trous d'obus.

 

C'était un ouragan de mitraille. Les explosions ébranlaient l'air. Le sol tremblait et s'entr'ouvrait ; on eût dit que le bois des Caures était miné. De grosses branches tombaient, hachées par les schrapnels et par les éclats d'obus. Des arbres, atteints, de plein fouet par des projectiles monstres, étaient fauchés et projetés violemment les uns sur les autres.

 

 

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D'un coup de téléphone au capitaine Vincent, qui est à Mormont, le colonel a alerté le 56e bataillon. Le capitaine doit réunir à Mormont ses compagnies de Vacherauville et du camp Flamme, et se tenir prêt à accourir dans le bois, au premier signal. Le commandant Renouard, commandant le 59e bataillon, inspecte déjà les tranchées de première ligne, s'assurant que tout le monde est à son poste.

 

Dès 7h30, le 59e bataillon est prêt et les ordres du colonel sont en voie d'exécution au 56e. Appelés à Mormont, où sont déjà les compagnies Hamel (8e) et Loiseau (9e), avec le capitaine Vincent, la compagnie Quaegebeur (10e) quittait Vacherauville et le peloton restant de la compagnie Berweiller (9e), le camp Flamme. La section de mitrailleuses Berger, du 59e, quittant Mormont, allait s'installer à la corne sud du bois des Caures, dans un petit ouvrage préparé pour flanquer la ligne des C et Beaumont, près de la route de Ville. La section Malavault, de la compagnie Hamel (8e) du 56e, l'y accompagnait, pour lui servir de soutien.

 

 

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A Samogneux.

 

Le général Bapst arrivait à Samogneux, avec le capitaine de Franqueville, quand l'ouragan de fer commença à déferler. Il l'attendait, lui aussi, et il en comprit tout de suite le sens. Verbalement, il prescrivit au lieutenant-colonel Bernard, commandant le 351e à Samogneux, d'alerter Brabant et Consenvoye et, au grand trot, il s'empressa de rejoindre son P.C. de Bras.

 

 

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En passant à Vacherauville, à 7 h 30, il entrait chez le colonel Parés, à qui il prescrivait d'alerter tout le sous-secteur. Le général n'était pas encore de retour à Bras où éclataient déjà quelques fortes explosions, que les troupes étaient en mouvement partout.

Le lieutenant-colonel Bernard n'avait pas perdu une minute pour alerter le 351e et le 44e territorial.

 

 

 

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La compagnie Panan (18e) et les deux sections de la compagnie Pignin (19e), seules unités du bataillon Lehugeur (5e) du 351e encore disponibles à Samogneux, étaient parties pour occuper les R de Brabant. La compagnie Moracchini (23e) du bataillon Delos (6e) disponible à Champneuville, partait pour occuper les R de Consenvoye.

 

A Samogneux ne vont plus rester, auprès du lieutenant-colonel Bernard, que deux sections de la compagnie Latraye (23e) du 44e territorial, trois sections de la compagnie Bauer (24e) de ce même régiment, et la compagnie Garavel (22e) du bataillon Delos (6e) du 351e, appelée de Champneuville.

 

A Vacherauville.

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Le colonel Vaulet, commandant le sous-secteur Est, était, lui aussi, à Vacherauville, quand le général passa. Prévenu en même temps que le colonel Parés, il donna tout de suite l'ordre d'alerte au 165e.

 

Les bataillons Bertrand (2e) et Maugras (3e) ainsi que les deux sections de la compagnie de mitrailleuses Vogt (2e) de ce régiment, qui doivent rester à la disposition du général de division, sont envoyés dans le ravin de la Cage, au nord-est de Vacherauville. Ils y seront à l'abri et sous la main du commandement. La compagnie Vauquelin (2e) du bataillon Delaplace (1er) va de Vacherauville à Mormont où elle sera à portée de soutenir les trois autres compagnies de son bataillon, aux avant-postes dans le bois d'Haumont.

 

 

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Au milieu des tirs de barrage serrés et dans un nuage de gaz lacrymogènes qui empestent le ravin de Samogneux, le colonel Vaulet avait quitté lui-même Vacherauville, sans perdre une minute et à 8 heures, il arrivait sain et sauf, sous les rafales, à son P.C. de Mormont.

 

Le 362e, le colonel Parés l'a alerté aussi. Le bataillon Huet (5e) de ce régiment est dans le bois d'Haumont. Le lieutenant-colonel Bonviolle groupe à Samogneux le bataillon Fourcroy (6e), dont deux compagnies étaient déjà dans le village et les deux autres à Champneuville. Ce bataillon restera là, en réserve de sous-secteur, à la disposition du colonel Parés.

 

Le 60e.

 

Dès 7 h 15, les obus déferlaient avec une violence inouïe sur le mamelon 338 (344) où nous avons laissé le lieutenant-colonel de Pirey, commandant le 60e, exécutant une reconnaissance de terrain avec les officiers de ses 2e et 3e bataillons, chargés de pousser l'organisation défensive de cette position.

 

 

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Aucun travail n'était possible pour le moment. Le colonel arrêta ses reconnaissances, groupa ses deux bataillons dans le ravin à l'est de Bras, que les obus ne semblaient pas visiter encore, et se rendit à Bras, pour demander des instructions au général Bapst. Il était de retour vers 8h30, avec l'ordre de laisser ses bataillons à l'abri, là où ils se trouvaient le bataillon Duffet (1er) dans Samogneux ; les bataillons Bertrand (2e) et Maugras (3e) dans les carrières de Bras. Le 60e était réservé à la disposition du général commandant le 30e corps.

 

L'artillerie.

 

Avant que leurs observateurs aient pu leur signaler autre chose qu'un véritable « feu d'artifice » d'artillerie ennemie embrasant tout l'horizon, et qu'aucun ordre ait pu leur parvenir, nos batteries, du moins celles en position depuis longtemps et celles avoisinant le sommet 338 (344), se sont trouvées sous une pluie d'obus de tous calibres. A la 24e batterie du groupement Gillier, du 61e, le capitaine de La Touche signale une forte odeur d'éther et d'amandes amères. Aux batteries du groupe Chappat (18e), du même groupement, on est gravement incommodé par du chlore.

 

 

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En hâte, nos artilleurs, bourrent leur nez de tampons d'ouate, ou s'affublent de bâillons et de lunettes d'automobilistes, seuls moyens de protection, bien illusoires d'ailleurs, dont ils disposent. D'ailleurs, ce ne sont pas ces gaz qui empêcheraient d'agir, si l'on savait sur quoi tirer, mais on ne voit rien que la poussière et la fumée de milliers d'éclatements et d'incendies, un nuage épais enveloppant les premières lignes, les villages, les chemins et les carrefours. Il faut attendre.

 

Le bombardement.

 

Loin de s'atténuer, le bombardement a atteint progressivement un degré d'intensité inouï. A 8 heures, il est vraiment effroyable. Partout, sur tout le terrain compris entre Brabant, les Caures et Vacherauville, bombes et gros projectiles bouleversent le sol, ébranlent et troublent l'atmosphère. Les communications téléphoniques sont déjà coupées par endroits et une fumée opaque rend les observateurs aveugles.

 

a) Les premières mesures.

 

Rentré à Bras un peu avant 9 heures, le général Bapst a prescrit de renforcer les liaisons prévues en cas d'alerte et demandé au corps d'année des cyclistes supplémentaires, qu'on ne pourra d'ailleurs pas lui donner. Il a recommandé aux commandants des sous-secteurs d'user largement des postes de pigeons voyageurs prévus ou déjà installés à Samogneux, à Haumont ei à Vacherauville.

 

 

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A 9 heures, sur l'annonce de la rupture de très nombreuses communications téléphoniques, ordre est donné d'user de cyclistes, de coureurs à pied, même de cavaliers, le long du canal.

Pas d'attaque d'infanterie, mais seulement partout de la fumée, un roulement ininterrompu de formidables explosions. Un moment, devant les postes 8, 10, 13, 14 et 15 de Brabant et de Consenvoye, on a cru distinguer des mouvements suspects. Le groupement Roumeguère a exécuté un tir de concentration sur cette région, puis on n'a plus rien signalé.

 

Inquiet pour ses munitions, dont le stock paraît bien réduit en présence de la débauche d'obus à laquelle l'ennemi se livre, le général a prescrit aux commandants des groupements d'économiser strictement leurs coups, tant que les Allemands n'auront pas dévoilé leurs projets La même préoccupation hantait le corps d'armée, puisque, à peine cet ordre était-il donné, qu'un coup de téléphone du colonel Seguin, commandant l'artillerie du 30e coips, recommandait l'économie. Celle-ci s'imposait le parc d'artillerie de la place ne pouvait rien livrer et l'arsenal était vigoureusement bombardé.

 

Au total, la matinée se passe, pour l'état-major de la 72e division, à tâcher de maintenir les communications avec l'avant, écrasé de projectiles. Ces communications sont tout à fait intermittentes. Aux premières ruptures, des téléphonistes se sont précipités et, héroïquement, sous les rafales de fer, ont opéré quelques réparations, au prix de pertes sévères. A partir de 10 heures, toute réparation est impossible et, seuls, quelques coureurs à pied, bondissant de trou d'obus en trou d'obus, peuvent espérer se glisser au travers des barrages invraisemblablement serrés.

 

 

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Dès ce moment, aucun renseignement précis n'arrive plus des premières lignes. On apprend cependant par des coureurs que les réserves de secteur sont à peu près toutes arrivées à leur place et qu'elles sont dans leurs abris, prêtes à agir ; que les groupements d'artillerie sont en situation d'intervenir dès qu'ils en recevront l'ordre ou qu'un objectif se présentera. C'est l'essentiel.

 

Le capitaine de Courson est parti pour assurer la liaison avec la 51e division ; le capitaine de Franqueville s'est rendu auprès du colonel Vaulet à Mormont, et on attend. Que faire d'autre ?

 

Depuis 7h30, où un premier obus a bousculé les bureaux du sous-intendant, Bras n'a pas été trop maltraité par les obus. De sorte que, à 11h30, on déjeunait, au P.C., de fort bon appétit, en dépit de quelques explosions qui, de temps en temps, ébranlaient les bâtiments, quand les vitres de la salle à manger volèrent en éclats. Un obus de 380, tombant sur le pignon arrière de la maison, avait écrasé la moitié de l'immeuble et, en particulier, la cuisine.

 

Cette fois, le général se décide à faire descendre dans l'abri bétonné tout le personnel de l'état-major.

 

 

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C'est à 8h30 seulement que le premier obus, un projectile de 380 mm, tomba sur Vacherauville. Il fut tout de suite suivi d'une grêle d'autres et à partir de ce moment, le P. C. du colonel Parés, resté indemne d'ailleurs, fut à peu près isolé de tout. Le colonel avait pu être informé par téléphone que les points d'appui de Brabant et de Consenvoye étaient prêts à faire face à une attaque, mais de Mormont, où le colonel Vaulet avait dû arriver, il ne savait rien.

 

Jusqu'aux bois, le sol était bouleversé, l'atmosphère troublée. Dans Vacherauville, des incendies éclataient. A Mormont, le colonel Vaulet était à peu près coupé de l'avant, lui aussi. Un barrage serré le séparait du bois des Caures.

 

Vers 10 heures, les communications optiques, les seules possibles avec la côte du Poivre, par où on pouvait aboutir à la 72e division, ne fonctionnaient plus que très irrégulièrement à cause de la fumée, de la poussière et du trouble de l'atmosphère. Les coureurs ne revenaient pas. Les ravins d'Haumont et de Samogneux, empestés de gaz, n'étaient plus praticables. Ail heures, le téléphone était hors d'usage. De sorte que toute l'après-midi se passa dans l'attente angoissée d'un assaut sur les premières lignes et dans l'impossibilité de communiquer avec personne.

 

 

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A 16 heures, la ferme de Mormont est violemment bombardée. Des abris sont écrasés ; on y compte 8 morts et 8 blessés. L'endroit a été repéré par des avions au moment où les compagnies du 56e bataillon de chasseurs, mandées de Vacherauville et du camp Flamme, y arrivaient. Il y avait là, à ce moment, 3 compagnies du 56e bataillon de chasseurs et la 2e compagnie du bataillon Delaplace (1er) du 165e.

 

Le colonel s'empresse d'abord d'envoyer ces unités dans les abris voisins ; puis, devant l'impossibilité où il est d'obtenir aucune communication dans un P.C. aussi exposé, il demande au général Bapst l'autorisation de transférer son P.C. à la batterie C, près du carrefour de la route de Vacherauville et du chemin de Louvemont. Au moins là, on ne sera pas à découvert et les coureurs pourront se glisser sans encombre jusqu'à Vacherauville.

En attendant, comme le commandement de la division, celui des sous-secteurs est paralysé et impuissant devant le cataclysme dont la violence déjoue toutes les prévisions.

 

Brabant et le bois de Consenvoye.

 

Les premières lignes, on peut le croire, n'étaient pas plus épargnées que les P.C. Mines et obus de 77 mm, de 150 mm ou de 210 mm nivelaient les légers parapets abritant les tirailleurs, tandis que des calibres plus forts bouleversaient les ouvrages des S et des R et que des barrages serrés de gros calibres et de gaz lacrymogènes ou asphyxiants interdisaient les carrefours et la région au sud des bois. Brabant a été moins éprouvé que le reste du front, bien que ses tranchées soient vues directement des tranchées ennemies, et ses R, des bois de Moirey et des Forges.

 

 

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Mais le commandant Lehujeur est bloqué par les tirs de barrage dans son P.C., n'ayant guère eu que le temps de téléphoner l'ordre d'alerte aux compagnies de première ligne et aux réserves de Champneuville.

 

Ces réserves, les compagnies Panan (18e) et Pignin (19e), qui ont quitté Champneuville à 8h45, se sont heurtées aux barrages. Après des efforts surhumains, elles n'arriveront aux R de Brabant qu'à 16 h 30, ayant parcouru 3.500 m en 8 heures, au prix de pertes sensibles.

 

Dans le bois d'Haumont.

 

A 9 heures, impatient de ne rien recevoir du commandant Huet, dont le bataillon (5e) est dans le bois d'Haumont, le lieutenant-colonel Bonviolle, commandant le 362e, est parti de Samogneux pour Haumont avec ses sapeurs et ses agents de liaison. Le boyau de communication qu'il suit, si l'on peut donner ce nom à la piste boueuse serpentant par le fond du ravin de Samogneux, est arrosé sur toute sa longueur par les obus lacrymogènes. Pourtant, le groupe passe sans accident.

 

 

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A Haumont, que les explosions secouent et qui brûle, le colonel trouve, terrées dans leurs abris, les compagnies Claisse (17e) et Bernard (19e) que le commandant Huet y a laissées en réserve. Il est 10 heures. Avec le P.C. du commandant, qui est à la lisière du bois, pas plus qu'avec Mormont, aucune communication n'est possible. Un coureur est envoyé jusqu'à S6. Cet homme revient, ayant appris que S3, où est la grand'garde n° 2 (20e compagnie), est à peu près détruit et que l'ennemi semble s'y acharner.

 

Renseignement sans valeur. En réalité, l'ennemi s'acharne partout. Il prépare une attaque de grand style ; mais où, quand et comment cette attaque se déclenchera-t-elle ? On n'en sait rien.

Ce bois, où nul ne peut avoir accès, est un enfer. Les compagnies en ligne des bataillons Huet (5e) du 362e, et Delaplace (1er) du 165e, y meurent lentement, ensevelies par groupes entiers ou déchiquetées. Les tranchées de première ligne sont bouleversées. Les hommes sont blottis ou aplatis dans des trous d'obus ou denière des troncs d'arbres, obligés de changer de place à chaque instant. Le grand abri de R4 et l'abri de R des Caures, contenant des escouades de la compagnie Derome (3e) du 165e ont été écrasés et les occupants ensevelis.

 

De la demi-section de cette même compagnie installée dans le boqueteau 307.8, une escouade a été enlevée par un obus de 380 mm, arrivé de plein fouet.

L'abri 11, où était une escouade de la compagnie Mauduit (4e) du 165e, est détruit, et 12 hommes sont ensevelis. L'abri qui servait de P.C. au capitaine Mauduit s'écroule : le sergentmajor et 5 hommes restent sous les décombres. Deux mitrailleuses, sur les trois qui étaient en première ligne, sont ensevelies et leur personnel est décimé.

 

 

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Dans ses abris de la ferme d'Anglemont, la compagnie Guyon (leie), du 165e, subit des pertes sévères. Haumont, qui s'écroule et flambe, est dans un cercle de feu. Jusqu'au soir, le lieutenant-colonel Bonviolle y demeurera isolé. Les quelques braves qui essaieront de se glisser à travers la grêle serrée des barrages jusqu'à la corne sud du bois ou vers Samogneux, paieront de leur vie cette tentative.

 

Dans le bois des Caures.

 

 

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Là non plus, depuis le premier coup de canon de 7 heures, l'ouragan de fer n'a pas cessé de déferler. Dès 10 heures, le bois est impraticable sol retourné, grands arbres fauchés, sous-bois haché.

 

On a l'impression qu'il n'existe pas un pouce de terrain qui n'ait son gramme de mitraille. Ici, le bruit est tellement strident qu'il faut hurler pour se faire entendre à deux pas.

Depuis la première heure, les communications téléphoniques sont rompues entre R2, P.C. du lieutenant-colonel Driant et les grand'gardes. Les abris sont écrasés pour la plupart, et les chasseurs qui les occupaient, ensevelis ou plus ou moins grièvement contusionnés.

 

Les hommes se blottissent derrière les ruines mouvantes, dans les entonnoirs de mines profonds de plusieurs mètres et que les explosions comblent successivement. Les abris épargnés sont obstrués par de la terre ou par des arbres arrachés ; il faut les dégager sous la mitraille, et on le fait, car on veut être prêt à sortir quand l'ennemi se présentera.

 

 

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Un obus de 420 explose près du P.C. de la grand'garde n° 3, où le capitaine Seguin se tenait avec sa liaison et une quinzaine de chasseurs. L'abri n'est pas touché, mais il est soufflé ; le chasseur Syvert est tué, le chasseur Vicaire grièvement blessé, 15 fusils sont rendus inutilisables. Un autre obus monstre s'abat sur un abri à 80 m au nord de R2, où le lieutenant Brouillard s'était réfugié avec une quinzaine de chasseurs du 56e bataillon.

 

Le lieutenant et la plupart de ses hommes demeurent ensevelis sous les moellons et sous les poutres auxquelles un ) poêle a communiqué l'incendie. Le lieutenant Leroy, le sergent Caplain accourent de R2 avec quelques braves et, sous la mitraille, s'emploient à déblayer les décombres. Le lieutenant Brouillard est mort, 9 hommes sont grièvement blessés. L'un d'eux s'enfuit, en poussant de grands éclats de rire, une jambe à moitié carbonisée ; il était devenu fou.

 

Dans le P.C. de R2, le colonel Driant et le commandant Renouard ne peuvent communiquer ni avec l'avant ni avec l'arrière, autrement que par des coureurs. On travaille à établir une liaison optique entre la lisière sud du bois et la ferme de Mormont, mais en attendant, toute action est impossible.

 

 

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Bravant une mort à peu près certaine, le sous-lieutenant Petitcollot, adjoint au colonel, laissé ce matin à Mormont avec ses écritures et ses rapports, avait quitté son poste, le travail terminé, et était venu rejoindre son chef dans le bois. Un obus de 210, arrivé de plein fouet, frappe l'aile droite du bloc de béton qui constituait l'abri de R2 et écrase le côté réservé aux officiers. Le sous-lieutenant Petitcollot est tué ; le lieutenant d'artillerie Tillet, officier de liaison du groupe Gillier, ainsi que quelques chasseurs, sont grièvement blessés.

 

Jusqu'à la tombée de la nuit, les explosions succèdent aux explosions, creusant d'énormes cratères, nivelant tout, ensevelissant et retournant tout. Le bois est devenu un chaos, mais Driant pense que sa défense contre l'infanterie en sera facilitée, parce que les fils de fer des réseaux détruits, s'enroulant maintenant aux troncs déchiquetés et aux branches tombées, retiennent les poutres et les souches errantes et forment un lacis vraiment inextricable.

La situation vue du corps d'armée.

 

L'état-major du 30e corps a été alerté de bonne heure, avant l'arrivée de tout renseignement, par le grondement ininterrompu de la canonnade. Toute la zone nord de Verdun paraissait en feu ; le général Chrétien, commandant le corps d'armée, comprit immédiatement qu'il s'agissait de l'attaque de grand style annoncée. Elle visait tout le front de son corps d'armée.

 

 

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Derrière les 72e, 51e et 14e divisions, tenant les premières lignes, il dispose dans le triangle Douaumont-Froideterre-Verdun d'une réserve de 14 bataillons prélevés sur les divisions en ligne. Ce sont les 208e, 273e, 310e et 365e régiments d'infanterie à 2 bataillons ; les 35e et 60e à 3 bataillons, le 60e étant déjà employé dans le secteur de la 72e division. En outre, les 13 bataillons de la 37e division d'Afrique viennent d'arriver dans la région Lempire, Ippécourt, Souilly et peuvent être à pied d'oeuvre dans quelques heures. On est donc en mesure de supporter un choc.

 

Les premiers renseignements, arrivés à partir de 9 heures, sont très vagues. Depuis la Meuse jusqu'à Étain, on signale des centaines de batteries de tous calibres, nouvelles pour la plupart, bombardant nos centres de résistance et les carrefours en arrière.

 

Des reconnaissances d'avions en repèrent à chaque instant d'autres de très gros calibres dans la région d'Etraye, de Romagne et de Crépion. Ces batteries tirent sur le bois d'Haumont.

 

Les avions des escadrilles Cl8 et N23 se multiplient, malgré l'activité de l'aviation allemande, supérieure en nombre et en moyens. C'est seulement au prix de combats acharnés qu'ils réussissent à survoler les lignes ennemies. Partout, d'ailleurs, la poussière et la fumée sont si épaisses qu'elles empêchent d'apercevoir le sol. On ne voit pas d'infanterie. En attendant, des obus de 380 tombent dans Verdun.

 

 

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A 9h30, le général prescrit à l'artillerie de corps de riposter vigoureusement sur les centres

d'artillerie ennemie reconnus et d'employer pour cela des projectiles à gaz.

A midi, en prévision d'une attaque d'infanterie qui ne peut plus tarder longtemps, après une débauche d'obus aussi invraisemblable, 3 régiments sont alertés : le 208e, qui est donné à la 51e division ; les 365e et 35e qui se rassemblent, l'un entre Froideterre et Belleville, l'autre près de la caserne Marceau.

 

Ordre est expédié : - Au lieutenant-colonel de Pirey, commandant le 60e, de laisser à Samogneux le bataillon qui s'y trouve et de garder ses deux autres bataillons dans le ravin, à 1.500 m à l'est de Bras, à la disposition du général commandant le corps d'armée ; - Aux généraux commandant les brigades réservées, de se tenir exactement au courant de la marche des événements, et d'être prêts à alerter leurs troupes ; -Aux 51e et 72e divisions, de ravitailler scrupuleusement leurs batteries. Il faut, littéralement, que tout obus dépensé soit immédiatement remplacé.

 

 

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A midi 30, remarquant que les renseignements provenant de la 72e division demeuraient confus le général ordonne au général Bapst de quitter Bras et de transporter son P.C. à Vacherauville, plus à la portée des unités de première ligne.

 

A la même heure, un précieux renfort d'artillerie était annoncé. Un ordre de la R.F.V. mettait à la disposition du 30e coips une partie de l'artillerie mobile de la place :

1° : Un train de 155 mm long, sur voie normale, transporté de Récicourt à Charny ;

 

2° : Une batterie de 120 mm long et une pièce de 155 mm court venant, par la voie de 60 : la batterie, du fort de Marre à la côte du Talou ; la pièce, de l'arsenal à Vacherauville ;

 

- 3° : Un groupe de 100 mm et 2 mortiers de 220 mm, du 84e d'artillerie lourde à tracteurs, qui doivent être transportés à Froideterre ; -4° : Un groupe de 24 d'artillerie lourde à grande puissance (A.L.G.P.), qui va se porter de Baleycourt à Tavannes.

 

 

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Mais tout ce matériel ne pourra certainement pas intervenir aujourd'hui dans la bataille. En attendant, préoccupé surtout d'une ruée possible de l'infanterie allemande, le général ordonne, i 13 heures, aux artilleries des 72e et 51e divisions, de préparer de puissants barrages dans le ravin du bois des Caures, au débouché du bois de Ville et dans le ravin de Samogneux.

 

Les renseignements demeurent vagues. A 14h30, on sait par la 72e division, que le bombardement continue, léger sur le village d'Haumont, intense sur le bois ; que l'ennemi maintient son barrage au sud d'Haumont et dans le ravin de Samogneux ; que les communications sont coupées avec le bois des Caures, mais qu'on va essayer d'établir une liaison optique entre R2 des Caures et la côte du Poivre ; que de Mormont, le colonel Vaulet communique encore d'une manière intermittente avec R5 et avec le bois d'Haumont.

 

A 15h40, on signale une diminution sensible du bombardement sur le front de Brabant-Haumont, et un bombardement violent du bois des Caures, des ouvrages 338 (344), de Beaumont, de Bras, de Vacherauville et du fort de Vacherauville. De fusillade, nulle part encore.

 

Nos reconnaissances aériennes sont d'ailleurs impuissantes à repérer les batteries allemandes. I y en a trop dans les bois de Consenvoye, d'Étraye, de Crépion, de Moirey, d'Hingry, de Breuil, de Spincourt. Aussi loin que la vue peut s'étendre vers l'est et vers le sud-est, les bois disparaissent dans la fumée et les villages sont en feu.

 

 

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On n'a jamais vu une débauche aussi infernale d'obus de tous calibres. Quelle ruée d'infanterie va la suivre ?

 

Que doit-il rester de nos bataillons disséminés en première ligne, au milieu de ce cataclysme ?

 

Où l'effort principal de l'ennemi va-t-il se déployer ?

 

Angoissant mystère qu'encore à 16 heures, le commandement est impuissant à éclaircir.

 

à suivre et bonne lecture

 

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merci juluch

 

mais le dossier est aussi très lourd, je vais manqué de pas mal de photos d'ailleurs car la suite est difficile à mettre en images, surtout vers le 5è "épisode"

 

je vais fouillé dans les archives allemandes ensuite

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:jap: je mettrais tout les liens et livres ensuite, je pose la suite car j'ai un peu de temps

 

vous pouvez lire de suite à chaque épisode mais c'est encore plus fort quand on refait le parcours d'un coup, mais là, faudra atteindre au moins de trois semaines au plus court

 

Suite...

 

La perte du bois d’Haumont

A 16 h 45, l'attaque allemande s'est déclenchée suivant le rythme prévu.

Laissant la 77e brigade et la XlVe division de réserve devant Brabant et Consenvoye, pour y fixer la gauche française, le général von Zwehl a pris pour objectif le bois d'Haumont.

Le saillant du bois est respecté. Le 39e régiment de réserve, de la XIV division de réserve, attaque par deux bataillons les tranchées 28 et K ; à l'est de la route de Flabas, la XIIIe division de réserve se porte sur les tranchées numérotées de 3 à 12.

 

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La tranchée 28 est occupée par une demi-section de la compagnie Dupuis (18e), du 362e ; la tranchée K, par une demi-section de la compagnie Robert (21e), du 351e. Le bombardement les a peu maltraitées. Au contraire, les tranchées à l'est de la route de Flabas, occupées par une vingtaine d'hommes survivants de deux sections de la compagnie Mauduit (4e), du 165e, sont bouleversées.

 

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Les hommes sont terrés un peu partout, derrière ce qui reste des parapets ou dans des trous d'obus. La plupart, épuisés par la tension nerveuse, donnent. L'arrêt subit du bombardement en réveille quelques-uns. Un soldat de la tranchée 28, levant la tête, aperçoit à moins de 100 m, une ligne feldgrau avançant délibérément. Il tire et donne l'alarme. L'attaque stoppe de ce côté.

 

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Au 165e, les tranchées étaient nivelées ; les hommes épuisés par les efforts faits pour dégager les camarades ensevelis ; les fusils remplis de terre et inutilisables pour la plupart ; les caisses de grenades enterrées. Quand quelqu'un aperçut l'ennemi, celui-ci était à une dizaine de mètres et ses éclaireurs s'étaient déjà glissés entre les groupes par les intervalles non occupés, nombreux sur ce front de 800 m tenu par 2 sections. Les survivants des postes 11 et 12 furent enlevés sans résistance. Des autres postes, quelques hommes purent se dégager et s'enfuir, allant porter l'alarme en arrière.

Dans la tranchée 2 bis, il y avait une section de la compagnie de mitrailleuses Perlier (1ere), mais elle était désarmée, toutes les munitions ayant été ensevelies. Les servants purent emporte les deux machines, seule, une mitrailleuse qui était dans la tranchée 7 ne put être dégagée et l'ennemi s'en empara.

 

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Avec les deux sections qui lui restaient, le capitaine Mauduit occupait les ouvrages Sj et 82, que le bombardement avait éprouvés, mais sans détruire entièrement leurs réseaux de fils de fer L'ennemi s'arrête, sans chercher à forcer cet obstacle, conformément d'ailleurs aux instructions reçues, et il se met en devoir de déborder cette ligne par sa droite découverte.

Un coureur a été envoyé au capitaine Delaplace, commandant le 1er bataillon du 165e. Cet homme arrive à Anglemont en même temps que quelques fuyards des deux premières sections, de sorte que le capitaine Delaplace est pleinement orienté sur la gravité de la situation. Il ne dispose à Anglemont que de la compagnie Guyon (1ère).

Devant l'énorme supériorité numérique de l'ennemi, il décide de faire la part du feu et de constituer, face à l'est, une ligne de résistance passant par 82, Sj, R5 et Anglemont. Il donne, en conséquence, l'ordre au capitaine Guyon d'envoyer une section à 82, une autre à Rg ; de i 7 S protéger sa droite par une demi-section et de conserver disponible une section et demie à Anglemont.

La nuit tombait. Un bruit confus de bataille venait des bois, à la fois du nord, du nord-est et du nord-ouest ; les canons de b2 tiraient à toute vitesse, indiquant que l'ennemi abordait le ravin du bois des Caures. La nouvelle ligne de résistance n'était-elle pas déjà tournée et indéfendable ?

 

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En rendant compte au colonel Vaulet des dispositions prises, le capitaine terminait son billet par cette question tragique « Que dois-je faire ? ».

Or l'ennemi, après avoir annihilé les postes 11 et 12, a dirigé des forces importantes vers l'ouvrage 83, où le capitaine Richard a réuni 2 sections de sa 20e compagnie, grand'garde n°2 du 362e. La conservation de ce point était capitale pour la défense du bois, puisqu'on pouvait, de là, prendre à revers tout le dispositif des lisières est et ouest.

Les Allemands progressent par les fourrés. Ils attaquent au chalumeau oxhydrique les treillages métalliques des coupures de flanquement, lesquelles sont trop encombrées d'arbres renversés pour offrir un champ de tir aux défenseurs des ouvrages. Ils passent donc partout, débordent et finalement enveloppent nos centres de résistance.

 

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Ils ne s'exposent même pas aux aléas d'un corps à corps, ils écrasent les réduits de torpilles et, à 18h40, tout était détruit. Deux ou trois hommes avaient réussi à s'échapper de 83 ; le reste, morts ou blessés, demeurait, avec l'héroïque capitaine Richard, enseveli dans les tranchées comblées.

Après quoi, très prudents, les deux bataillons du 39e allemand ont marqué un temps d'arrêt. Il s'agissait d'attendre que la résistance des deux sections de la compagnie Richard (20e), occupant les tranchées 15 et 16, nivelées par l'artillerie et prises à revers par 83, soit tombée

devant l'assaut du 3e bataillon du régiment.

Ce résultat est obtenu à 19 heures, et à la faveur de l'obscurité, de nombreuses unités du 39e enveloppent la grand'-garde n° 3 du 362e, une section de la compagnie Dupuis (18e) établie, avec le capitaine, dans l'ouvrage 84. Ici aussi, les explosifs font sagement leur œuvre et la destruction est complète. L'un des derniers de sa poignée de braves, le capitaine Dupuis tombe glorieusement, un fusil à la main.

 

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Pendant ce temps, l'ouvrage 85, entièrement bouleversé, était abandonné par sa garnison : 5 hommes survivants de la demi-section du sergent Leveugle. Ce sous-officier, ne recevant aucun ordre, sachant son capitaine tué ou enlevé, et entendant les hourras de l'ennemi gagner ses derrières, dans le bois, crut pouvoir quitter son abri détruit, et se replia sur Sg.

A peu près deux heures avaient suffi aux Allemands pour recueillir, sans aucun risque, les résultats du furieux bombardement de la journée. Nos organisations en terre, et aussi les quelques abris bétonnés que l'on avait pu construire là, n'avaient pas tenu sous une rafale invraisemblable de dix heures des mêmes obus de gros calibre qui avaient ruiné les forts cuirassés de Liège, Trois compagnies décimées et étourdies par ce bombardement n'avaient pu arrêter l'élan de 3 bataillons ennemis.

 

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En vain, le lieutenant-colonel Bonviolle s'est efforcé de reporter en avant les sections qui refluaient épuisées : la section Dauvois, de la 18e compagnie, envoyée à 19 h 30, pour réoccuper 85, avec la fraction Leveugle ; le peloton Groff, de la 19e, envoyé pour tâcher de

reprendre pied sur la lisière sud du bois. Après avoir repris à la grenade 100 m de boyau 85 85, la section Dauvois a été arrêtée par des mitrailleuses devant la corne sud-ouest. Le peloton Groff a dû stopper à 80 m de la lisière, à cheval sur la route de Flabas, cloué au sol par des feux violents. Le manque de moyens ne permet pas de faire mieux pour le moment.

Le bois d'Haumont est perdu.

Quant au commandant Huet, le commandant du bataillon du 362e, il s'était trouvé très vite dans l'impossibilité de faire sentir son action. Son téléphone détruit, ses coureurs tués, il avait voulu, en apprenant la présence des Allemands dans le bois, quitter son P.C. pour aller réconforter les combattants. Une balle l'avait atteint à la cuisse et immobilisé.

 

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A 20 heures, quand les patrouilles allemandes se montrèrent à la lisière sud du bois, ralliant quelques isolés, il put se traîner jus qu'au poste de secours d'Haumont.

Cependant, les tranchées 28 et 29, que les rafales de l'artillerie allemande ont épargnées, ainsi que le boqueteau 307.8 où est la tranchée n° 2, demeurent fermement tenus par la section Babillotte, de la compagnie Derome (3e), du 165e.

A une heure très avancée de la nuit, on entendait toujours une fusillade nourrie de ce côté. Ces braves gens attendaient qu'on vînt à leur secours, et sans faiblir, ils brûlaient leurs dernières cartouches.

 

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L'attaque du bois des Caures.

A 17 heures, le bombardement avait cessé aussi sur le bois des Caures, et ce fut une détente pour les nerfs effroyablement tendus depuis neuf heures. L'accalmie fut courte. Très vite, des explosions montèrent du sud ; les Allemands allongeaient leur tir et bombardaient la région de Beaumont, ce qui signifia pour tout le monde que l'attaque d'infanterie allait se déclencher. Trois minutes plus tard, un chasseur faisait irruption dans le P.C. du colonel Driant en criant « Voilà les Boches ! ».

 

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Les 3 sections disponibles de la compagnie Simon (8e), du 59e bataillon, sont déjà à leur poste. La jumelle à l'oeil, à travers le bois très éclairci, le lieutenant cherche à distinguer la nationalité de soldats qui longent tranquillement la lisière, entre la gauche de la compagnie Seguin (7e) et R3 tenu par le 165e.

Ces soldats ont des capotes qui, dans le demi-jour sale, paraissent d'un bleu terreux ; ils ont des brassards ; ils n'ont pas de fusils ; ils sont une quinzaine. On croit à des brancardiers égarés ; on ne tire pas. Mais pendant ce temps, partout, la fusillade s'est allumée, très vive particulièrement sur le front des compagnies Robin (9e) et Seguin (7e).

Nos petits postes n'ont pas été surpris. Dès qu'il avait senti le bombardement faiblir, le lieutenant Robin avait mis en ligne tout ce qui restait de sa compagnie. Plusieurs fusils étaient brisés, tordus ou remplis de terre, mais quand les éclaireurs allemands, venus du Chaufour, se présentent devant les guetteurs, ils sont repoussés à la grenade.

 

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L'ennemi est en nombre dans le Chaufour. Le bataillon mixte, première vague de la 41e brigade, essaie d'en déboucher. Il est suivi des 87e et 88e régiments, disposés sur trois lignes comme nous l'avons dit. La 42e brigade, dans un dispositif analogue, est à la gauche de la 41e, sa gauche à la route de Ville.

Devinant des masses dans cette région, le lieutenant Robin fait diriger de ce côté, à 150 m, le tir de son canon Aazen, et il lance trois fusées pour demander un barrage d'artillerie. Les Allemands attaquent et le barrage ne se déclenche pas. Les nôtres luttent avec acharnement, à la baïonnette, à coups de crosse. Le caporal Richard est envoyé, au pas de course, à R2 pour réclamer verbalement le barrage d'artillerie. Il ne revient pas. Les minutes sont des siècles.

 

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Les Allemands s'infiltrent entre les compagnies Robin et Seguin, et un groupe d'environ 150 hommes, qui s'est formé dans le boyau S7 S8 se précipite à la baïonnette sur S7 pris à revers. L'ouvrage est ouvert à la gorge. La demi-section de la section Pagnon, qui l'occupe, peut se dégager à temps et, suivie de près par l'ennemi, se replie sur S'7 où est le sous-lieutenant avec sa 2e demi-section.

Comme S7, S'7 est ouvert à la gorge, et la résistance y est impossible contre un ennemi prenant l'ouvrage à revers. L'officier avertit son commandant de compagnie et, disputant le terrain pied à pied, lentement, avec ses 20 chasseurs, il se replie sur S6.

 

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S6 est un ouvrage fermé dont les réseaux de fils de fer sont à peu près intacts. Le lieutenant Robin y dispose d'un peloton, réduit peut-être, mais vigoureux, et lui-même donne l'exemple, un fusil à la main. L'attaque déferle de trois côtés. L'ennemi est à 10 mètres. D'un tir à répétition, le sergent Cosyns abat 7 Allemands.

On lutte à la grenade. Robin est blessé au pied par un éclat. Le chasseur Hénin, qui défendait seul l'entrée d'un boyau, a la tête écrasée d'un coup de crosse ; le sergent Berthe a la mâchoire fracassée par une balle ; le chasseur Dubois, le ventre ouvert d'un coup de baïonnette. L'ennemi s'arrête et se terre, mais s'infiltre à droite et à gauche.

Des fractions se glissent jusqu'à l'ancien P.C. appelé « le Bourbier » et y sont anéanties par les feux croisés des compagnies Vigneron (10e) et Simon (8e). Pourtant, le lieutenant Robin a réussi à grouper les survivants de ses 4 sections, environ 80 hommes, sur la ligne 9 bis S6, susceptible d'une bonne résistance, en liaison avec la compagnie Vigneron (10e), qui n'a pas encore été attaquée et se dispose à prêter main-forte.

 

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Ce mouvement a coûte quelques prisonniers, parmi lesquels l'adjudant Poquerusse, qui avait tenu à se retirer le dernier de sa section et n'a pu se dégager.

La nuit vient. Les Allemands, qui ont subi des pertes et sentent l'adversaire résolu à se défendre, ont cessé leurs attaques de ce côté. Même, vers 19 heures, ils se retirent sans bruit sur la ligne, qu'ils ont conquise, des tranchées 10, 11, 12, 12', 13, et des ouvrages S7 et 8'7. Ils s'y organisent et y transportent des mitrailleuses.

La droite de la compagnie Seguin (7e) est appuyée par la mitrailleuse du sergent Léger, entre le tranchées 16 et 17, et par celle du caporal Pot, installée dans la tranchée S'9, abandonnée par une section parce que pleine d'eau.

Le sergent Léger avait eu soin de mettre sa machine à l'abri, et dès la fin du bombardement, il l'avait remise en place, de sorte que quand, dans le crépuscule brumeux, une ligne feldgrau déboucha du bois du Miroir, il dirigea sur elle un tir rapide qui brisa l'attaque. Le caporal Pot, moins expérimenté, moins maître aussi de ses 5 chasseurs, très braves mais d'un naturel « rouspéteur », perdit quelques minutes à discuter comment il faudrait vider avec des seaux la tranchée mondée. Soudain, surgit devant lui, à moins de 50 m, une longue ligne ennemie, dont la gauche avait déjà pénétré dans le bois-Carré et la droite dans le bois des Caures.

 

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Mettre la mitrailleuse en batterie, il n'y fallait pas songer, et à 6 contre 200, la résistance était inutile. Nos chasseurs, d'un commun accord, emportent leur machine et se replient sur S9 sans que les Allemands qui marchaient prudemment, les aient aperçus.

S9 était occupé par tout le peloton de l'adjudant-chef Dandauw. Au moment où les mitrailleurs le ralliaient, des fantassins munis de brassards et que l'on avait crus des nôtres, venus le long de la lisière du bois Carré, l'abordaient par le nord. L'adjudant-chef perdit la tête ; il crut tout son peloton enlevé. Le boyau conduisant à R2 était encore libre. Il donna l'ordre de la retraite.

Driant était là. Il ne manifesta aucune mauvaise humeur. « C'est bien, dit-il à l'adjudant, mettez vos chasseurs à l'abri ; restaurez-les et, avant le lever du jour, vous irez reprendre votre poste ».

 

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L'ennemi est donc maître de toute la partie sud du bois Carré, et les défenseurs de la lisière nord des Caures, qui ont devant eux les colonnes d'assaut immobilisées dans le bois du Miroir, sont pris à revers. Mais il y a là deux héros le sergent Léger, avec sa mitrailleuse et 12 chasseurs, près de la tranchée 17, et le sergent Legrand, avec 6 hommes, dans la tranchée 16.

Entouré et serré de près, à bout de munitions, Léger a mis sa mitrailleuse hors de service, puis il se défend, après l'épuisement de ses 40 grenades, jusqu'à ce que, resté presque seul, grièvement blessé, il tombe sans connaissance. Cet héroïque épisode a vivement frappé l'imagination des Allemands qui l'ont vécu, et les journaux d'Outre-Rhin l'ont relaté en grands détails, pour qu'il soit donné en exemple à la jeunesse.

 

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Quant aux chasseurs du sergent Legrand, ils n'ont, à 6, que 2 fusils encore en état de servir. Ils voudraient se replier. « J'ai reçu l'ordre de tenir ici jusqu'au bout, dit Legrand, nous avons des grenades et des baïonnettes. Il faut rester là ». Ils y sont restés. Un seul d'entre eux, blessé, est revenu des prisons d'Allemagne.

Pendant ce temps, le capitaine Seguin se prépare à défendre la ligne S8, S'9. Les réseaux de fils de fer sont détruits et les ouvrages écrasés. Les sections Gosse et Bouvier sont réparties dans des trous d'obus. Les caisses de grenades sont ensevelies pour la plupart. On réussit à en dégager quelques-unes et le capitaine en demande d'autres à R2- La moitié des fusils sont brisés : on utilise ceux des morts et on retire les leurs aux grenadiers.

Une ligne surgit dans le demi-jour, et ici aussi, il y a une hésitation parce que ces hommes portent des brassards, comme des brancardiers. Heureusement, ils s'arrêtent à une cinquantaine de mètres et tirent. Trois ou quatre salves des sections Gosse et Bouvier, bien en main toutes les deux, déblaient le terrain.

 

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Sans nouvelles du peloton Dandauw, le capitaine Seguin charge le chasseur Dûment d'aller voir ce qui se passe à S9. Un camarade, qui a entendu tout à l'heure des bruits suspects de ce côté, en avertit Dumont au passage et l'engage à être prudent. « Le capitaine m'a dit d'aller voir, dit le brave garçon, j'y vais ». Il n'est pas revenu.

C'est seulement à 19 heures que le capitaine sera informé par le commandant Renouard qu'à sa gauche, S9 et le bois Carré, à sa droite S7 et S6 ont été enlevés par l'ennemi, mais qu'à S9, Robin tient ferme. Le commandant envoyait 3.000 cartouches, mais aucun fusil ; il recommandait de se garder, surtout à gauche.

 

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Privé du peloton Dandauw, Seguin n'avait plus qu'une cinquantaine d'hommes, dont le quart environ étaient sans fusil. Pour couvrir sa gauche, il fit aménager en tranchée une partie du boyau reliant Sg à son P.C., puis, stoïquement, dans la nuit tout à fait tombée, il attendit le choc.

De tout cela, le colonel Driant n'est que vaguement informé, mais il a agi. La défense des R est aussi poussée qu'elle peut l'être, et des renforts ont été appelés. A 18h30, par son secrétaire, le caporal Isbled, le colonel a averti le capitaine Vincent, commandant le 56e bataillon, de la perte des tranchées 12, 87 et S'7 et lui a demandé l'envoi rapide de deux compagnies.

De sorte que, dès 19 heures, le peloton disponible de la compagnie Berweiller (7e), et la compagnie Hamel (8e), sont parties de Mormont par des itinéraires différents.

 

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A 18h50, le colonel appelait le reste du 56e bataillon. Le colonel Vaulet avait déjà disposé de la compagnie Quaegebeur (10e), comme nous le dirons plus loin. Le capitaine Vincent conduisit lui-même au bois, à 19h30, la 9e compagnie et le peloton de mitrailleuses du bataillon, seuls disponibles à Mormont.

A 21 heures, tous les renforts sont dans le bois. Le capitaine Berweiller, avec le seul peloton de sa compagnie (7e) qui lui reste, va renforcer la ligne entre R2 et R4.

La 8e, commandée depuis le matin seulement par le capitaine Hamel, qui ne connaît ni la compagnie ni la région, sera disloquée pour renforcer les grand'gardes du 59e au moment du besoin ; le peloton du sous-lieutenant Pluntz sera prêt à appuyer la compagnie Robin ; la sectiot du sergent Six, la compagnie Seguin. La section du sous-lieutenant Undenstock restera disponible à R2 avec le capitaine.

La 9e, dont le chef, le lieutenant Quérel, est malade, est disloquée aussi et ainsi répartie le peloton du sous-lieutenant Drecq, dans Rj et dans des tranchées entre Rj et R2 ; les sections de; sous-lieutenants Loiseau et Mûnch, dans des tranchées au nord de R2 d'où elles battent la route de Flabas.

 

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Ainsi, en comptant la compagnie Quaegebeur (10e), envoyée par le colonel Vaulet à R4 et à R5

la ligne des R se trouve occupée à 20 heures par tout le 56e bataillon de chasseurs et par 3 sections de la compagnie Simon (8e) du 59e. En particulier, le centre de résistance de R2 est défendu par six sections et par les deux sections de pionniers des lieutenants Leroy et Crampel, au total, la valeur de deux compagnies. Ici, les coeurs sont fermes et la résolution inébranlable de tenir jusqu'à la mort.

L'artillerie.

Nous avons dit qu'il y avait des canons à la lisière sud des bois toute la 25e batterie du 61e régiment d'artillerie de campagne, répartie en deux sections entre les batteries bj et b2 ; une section de 58 mm mélangée aux fantassins de la compagnie Dupuis ; une batterie de 90 mm du 11e régiment d'artillerie à pied, dans la batterie d.

 

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Les pièces de 58 mm avaient été rendues complètement inutilisables par le bombardement. L'adjudant Piérard, qui les commandait, voyant l'infanterie écrasée, et pensant pouvoir se rendre plus utile ailleurs, ramena ses servants au P.C. du commandant Gillier.

La section de 75 mm de la batterie b2 fit son office. Dès 16hl5, tandis que l'artillerie allemand( allongeait son tir, le guetteur de cette batterie signala des fantassins allemands se glissant de la corne nord-est du bois d'Haumont dans le bois des Caures. L'objectif était peu vulnérable. Le sous-lieutenant Labroche ouvrit le feu tout de même. Pointage au collimateur ; hausse de dépar 700 m ; tirs régressifs avec bonds de 50 m jusqu'à 500 mètres. L'infiltration cessa de ce côté.

 

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A 16h30, des fantassins du 165e se repliaient du bois d'Haumont. Ils avaient été surpris par l'ennemi : leurs officiers étaient morts : ils ne savaient où aller. Le sous-lieutenant les rallia et

leur fît servir les pièces.

Des mitrailleurs arrivèrent avec leur machine, mais sans cartouches. Ils ne pouvaient rendre aucun service, le lieutenant les dirigea sur Mormont. Vers 17 heures, entendant dans le bois des Caures un bruit de combat, et bien que ne recevant aucune demande, il exécuta à tout hasard un tir de barrage devant le Chauholy.

Quelques minutes plus tard, des coups de fusil éclataient à la lisière sud du bois d'Haumont, faisaient des victimes parmi les servants et rendaient, très vite la situation intenable. Un tir rapide est immédiatement dirigé sur cette lisière. Toutes les munitions sont brûlées, puis les pièces rendues inutilisables, et le sous-lieutenant Labroche arrivait vers 18 heures, avec son personnel et les culasses de ses canons, au P. C. du commandant Gillier.

Une heure plus tard, le maréchal des logis Jean y ramenait aussi le personnel de la section occupant b2- Là, on n'avait pu qu'exécuter un tir rapide contre la lisière sud-ouest du bois d'Haumont, d'où l'ennemi débouchait en forces. On avait eu le temps, cependant, de mettre les pièces hors d'usage avant de suivre la retraite des fantassins du 165e et du 362e.

 

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Quant au personnel de la batterie d, impressionné par les récits des fuyards du bois d'Haumont et croyant Anglemont pris par l'ennemi, il s'était replié lui aussi sur Mormont, jugeant toute résistance impossible pour des pièces de 90 mm isolées.

Les groupements Roumeguère et Gillier, soumis pendant toute la journée à un violent bombardement et privés de renseignements, car leurs observateurs ne pouvaient communiquer avec eux par le téléphone, par des coureurs ou par signaux optiques que d'une manière irrégulière et insuffisante, souffrirent beaucoup et ne purent pas faire sentir leur action d'une manière très efficace.

Vers 11 heures cependant, sur une menace qui paraissait se dessiner entre Brabant et le bois de Consenvoye, le groupement Roumeguère a exécuté un tir de concentration de toutes ses batteries devant les tranchées 7, 8, 8 bis, 11, 13, 14, 15.

Aucun résultat n'a été constaté. L'infanterie ennemie n'est pas sortie de ses lignes, cependant que les canons allemands n'ont pas cessé un instant leur infernale débauche de munitions et que notre infanterie ne demande aucun barrage.

 

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A 17 heures, un obus détruit l'appareil de signalisation optique de 338 (344), à peu près au moment où la fusillade commençait à crépiter dans le bois d'Haumont. A tout hasard, dans la fumée, un tir de barrage est déclenché devant la lisière nord du bois. Il était déjà trop tard, l'ennemi s'était infiltré vers S3.

L'intervention du groupement Gillier n'a pas été sollicitée jusque vers 16 heures, bien que les communications avec le bois des Caures aient été assurées jusque-là, au moins d'une manière intermittente, par un appareil optique placé près des batteries du groupe Chappat (18e). A 16 heures, cet appareil est cassé par un éclat d'obus.

A 16h30, l'artillerie ennemie allonge visiblement son tir. Les batteries sont soumises à un bombardement violent qui coûte des pertes. surtout à la 24e batterie où le capitaine de La Touche, l'adjudant et plusieurs servants sont tués. Cette batterie est réduite à une seule section.

A ce moment, aux Caures, la fusillade crépitait. Le commandant Gillier ordonne un tir de barrage sur la région du Chaufour aux trois batteries du groupe Chappat (18e).

 

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A 17h30, on signale que la première ligne de tranchées a été enlevée. Tout de suite, le groupement entier exécute de violents tirs de barrage sur la région au nord-est du bois d'Haumont et sur le bois Carré. Des centaines d'obus sont tirés à toute vitesse, dont les douilles, immédiatement mises en tas, finissent par constituer des abris très efficaces pour les servants. . .

Ce tir n'est interrompu que le temps nécessaire pour permettre le refroidissement des pièces à A (J l'eau froide. Mais ici aussi, l'intervention de nos canons avait été trop tardive : tandis que leurs " obus écrasaient les lisières, on se battait dans les bois.

L'artillerie lourde (groupe Dewals, d'artillerie de destruction, et groupement Blanck, d'artillerie longue, placés tous sous les ordres du commandant Gros), était ce jour-là à la disposition du général commandant la 72e division.

Son rôle dans les barrages était donc fixé par le tableau des barrages qui répartissait entre les batteries lourdes l'ensemble du front de la division. Quelle fut l'efficacité de son action ? Il a été impossible de le déterminer. On sait seulement que dans la fumée, l'observation terrestre fut impossible ; que le commandant Gros dut donner l'ordre d'économiser les munitions ; que cependant l'arrivée d'un train de munitions permit de ravitailler les pièces à partir de 15h30, et que le baptême du feu fut rude. Les batteries nouvellement arrivées et sommairement installées ne furent heureusement pas découvertes, mais les anciennes furent arrosées d'obus lacrymogènes et la plupart de leurs observatoires furent bouleversés par des rafales d'obus de 380.

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à suivre....

 

 

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3 ème poste ...

 

 

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Le P.C. de la 72e division à Vacherauville.

 

Préparatifs de réaction. De toute la journée, le général Bapst n'avait reçu aucun renseignement précis des premières lignes. Même à Mormont, où il était allé chercher des renseignements à 15 heures, le capitaine Pujo n'avait rien appris. Partout, la canonnade grondait et les explosifs bouleversaient la région.

 

 

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L'ordre est arrivé, à 13 heures, de transférer le P.C. de la division de Bras à Vacherauville. Dérivatif inopportun î Téléphoniquement, le colonel Parés est averti d'avoir à resserrer immédiatement le P.C. de la 143e brigade, pour laisser une place à celui de la division.

 

On était ici depuis plusieurs mois. Il faut emballer des dossiers déjà volumineux ; replier cartes et plans, qui étaient étalés sur les tables et où on commençait à crayonner les premiers renseignements. On se servira des cartes au SO.OOOème et du liseur, comme en rase campagne. On partira ce soir, quand les avions allemands qui survolent Bras, ne seront plus en mesure de signaler cet exode aux canons.

 

A 18 heures, le général pousse de Charny sur Neuville le bataillon Mazin (6e) du 324e, qui sera renforcé là par la 2e compagnie de mitrailleuses de la 143e brigade. Le colonel sera peut-être fort aise, dans la nuit d'avoir ces unités à sa disposition.

A peine cet ordre est-il parti, que des renseignements arrivent, montrant toute l'opportunité de la mesure prise.

 

 

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C'est le colonel Parés qui téléphone :

 

1 ° Renseignement provenant du lieutenant-colonel commandant le 351e : « Une compagnie allemande s'avance sur les postes 28 et K (16 h 55). Le barrage a été demandé à l'artillerie. Les postes T et X sont violemment bombardés. La partie sud-ouest de Samogneux est en flammes ».

 

2° Du lieutenant-colonel commandant le 362e : « Envoyez renforts. Un homme du 165e a abandonné son poste à cause de l'arrivée des Allemands. Postes du 165e évacués (11 et 12). Le bombardement d'Haumont continue très violent ». « Le colonel commandant la brigade a envoyé deux compagnies au lieutenant-colonel Bonviolle, sous les ordres du capitaine Clapon ».

 

 

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En effet, préoccupé lui aussi de soutenir ses unités engagées, le colonel Parés a envoyé à Haumont, au lieutenant-colonel Bonviolle les 22e et 23e compagnies du bataillon Fourcroy (6e) du 362e et il a poussé de Neuville sur Samogneux les deux autres compagnies de ce bataillon.

 

Situation obscure du côté du colonel Vaulet. Rien du bois des Caures où l'on se bat. Le général Bapst fait avertir le colonel Vaulet qu'il tient à sa disposition à Vacherauville les bataillons Bertrand (2e) et Maugras (3e) du 165e.

 

Enfin, à 18h30, l'état-major de la 72e division quitte Bras et se hâte vers Vacherauville avec ses plans, ses serviettes et ses cartons. Il s'y installe très mal, à la lueur des bougies. Le colonel Parés, le capitaine de Warreux et leurs 6 téléphonistes, plantons ou cyclistes travaillaient à peu près commodément dans leurs deux caves de 5 rn sur 5.

 

 

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L'arrivée du général Bapst, de 4 officiers et de 15 téléphonistes ou plantons occasionna un effroyable entassement dans ces réduits. Les cartes ne purent pas être étalées ; heureusement, on connaissait le terrain de l'action.

 

Veillée tragique. Un message téléphoné du lieutenant-colonel Bonviolle, de 18h40, était un cri d'alarme : « Un téléphoniste de 83, disait le colonel, aussi clairement que le lui permettait un appareil sommairement réparé, vient dire que 83 serait abandonné et que le capitaine Dupuis serait blessé ».

 

Cinq minutes plus tard, nouvel appel du lieutenant-colonel Bonviolle. Le poste S6 fait savoir à 17 h 30 : « J'ai ici 5 hommes de S5. Les ennemis sont dans le bois d'Haumont », Haumont violemment bombardé. Je prends mes dispositions pour défendre Haumont et tenir en faisant renforcer S5, si c'est possible. Il est difficile de sortir d'ici sous le bombardement ».

 

 

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Que s'est-il passé depuis 17h30 jusqu'à 18h50, heure où ce coup de téléphone arrive ? Où se sont arrêtés les progrès de l'ennemi ?

 

Jusqu'à 21 heures, les messages se sont succédé de quart d'heure en quart d'heure, laissant deviner, dans la brièveté de leurs phrases hachées et mal entendues que la lutte se poursuit, acharnée, dans les bois et que si Brabant et Consenvoye ne sont pas attaqués, Haumont est menacé.

 

 

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Le lieutenant-colonel Bonviolle organise la défense d'Haumont.

 

Resté à Haumont avec les deux compagnies de réserve du bataillon Huet (5e) du 362e et la compagnie de mitrailleuses de son régiment, le lieutenant-colonel Bonviolle y a vu refluer les survivants des 18e et 20e compagnies anéanties dans le bois et arriver de Samogneux la tête de colonne des 22e et 23e compagnies, avec le capitaine Clapon.

 

Les dispositions qu'il a prises pour tenir dans les ruines d'Haumont, on les lit dans son message téléphoné de 22 heures, qui n'a besoin d'aucun commentaire : 17e compagnie ouvrage H[ ; 19e compagnie ouvrage H 2 ; pionniers ouvrage H3.

 

3 sections de la 23e compagnie une au presbytère, deux à l'abri en U. Mitrailleuses une à H§, une à H3, deux à S9, une au réduit.

 

 

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Patrouilles de la 17e et de la 19e, en avant d'Haumont. Un poste de la 23e, dans le vallon à droite. Nota. Deux sections de la 19e, qui avaient été envoyées en renfort vers Sa, à la demande du commandant des avant-postes, ne sont pas encore rentrées. Les 20e (G.G.2) et 18e (0.0.3)ne l> ^ forment plus d'unités constituées. Elles sont réduites à rien, étant détruites ou prisonnières, sauf une demi-section de la 18e, avec le sous-lieutenant Dauvois.

 

Le commandant Huet est blessé et au poste de secours. On travaille à réparer les démolitions causées par les obus. Le capitaine Dupuis (18e) serait tué. Le capitaine Richard (20e) serait prisonnier. « 22 h 25. Le bombardement continue à allure lente maintenant. Pas encore vu la 22e compagnie qui devait arriver avec la 23e et le capitaine Clapon ».

 

 

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Ce tableau est clair et poignant dans sa sobriété. Il ne dit pas, et cela intentionnellement sans doute, l'extrême fatigue de soldats non ravitaillés et exposés depuis le matin à un bombardement effroyable ; ni la difficulté d'organiser une défense avec de pareils éléments au milieu d'un village dont les ruines sont en feu ; mais par cela il permet déjuger la force d'âme du chef qui commande là.

 

Le colonel Vaulet appuie ses compagnies de première ligne. A 16 heures, la ferme de Mormont. repérée par les avions, était tellement bombardée qu'il était impossible à un cycliste d'en sortir. Le colonel Vaulet demanda l'autorisation de transporter son P.C. à la batterie C, près de l'embranchement de la route de Vacherauville et du chemin de Louvemont.

 

 

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C'est un abri d'une résistance médiocre, en rondins recouverts de terre, mais dérobé aux vues de l'ennemi, parce qu'à contre-pente et ouvrant vers le sud. Au moins, les communications seront plus faciles de là avec l'arrière et avec le bois des Caures. L'autorisation demandée était immédiatement accordée et le soir même, le P.C. du colonel Vaulet était à la batterie C.

 

Ici aussi, les renseignements sont rares jusqu'à 17 heures, où est arrivé l'appel que nous avons vu lancer du capitaine Delapiace. Sur cet appel, le colonel a envoyé à Angîemont la compagnie Vauquelin(2e)dul65e.

 

Une heure plus tard, un planton accouru d'Angîemont annonçant des infiltrations de l'ennemi autour de la ferme, la compagnie Quaegebeur (10e) du 56e bataillon de chasseurs est envoyée au capitaine Delaplace.

 

 

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Sur ces entrefaites, à 19 heures, le caporal Isbled est venu à Mormont, chercher le 56e bataillon de chasseurs, de la part du lieutenent-colonel Driant ; et le capitaine Vincent a conduit vers le bois, dans la nuit, les trois compagnies restantes de ce bataillon.

 

Privé désormais de toute réserve, le colonel Vaulet appelle à lui les deux bataillons du 165e que le général de division venait de mettre à sa disposition. Le bataillon Maugras (3e) ira à Mormont ; le bataillon Bertrand (2e) occupera les ouvrages de la cote 344 (338), pour servir de repli, en cas de besoin, au bataillon Delaplace (Ier).

 

 

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Des bois, les bruits du combat n'arrivent plus qu'intermittents. Tantôt, ce sont des salves qui déchirent l'air et que suivent de longs intervalles d'un silence d'angoisse, troublé par des détonations isolées que l'écho répercute longuement et par l'explosion plus sourde et plus brève de grenades. Tous ces bruits, cependant, ne paraissent pas se rapprocher.

 

A 19h40, un billet de Driant. Il est daté de 18 h 30. Le commandant des chasseurs écrit, au crayon : « G.G} tient, sauf la tranchée 3 sur laquelle une contre-attaque est dirigée. G.G2 : S6 seul tient. Une contre-attaque va être essayée sur 87, cette nuit.

 

0.63 : S' et S'8 tiennent. 89 et $'3 ont été enlevés. Nous allons contre attaquer S9. ] i Ligne des R : R2 tient. Aucune certitude encore de la prise de R3. I \ \I est possible que le coup de feu qui y a accueilli une de nos patrouilles soit français.

 

 

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On est allé reconnaître. Il est nécessaire d'envoyer des renforts pour contre-attaquer éventuellement sur R3. Envoyer des fusées éclairantes pour la nuit ».

 

Du capitaine Delaplace, aucun renseignement. On le sait pourtant depuis longtemps au contact immédiat de l'ennemi. L'intervention de l'artillerie serait peut-être opportune dans ce ravin du bois des Caures, bien qu'on ne sache pas la situation exacte de notre ligne dans cette région et que des barrages risquent fort d'aller se perdre derrière l'ennemi.

 

Le colonel Vaulet essaie vainement de se renseigner à ce sujet. Aucune réponse ne lui vient de ces bois qu'enveloppe une nuit glacée, constellée d'étoiles.

 

 

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La nuit du 21 au 22 février

 

Les derniers préparatifs du 21 dans le sous-secteur Est

 

Cependant, peu à peu, des renforts ont filtré et sont arrivés à pied d'oeuvre dans la région d'Anglemont.

 

Les compagnies Vauquelin (2e), du 165e, et Quaegebeur (10e) du 56e bataillon de chasseurs, parties de Mormont au secours du bataillon Delaplace, sont parvenues à la ferme, en dépit des tirs de barrage, la première à 18h30, la deuxième à 19h30.

 

Des patrouilles, immédiatement lancées dans toutes les directions, se heurtent partout l'ennemi qui est à la lisière du bois. Dans la nuit assez claire, on a vu des silhouettes se profiler sur la crête à l'est d'Haumont, à une centaine de mètres des ouvrages A et B ; à droite, d'autres se glissant dans les massifs du bois des Caures entre R3, R4 et R5.

 

 

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Autour d'Anglemont, un cercle se dessine donc qu'il faut briser au plus vite. Le capitaine Delaplace pousse en avant ses deux compagnies de renfort : deux sections de Vauquelin sur l'ouvrage A ; Quaegebeur sur R4 et R5.

 

Nulle part l'ennemi n'était encore en forces. Il fut refoulé à la grenade. A gauche, il reflua dans le bois d'Haumont à droite, la ligne des R fut largement dégagée et 3 prisonniers restèrent entre les mains des chasseurs, parmi lesquels un officier.

 

 

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Le bataillon Bertrand (2e) du 165e arrivait, à 19h30, à la nuit tombée, sur le mamelon 338 (344), dans une grêle d'obus de gros calibre : une grêle, car les explosions se succédaient à raison de quatre ou cinq par minute. Le sol retourné changeait d'aspect sous les jets de flamme ; on se serait cru sur un volcan. On ne peut songer à reconnaître la position, même sommairement.

 

Les 5e et 8e compagnies se sont jetées dans les tranchées bouleversées de la première ligne, face au nord ; les 6e et 7e demeurent groupées en arrière, à contre-pente. A 20 heures, quand il aura pu visiter à peu près son terrain, le commandant placera sa 7e compagnie dans l'ouvrage E, face à Anglemont. La nuit sera terrible pour ce malheureux bataillon exposé sans abri, dans un brouillard de neige, sur un terrain balayé par la mitraille et secoué par les explosifs.

 

 

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Durant d'interminables heures, nos soldats s'efforceront de relever les parapets détruits ; surtout de dégager des camarades ensevelis. De temps en temps, ce sont des groupes entiers qui disparaissent, déchirés par de gros obus ou enfouis au fond de cratères invraisemblables. Le sous-lieutenant Raineteau disparaîtra ainsi.

 

Le bataillon Maugras (2e), du 165e, est arrivé à Mormont, lui aussi dans l'obscurité, à 19h30. Justement un coureur du lieutenant-colonel Driant venait demander du secours. Mal orienté, le commandant envoie la compagnie Héry (9e) dans l'ouvrage A, où il croit la mettre à la disposition des chasseurs. Heureusement, à 20h30, grâce à une accalmie du bombardement dans cette région, Héry pouvait se mettre en liaison avec R2 et à 22 heures, il recevait l'ordre du lieutenant-colonel Driant d'aller s'établir en réserve, à l'intersection des routes de Flabas et de Ville.

 

 

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Le général Chrétien, commandant le 30e corps, prescrit de ne pas lâcher un pouce de terrain.

 

Le général Chrétien a connu à 16h45, par le général Bapst, l'attaque allemande sur le bois d'Haumont. Vainement, il a cherché à obtenir des précisions : les avions qui ont pris l'air n'ont rien pu voir dans la brume et dans la fumée qui couvraient le champ de bataille.

 

A 18h50, nouveau message de la 72e division : la première ligne du bois des Caures est probablement perdue. D'après la 51e division, les Allemands progresseraient aussi dans l'Herbebois.

 

 

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La situation est sérieuse, mais derrière la 72e division, il y a encore une forte réserve d'énergies : le 35e, le 60e, le 365e. Le général Bapst a d'ailleurs encore deux bataillons du 165e non engagés en première ligne. Il peut tenir et pour ménager les trois régiments de renfort, le général Chrétien leur prescrit de rentrer pour la nuit dans leurs cantonnements, et de s'y tenir alertés. >

 

A 20h45, le bois d'Haumont semble perdu et le bois des Caures entamé, mais le général sait que des contre-attaques sont en préparation. Il prescrit donc de ne pas lâcher un pouce de terrain, d'engager dans les bois une lutte acharnée pour que la tache d'huile ne s'étende pas ; l'artillerie interdira à tout prix le ravin du bois des Caures.

 

Les ordres sont dictés pour le lendemain.

 

 

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Il s'agit, par des contre-attaques, de rétablir l'intégralité du front. Les communications téléphoniques et optiques doivent être réparées et à 6 heures du matin, les réserves doivent être en place : - L'état-major de la 102e brigade à la mairie de Bras, avec le 310e au sud de la côte du Poivre - le 273e à la ferme de Haudiomont et un demi-bataillon du 208e à la ferme de Bezonvaux - Du 60e : l'état-major et deux bataillons derrière la côte de Froideterre ; un bataillon dans les casernes de Verdun - Le 35e, à la caserne Marceau, près de Verdun - Deux bataillons du 365e dans le ravin au nord du fort de Belleville.

 

Cet ordre vient à peine d'être expédié, qu'à 22h35, le général, se ravisant met les deux bataillons du 365e à la disposition du général commandant la 72e division.

 

 

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La situation le 21 février à 23 heures.

 

Au total, à 23 heures, la première ligne de défense est sérieusement entamée sur plusieurs points du front de la 72e division.

Les premières lignes de Brabant et de Consenvoye sont intactes. La 77e brigade allemande a fait de ce côté quelques démonstrations avec des lance-flammes, mais n'a prononcé aucune attaque. Les tranchées du bois de Consenvoye sont cependant bouleversées et leurs occupants fort éprouvés par une terrible journée de bombardement.

 

Les boqueteaux tenus par la compagnie Lefèvre (22e) du 44e territorial, ont surtout souffert, ainsi que les ouvrages des S et des R de Brabant et de Samogneux. Les organisations du village de Brabant n'ont pas reçu un obus.

 

 

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En dépit des ban-âges, le lieutenant-colonel Bernard a renforcé les premières lignes. La compagnie Garavel (22e) du bataillon Delos (6e) du 351e a été envoyée dans les R de Brabant et le commandant Delos est allé s'installer dans R2, pour être plus près des compagnies engagées de son bataillon. Les compagnies Panan (18e) et Pignin (19e) du bataillon Lehugeur (5e), du 351e, se sont établies sur la ligne des R de Brabant et le lieutenant-colonel Bernard a gardé auprès de lui, à Samogneux, la compagnie Moracchini (23e) du 351e et un peloton de la 23e compagnie du 44e territorial.

 

Le bois Neutre et le bois d'Haumont sont perdus. La ligne de défense du 362e passe par S6 et par le village d'Haumont, où le lieutenant-colonel Bonviolle a trois compagnies intactes (17e et 19e du bataillon Huet (5e) et 23e du bataillon de Fourcroy (6e) ; les débris des deux compagnies (18e et 20e du bataillon Huet, décimées) et une compagnie de mitrailleuses. La 22e compagnie rln Kafaï11nn Af Pmitvrr>\ f>n rrnitp nnnr If reirvinrlrp est enr.nre écrrenée. dans le ravin de Samogneux.

 

 

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Haumont a subi, toute la journée, un bombardement violent ; ses organisations sont toutes endommagées et plusieurs sont ruinées. La moitié du village est en feu et les compagnies ont subi des pertes sérieuses ; elles n'ont pas pu être ravitaillées ; on compte sur la nuit pour cette opération.

 

En face de cette ligne, les trois bataillons du 159e régiment allemand (14e division de réserve), ont dépassé la lisière sud des bois. Le 2e bataillon de ce régiment tient la crête 307, entre Haumont et l'ouvrage B.

 

De la 13e division de réserve, le bataillon mixte Rudolf est terré devant la ligne SI S2 que tiennent deux sections de la compagnie Mauduit (4e) du 165e. Il attend que le 159e ait débordé et pris à revers ce centre de résistance.

 

 

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La ligne B. A. R5, R4, R3, R2, RI du bois des Caures est occupée par des éléments des 1e et 3 compagnies du bataillon Delaplace (1er) du 165e, par la compagnie Quaegebeur (10e) du 56e bataillon de chasseurs et par la 8e compagnie du 59e bataillon. Devant, deux sections de la compagnie Seguin (7e) du 59e bataillon sont cramponnées à S8 S'8 et les débris de la compagnie Robin (6e) à la ligne S6, 9 bis, qui se relie, à droite, à la compagnie Vigneron (10e) du même bataillon, non encore attaquée.

 

De ce côté, le bataillon mixte allemand de pionniers lance-flammes et de grenadiers, précédant les vagues d'assaut des 81e et 87e régiments de la XXIe division (XVTIIe corps) n'a pas osé s'engager à fond, ses patrouilles d'officiers ayant reconnu que les défenses accessoires existaient encore ici en quelques endroits. Il s'est terré et les vagues d'assaut qui devaient le suivre n'ont pas quitté leurs tranchées de départ.

 

 

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Nous venons de voir arriver les bataillons Bertrand (2e) et Maugras (3e) du 165e sur la deuxième position, l'un à 338 (344), l'autre à Mormont, et la compagnie Héry (9e) de ce demi bataillon aller appuyer les chasseurs, à l'embranchement des routes de Ville et de Vacherauville. Sentant la nécessité de renforcer Mormont, le colonel Vaulet y a appelé la compagnie de mitrailleuses Vogt (2e) du 165e, disponible à Vacherauville.

 

A Samogneux, le lieutenant-colonel Bernard, qui ne peut pas faire état des 21e et 24e compagnies du bataillon de Fourcroy (6e) du 362e, destinées à appuyer la défense d'Haumont, n'a comme troupes disponibles que la 23e compagnie du bataillon Delos (6e) du 351e et un peloton de la 23e compagnie du 44e territorial. C'est peu pour parer à quelque imprévu redoutable, en attendant le renfort promis d'un bataillon du 324e et d'une compagnie de mitrailleuses.

 

 

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La nuit qui est venue, n'a d'ailleurs pas arrêté la lutte. Au contact immédiat sur tout le front, h deux adversaires s'observent, vigilants. L'artillerie allemande bombarde furieusement notre deuxième position ; la nôtre répond par de vigoureux tirs de barrage qui, si l'on en croit le général von Zwehl, commandant le Vile corps de réserve, ont coûté cher à l'ennemi.

La préparation d'une contre-attaque sur le bois d'Haumont pour 6 heures.

 

Le général Bapst avait l'ordre de reprendre partout le terrain perdu, dans le bois d'Haumont

comme dans le bois des Caures.

 

Du bois des Caures, il ne savait encore rien à 23 heures. En attendant d'être renseigné de ce côté, il prescrivit la reprise du bois d'Haumont :

 

 

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« Une contre-attaque, écrit-il, sera dirigée sur la lisière sud du bois d'Haumont, demain matin, 22 février, à 6 heures. Le lieutenant-colonel Bonviolle sera chargé de cette contre-attaque. Le bataillon de Fourcroy et un bataillon du 324e seront mis à sa disposition ainsi que : 7e'-La compagnie de mitrailleuses de la 107e brigade, qui est avec le bataillon du 324e 2° - La 1e compagnie de mitrailleuses de la 143e brigade (capitaine Gardet).

 

Secteur d'attaque : toute la lisière sud du bois d'Haumont. Le lieutenant-colonel Bonviolle pourra disposer des ouvrages A et B pour placer ses troupes. L'artillerie exécutera pendant la nuit des tirs sur la lisière du bois, dans l'intérieur et particulièrement sur S3.

 

 

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L'intensité de ce tir augmentera entre 5 heures et 6 heures du matin. L'artillerie allongera son tir au moment de la contre-attaque à 6 heures, heure à laquelle le lieutenant-colonel Bonviolle lancera quelques fusées vertes.

 

Le bataillon du 324e reçoit l'ordre de se rendre, avec la compagnie de mitrailleuses de la 107e brigade à Samogneux. Il se mettra à la disposition du commandant de Fourcroy qui, avec les deux compagnies de son bataillon qui lui restent et la 1e compagnie de mitrailleuses de brigade (capitaine Gardet), se rendra immédiatement à Haumont ».

 

 

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Général BAPST.

 

Le capitaine Gardet est averti par les soins de la 143e brigade d'avoir à prendre les ordres du commandant de Fourcroy. Le commandant Mazin, dont le bataillon, (6e) du 324e, avait été appelé à Vacherauville, reçoit l'ordre de continuer sa route jusqu'à Samogneux où il se mettra à la disposition du commandant de Fourcroy.

 

A 23 h 10, il ne restait plus qu'à informer le lieutenant-colonel Bonviolle de la mission dont il était chargé. Malheureusement le téléphone vient de cesser de fonctionner ; l'appareil optique ne fonctionne pas non plus ; c'est un coureur qui va porter à Haumont l'ordre de la contre attaque.

 

 

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Au P. C. du colonel Vaulet.

 

Le colonel Vaulet, lui aussi, a bien reçu l'ordre de reprendre partout le terrain perdu dans la journée, mais il est coupé du bois des Caures où il sait seulement que l'on se bat, et une communication du capitaine Delaplace, reçue à 21h40 ne peut que le rendre prudent.

Le commandant du 1er bataillon du 165e rend compte que les tirailleurs allemands se maintiennent à quelques mètres des réseaux de fil de fer de l'ouvrage B ;

 

que l'ennemi travaille tout le long de la lisière du bois d'Haumont ; que des fractions allemandes se sont infiltrées entre les ouvrages R4 et R5 où ils occupent solidement un abri et refusent de se rendre ; que l'ouvrage A, tourné par des forces importantes est sans doute enlevé à cette heure et qu'on est même dans l'impossibilité de chercher à reprendre les pièces de 75mm de la batterie b2.

 

 

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Et dans ces minutes critiques, un ban-âge infernal de l'artillerie ennemie ne cessait d'interdire au moindre renfort, l'accès de cette région menacée sur un si grand front

 

A 22h30, une mercuriale arrivait de Vacherauville, transmise téléphoniquement sans commentaires par le général Bapst : Le général Herr, disait cette communication, n 'admet pas de rester sans renseignements sur ce qui s'estpassé au bois des Caures. Envoyez des patrouilles ou des unités constituées, pour prendre le contact et rapporter des renseignements.

 

Et le général Chrétien prescrivait formellement de reprendre S9.

 

Le colonel Vaulet envoie donc un coureur au bois des Caures... encore un. A 23 heures, l'appareil optique fonctionnant pour quelques minutes, il peut confirmer son ordre et préciser quelques détails d'exécution.

 

Le lieutenant-colonel Driant doit faire son possible pour reprendre, cette nuit ou demain matin, outre S9, tous les éléments de la première ligne occupés par l'ennemi. Il est averti que l'artillerie tirera sur ces éléments et invité à faire connaître par message optique l'heure de ses contre-attaques pour que nos batteries puissent allonger leur tir en temps utile.

 

 

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Il est informé de ce qui se passe à sa gauche, dan le secteur du 165e. A minuit, voici le capitaine Vantroys qui porte un compte-rendu rédigé par le colonel Driant, de la situation dans le bois des Caures à 22h30. Ce sera le dernier.

 

Il est écrit d'une belle écriture claire, où ne se lit ni dépression, ni fatigue physique, mais c'est tout de même un appel pressant :

 

Je profite du renvoi du capitaine Vantroys, votre liaison avec moi, écrit le colonel, pour vous résumer la situation à 22h30. G Gl intact, première et deuxième ligne. G G2, a perdu 8, 9, 9', 9", 10 et 12'- 11 et 12 tiennent encore. 56 tient. S'7 est pris et sera contre-attaque demain matin, 5 heures. 57 douteux. G G3, première ligne, toute enlevée, S8 et S'8 nous restent, S9 et S'9 pris. La mitrailleuse de S'9, prise à revers, a été sauvée par ses servants et placée à gauche de R2.

 

 

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La ligne des R est intacte, sauf RS qu 'on nous dit pris. Nous espérons bien qu 'une sérieuse contre-attaque sur R5, et le couloir entre bois d'Haumont et bois des Caures, nous débarrassera de la menace qui déborde notre gauche.

 

 

à suivre....

 

 

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c'est vrai que les photos sont assez terribles, si c'est trop, faut me le dire, je les mettrai sous spolers

 

se soir, je pourrai pas mettre la suite, ma BOX est hors jeu, je rattraperai rapidement car il est prêt

 

demain, si le réseau de l'hotel est bon, deux seront postés

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